Rechercher
Rechercher

Économie - Crise de la dette

Grèce : cinq jours pour un accord

Athènes a jusqu'à « jeudi au plus tard » pour présenter des réformes à ses créanciers ; Tsipras se dit déterminé à « poursuivre l'effort » pour obtenir un accord.

Lors d’un sommet extraordinaire de la zone euro, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a fait face à ses partenaires européens pour la première fois depuis la victoire retentissante du non au référendum du 5 juillet. Philippe Wojazer/AFP

Le sentiment d'urgence s'est accru hier à Bruxelles alors que la Grèce n'avait toujours pas présenté de propositions de réformes pour éviter une sortie de la zone euro.


La Grèce a jusqu'à « jeudi au plus tard » pour présenter des réformes à ses créanciers afin de permettre une reprise des négociations sur un plan d'aide financière, a déclaré mardi le président du Conseil européen Donald Tusk à l'issue d'un sommet de la zone euro. « Nous nous sommes entendus pour étudier de manière urgente s'il est possible de trouver les bases d'un accord », a déclaré M. Tusk à l'issue de ce sommet convoqué en urgence après la victoire du non au référendum du 5 juillet. Il a ajouté que les 28 chefs d'État et de gouvernement se réuniraient à nouveau en sommet dimanche pour statuer sur un nouveau programme. « La dure réalité est qu'il ne nous reste plus que cinq jours pour parvenir à un accord définitif », a-t-il martelé.
S'exprimant lui aussi à l'issue du sommet de la zone euro, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a espéré que la rencontre de dimanche sera « décisive » pour éviter une sortie du pays de la zone euro.
La chancelière allemande Angela Merkel a, de son côté, mis l'accent sur le besoin de la Grèce d'un programme d'aide sur plusieurs années pour éviter une sortie de la zone euro. « Nous avons besoin d'un programme sur plusieurs années, qui aille bien au-delà de ce que nous discutions il y a encore dix jours », a affirmé Mme Merkel, qui attend « des propositions de réformes très détaillées » des autorités grecques « d'ici à jeudi ».

 

(Voir aussi : La dette grecque pour les nuls (en images))

 


Quant au président français François Hollande, il s'est voulu rassurant en indiquant que la Banque centrale européenne (BCE) assurera la liquidité minimale à la Grèce jusqu'à ce que les membres de la zone euro se prononcent sur un projet d'accord ce week-end.
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a néanmoins averti que les dirigeants européens ont préparé « un scénario détaillé » au cas où la Grèce devait sortir de la zone euro. « Je n'exclus aucune hypothèse », a-t-il souligné.

 

(Lire aussi : Le FMI en posture délicate sur la Grèce)

 

Procédure rapide
Côté grec, le Premier ministre Alexis Tsipras s'est dit déterminé à « poursuivre l'effort » pour obtenir un accord avec les créanciers du pays « qui garantisse une sortie de crise » et « mette fin » à la perspective d'un Grexit. Les dirigeants de la zone euro réunis à Bruxelles sont convenus de lancer « une procédure rapide » en vue d'un tel accord, a ajouté le dirigeant de gauche radicale, assurant que « tous » ses partenaires réalisent que la crise grecque « est un problème européen qu'il faut résoudre ».


Plus tôt dans la journée, le nouveau ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, a estimé que la zone euro a montré mardi « une volonté politique de donner une nouvelle chance à la Grèce », même si Athènes n'a pas soumis formellement de nouvelles propositions pour un accord avec ses créanciers. Euclide Tsakalotos est en effet venu sans document écrit au sommet, ont rapporté des participants.
Une source gouvernementale a toutefois indiqué qu'Athènes présentera aujourd'hui un texte de synthèse provisoire qui tiendra compte des « propositions des institutions », des « résultats du référendum » et de la position commune des partis politiques grecs définie lundi.


Ce nouveau contretemps avait provoqué la colère de nombreux responsables européens. Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte s'est demandé si « le gouvernement grec est vraiment prêt à venir avec une solution ». Un grand nombre de pays ne veulent plus venir en aide à la Grèce, après deux plans d'aide d'un montant total de 240 milliards d'euros et des mois de négociations houleuses avec le gouvernement de Tsipras, entré en fonctions en début d'année.

 

(Lire aussi : L'Espagne n'est pas la Grèce, mantra de Madrid)

 

Au bord de la rupture
Après le non au référendum, la rupture est plus proche que jamais. Même au sein de la Commission, qui joue le rôle de facilitateur, l'idée d'une sortie du pays de l'euro n'est plus écartée. « Si aucun programme de réformes crédible n'est présenté », une sortie de l'euro « ne peut être exclue », a estimé mardi Valdis Dombrovskis, le vice-président en charge de l'Euro.
Toute la journée de mardi, les contacts se sont multipliés au plus haut niveau. Alexis Tsipras a rencontré en petit comité Angela Merkel, François Hollande et Jean-Claude Juncker avant le début du sommet. Il s'est entretenu, en marge, avec le président américain Barack Obama qui a souhaité une issue heureuse aux négociations, selon l'agence de presse grecque Ana (semi-officielle).
Le président du Conseil européen Donald Tusk s'est entretenu, lui, avec Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, la dernière institution qui maintient en vie l'économie grecque par un goutte-à-goutte financier aux banques hellènes.

 

(Lire aussi : Le « chantage au Grexit », raté stratégique qui complique la reprise du dialogue)


Les coffres d'Athènes sont vides, ou peu s'en faut, et le pays doit faire face dans les prochains jours à différents remboursements, certains à des créanciers privés, mais surtout plusieurs milliards d'euros à la BCE le 20 juillet. Si Athènes ne trouve pas un accord, la BCE pourrait lâcher les banques grecques, propulsant le pays sur les rails d'une sortie de la zone euro.
Hier en soirée, le ministre adjoint des Finances Dimitris Mardas a indiqué que la réouverture des banques grecques, fermées depuis huit jours pour sauvegarder le système bancaire, devrait se faire « progressivement » avec, d'ici à la fin de la semaine, une augmentation des services proposés.
Aujourd'hui, Alexis Tsipras s'exprimera devant le Parlement européen à Strasbourg.

 

 

Pour mémoire
Après le non, les questions, le billet d'Emilie Sueur

L'offrande des voleurs de feu, la tribune de Cyrille Nême

"L'homme qui pleure", l'histoire derrière l'image poignante d'un retraité grec

Comment les Libanais vivent-ils le contrôle des capitaux en Grèce ?

Alexis Tsipras, génial stratège ou apparatchik totalement inconscient?

Le sentiment d'urgence s'est accru hier à Bruxelles alors que la Grèce n'avait toujours pas présenté de propositions de réformes pour éviter une sortie de la zone euro.
La Grèce a jusqu'à « jeudi au plus tard » pour présenter des réformes à ses créanciers afin de permettre une reprise des négociations sur un plan d'aide financière, a déclaré mardi le président du Conseil...
commentaires (4)

"Sacrés" petits Grecs ! Pires que les Libanais(h) !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

12 h 53, le 08 juillet 2015

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • "Sacrés" petits Grecs ! Pires que les Libanais(h) !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    12 h 53, le 08 juillet 2015

  • Il faudra un jour que les "europeens"arrêtent de vouloir donner l apparence qu'ils sont toujours en position de force. Ça commencerait par leur donner un plus de crédibilité devant la grosse merde qui leur tombe sur la tête par ce petit grec grandit par sa résistance à l'injuste.

    FRIK-A-FRAK

    10 h 17, le 08 juillet 2015

  • Les petits Grecs n'ont plus rien à perdre....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 38, le 08 juillet 2015

  • L'HEURE DE LA VÉRITÉ A SONNÉ... ET LE RÊVEUR RÊVE ENCORE... OU : QUAND ON VOLE L'APPUI DU PEUPLE PAR LES MENSONGES !

    LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

    09 h 33, le 08 juillet 2015

Retour en haut