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Moyen Orient et Monde

Sahl el-Ghab, point névralgique de la défense du régime syrien

Décryptage

L'armée syrienne et ses alliés seraient parvenus, hier, à reprendre la quasi-totalité des collines de Sahl el-Ghab ainsi que les deux villages de Kherbet Naqous et Mansoura qui échappaient à leur contrôle, et se trouveraient à présent à 7 km de Jisr el-Choughour.

03/08/2015

Les troupes du régime de Damas sont parvenues à reconquérir leurs positions après que l'armée de la conquête – coalition menée par le Front al-Nosra et le groupe salafiste Ahrar el-Sham – se soit emparée de plus d'une quinzaine de collines au cours d'une offensive lancée lundi dernier dans cette région du centre de la Syrie à la frontière de la province de Lattaquié (Ouest), majoritairement aux mains du régime et où se situe Qardaha, fief historique et ancestral de la famille Assad.

Selon des sources sur place en contact avec les différents belligérants interrogés par L'Orient-Le Jour, les 1 500 combattants syriens, libanais, irakiens et afghans engagés aux côtés de l'armée gouvernementale dans cette contre-offensive seraient parvenus à reprendre la totalité des collines à l'exception d'une dont ils pourraient s'emparer dans les heures à venir. Cette avancée, confirmée également par l'AFP, serait essentiellement due à la réactivité des troupes loyalistes sous le commandement du colonel Souheil al-Hassan, alias le tigre, à la tête de la division d'élite la plus redoutable, et au choix tactique de retirer rapidement les troupes engagées sur un autre front pour garnir le front de Sahl el-Ghab. En réagissant très vite, les troupes loyalistes n'auraient donc pas laissé à l'armée de la conquête le temps de fixer des lignes de défense qu'il aurait été très difficile de briser par la suite.

Plusieurs facteurs semblent avoir favorisé la reprise de cette zone en si peu de temps. Premièrement, l'opération aurait été préparée de longue date, mais ajournée plusieurs fois, situation qui renforce l'efficacité de l'action des combattants face à leurs adversaires. Deuxièmement, la rapidité de la contre-offensive a pris de court les combattants de l'armée de la conquête. L'intensité des raids menés par l'aviation syrienne pendant trois jours a permis l'avancée des chars généralement mis en difficulté par les missiles antichars TOW dont se sert l'armée de la conquête.

Par ailleurs, dans une région où la composante majoritaire de la population est alaouite et ismaélite, et constitue la base sociale même du régime syrien, l'armée ne pouvait courir le risque d'une réédition de l'épisode du massacre des 200 alaouites près de la localité de Jisr el-Choughour en avril 2015. En reprenant le contrôle de cette région, les forces loyalistes cherchent également à sécuriser la route qui va de Hama au Sahel et passe par Idleb. Après Sahl el-Ghab, les troupes du régime qui ne seraient plus qu'à 7 km de Jisr el-Choughour marcheraient donc en direction d'Idleb.


(Pour mémoire : Damas déterminé à reprendre Alep coûte que coûte)

Reconquérir la province d'Idleb
Si l'armée syrienne aurait bien besoin – avant tout pour son moral – d'une victoire dans la province d'Idleb après la facilité déconcertante avec laquelle l'armée de la conquête a pris la ville de Jisr el-Choughour et contraint près de 3 000 soldats à battre en retraite, l'enjeu est néanmoins hautement stratégique. L'armée syrienne cherche à contenir l'avancée de ses adversaires, sécuriser la route entre Hama et le Sahel, tenir à distance l'armée de la conquête du Sahel et de Lattaquié, fief alaouite où le régime dispose d'une base sociale importante qui fournit les rangs de l'armée.

Le port de Lattaquié est le principal débouché maritime extérieur vers l'Irak et la Jordanie. L'alliance tripartite (Hezbollah-Iran-Syrie) est ainsi plus que déterminée à sécuriser l'axe reliant cette région à Damas, principale voie de ravitaillement en armements et d'acheminement de l'aide de Moscou, dont la base navale se trouve à Tartous. La défense de Lattaquié s'inscrit dans la doctrine de la défense de la Syrie utile, doctrine encouragée par Téhéran, et qui vise à assurer la protection des centres urbains, sécuriser les axes de communications et l'accès aux ressources naturelles. Cette avancée fulgurante de l'alliance tripartite pourrait indiquer que les dysfonctionnements dans la coordination militaire entre les acteurs sur le terrain ont été résolus.

 

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