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Économie

Les programmes de microcrédit innovent pour les créateurs de start-up au Liban

Liban - Entreprises

Ibdaa et Vitas, deux institutions financières de microfinance libanaises, ont lancé la semaine dernière, en partenariat avec Silatech (une organisation qatarie à but social), deux nouvelles lignes de microcrédit pour les jeunes entrepreneurs.

11/09/2015

« Financer la création de sa start-up lorsque l'on est jeune peut s'avérer difficile dans un pays où 24 % de la jeunesse n'a pas accès à des services de financement – alors que la moyenne internationale est de 12 % selon la Banque mondiale », explique Bachar Kouwatly, directeur général d'Ibdaa. C'est donc pour combler un cruel manque d'offres sur le marché que deux nouvelles lignes de microcrédit ont été mises en place par Ibdaa et Vitas, deux institutions libanaises de microfinance présentes sur ce marché respectivement depuis 2012 et 2007. Ces deux institutions proposent des offres en partenariat avec Silatech, une organisation qatarie à but social, qui lance ce programme dans plusieurs pays de la région. « Silatech fournit une assistance technique sur ce projet, mais l'investissement pour ces lignes de crédit provient surtout de nos ressources propres, à hauteur de 2 millions de dollars », indique le directeur d'Ibdaa.

Formations
Le but ? Aider les jeunes entrepreneurs à créer leur start-up en fournissant à la fois un service financier et non financier, tel que des formations à l'entrepreneuriat. Côté financier, pour les jeunes entrepreneurs souhaitant créer leur start-up ou l'ayant créé depuis moins de six mois, le microcrédit « Mashroui » (mon projet) d'Ibdaa fournit depuis le 2 septembre des prêts plafonnés à 10 000 dollars sur 5 ans avec une période de grâce de 6 mois, et le microcrédit « Taasis » (fondation) de Vitas octroie depuis le 7 septembre des prêts plafonnés à 5 000 dollars. Ibdaa et Vitas ont également lancé des prêts pour les jeunes entrepreneurs qui souhaitent développer leur micro-entreprise: en moyenne de 2 000 dollars pour Vitas et de 5 000 dollars pour le prêt « Shabab » d'Ibdaa. Les taux d'intérêt n'ont pas été communiqués, mais « seraient un peu en dessous des taux d'intérêt classiques de microcrédit », note Bachar Kouwatly.



(Lire aussi : Les start-up, principal moteur de la création d'emplois)



Ces formules proposent, en marge de l'aide financière allouée, des sessions de formation à l'entrepreneuriat. Au programme, des formations de marketing, de comptabilité, de finance et de gestion d'entreprise: « Grâce à ces sessions de formation gratuites, les entrepreneurs en herbe pourront produire eux-mêmes l'étude de faisabilité et de rentabilité de leur projet, et planifier les étapes nécessaires à leur développement. Et même si le projet de start-up n'est pas viable économiquement, ils bénéficieront d'une certaine technicité leur permettant de refaire de nouvelles demandes de financement à l'avenir. Outre l'aide apportée, cela nous permettra de réduire la part de risques, toujours présents lorsque l'on parle de microcrédit », explique Carla Chamoun Azar, directrice des crédits à Vitas. Une formule fortement inspirée d'une offre de al-Majmoua, une association indépendante de microfinance libanaise qui propose ce type de service depuis fin 2013, à savoir le microcrédit « Yalla Shabab » (Allez jeunesse) plafonné à 3 000 dollars avec une période de remboursement allant de 6 à 18 mois pour les jeunes qui veulent créer leur entreprise, et de 5 000 sur 24 mois pour ceux qui souhaitent développer leur entreprise. Ils proposent de surcroît des formations à l'entrepreneuriat financées par l'ONG Positive Planet.

Cibler les exclus du système bancaire
Pourquoi avoir lancé ces nouveaux services financiers ?
Premièrement, « parce qu'il y a une très forte demande, spécifiquement sur ce type de produits au Liban », indique Bachar Kouwatly. « Nous avons établi une étude de marché et avons remarqué que les jeunes, et en particulier ceux qui souhaitent créer leur start-up, sont confrontés à deux obstacles : emprunter les capitaux nécessaires à la réalisation de leurs projets et le manque de compétences en gestion d'entreprise », explique Alia Farhat, directrice des services non financiers de al-Majmoua, dont le microcrédit a déjà profité à 296 jeunes pour un montant de 531 600 dollars. Ibdaa et Vitas prévoient quant à eux de créer respectivement 2 000 et 2 400 emplois pour les jeunes d'ici à trois ans.
Mais, surtout, « ces offres permettront à ces jeunes non bancarisés d'avoir accès à des services financiers », ajoute Bachar Kouwatly. Car ces organismes de microcrédit ciblent essentiellement les personnes exclues du système bancaire : « Nous apprécions particulièrement le travail de ces institutions de microcrédits et nous leur apportons notre soutien, car elles servent les particuliers et les entrepreneurs qui ne font pas partie de la clientèle des banques commerciales. Ces institutions nous aident donc à améliorer nos taux d'inclusion financière, car le taux de bancarisation au Liban reste inférieur à 50 % », conclut le directeur du département bancaire au sein de la Banque du Liban (BDL), Najib Anwar Choucair.

 

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Bery tus

Tres tres bonne initiative, etant directeur de banque, bien que m DLA (Delegate Landing Approbation) est de 500 000 et plus, je voies enormement de jeunes entrepreneurs demander max 10 000$ pour commencer .. nous avons donc implanter un systeme pour pouvoir preter de l'argent en dessous du minimum requis, le resultat est qu'apres 3 ans cette meme personne est arriver a embaucher 7 personnes (ce qui est enorme comme creation d'emploie pour une entreprise en essaimage) ... continuer c'est super et en plus il y a de l'accompagnement et de l'encadrement !!

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