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Liban

Pour le roi Salmane d’Arabie, les relations bilatérales et les propos du Hezbollah font deux

Diplomatie

« Nous comprenons qu'il y ait des désaccords au niveau d'une question nationale, mais il est inhabituel qu'un gouvernement soit paralysé en raison d'un fonctionnaire », a souligné hier Tammam Salam en Arabie, en allusion à la question des nominations sécuritaires.

04/06/2015

« Les positions du Hezbollah n'auront aucune influence sur les relations entre le Liban et l'Arabie saoudite », a affirmé hier le roi saoudien Salmane ben Abdel Aziz au Premier ministre Tammam Salam, lors de leur rencontre à Djeddah, ont rapporté des sources autorisées à L'Orient-Le Jour. Appelant à l'élection d'un président de la République « autour duquel s'entendent les Libanais et qui entretient de bonnes relations à l'étranger », « une élection qui aura des répercussions positives sur l'ensemble de la région », le roi saoudien a mis l'accent sur l'importance pour les Libanais de rester unis, assurant avoir confiance en « le très sage et très réfléchi » président de la Chambre Nabih Berry. « Le Liban par sa diversité constitue une richesse pour ses frères et nous sommes soucieux de renforcer son État et ses institutions », a estimé le roi Salmane.

Accompagné des ministres Nouhad Machnouk, Waël Bou Faour, Abdel Mouttaleb Hennaoui, Gebran Bassil et Samir Mokbel, c'est sous la chaleur torride de Djeddah – 38 degrés à l'ombre – que le Premier ministre s'est réuni dans la matinée d'hier avec le roi saoudien, le prince héritier Mohammad ben Nayif et le second héritier au trône, Mohammad ben Salmane. Il les a remerciés pour le soutien continu de l'Arabie au Liban. Le prince héritier avait en effet assuré la veille que la concrétisation du don saoudien à l'armée libanaise se poursuit de manière naturelle car « l'Arabie ne revient pas sur ses promesses ».

Tammam Salam s'est ensuite réuni à huis clos avec le roi Salmane et le prince héritier, avant de se rendre avec la délégation ministérielle au domicile de l'ancien Premier ministre Saad Hariri. Le Premier ministre et les ministres Machnouk et Bou Faour sont restés seuls chez Saad Hariri jusque tard dans l'après-midi. Waël Bou Faour avait également passé la soirée, la veille, avec Saad Hariri, jusqu'après minuit.


(Pour mémoire : La délégation ministérielle affiche un semblant d'unité pour la visite officielle en Arabie)

 

« Une tempête dans un verre d'eau »
Tôt le matin, au Palais des Congrès où il a passé la nuit, le Premier ministre avait eu une discussion informelle avec les journalistes, au cours de laquelle il a discuté de sujets libanais en rapport avec la politique locale. La veille, toutefois, et à en croire le ministre de la Défense Samir Mokbel, Tammam Salam s'était abstenu, lors de sa rencontre avec le prince héritier Mohammad ben Nayif, de trop s'immiscer dans les dossiers de Ersal, des nominations sécuritaires et autres sujets litigieux.

« Nous comprenons qu'il y ait des désaccords au niveau d'une question nationale, mais il est inhabituel qu'un gouvernement soit paralysé en raison d'un fonctionnaire », a souligné M. Salam, en allusion à la question des nominations sécuritaires, les pôles du 8 Mars ayant refusé de débattre de tout sujet avant la nomination de nouveaux responsables sécuritaires, au moment où expirent les mandats des responsables actuels. Le chef du gouvernement a par ailleurs exprimé son soutien au rapprochement entre le chef du CPL, Michel Aoun, et le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, au lendemain de la rencontre surprise entre les deux dirigeants à Rabieh. Il a aussi estimé que la crise n'est pas inévitable en Conseil des ministres aujourd'hui, affirmant que « demain est un autre jour ».

Lundi, le Conseil des ministres avait décidé, à l'issue de sa réunion, de poursuivre ses discussions sur la situation à Ersal lors d'une nouvelle séance, aujourd'hui, face à la campagne insistante du 8 Mars en faveur d'une intervention militaire dans la localité. Le vice-Premier ministre Samir Mokbel a, de son côté, affirmé hier depuis Djeddah à L'Orient-Le Jour qu'« une offensive de l'armée dans la région de Ersal n'était pas envisageable car elle pourrait coûter la vie à des centaines de personnes et risquerait d'entraîner un dérapage sécuritaire à l'échelle de tout le Liban ». Assurant que l'armée est présente aux alentours de la bourgade et y envoie des patrouilles régulièrement, le ministre Mokbel a affirmé que la situation est sous contrôle, mais que le jurd de Ersal est séparé de la ville. « L'armée a besoin d'une décision claire de la part du gouvernement pour savoir ce qu'elle doit faire », a-t-il encore souligné, avant d'estimer que la réunion ministérielle d'aujourd'hui se passera sans problèmes. « Tout cela n'est qu'une tempête dans un verre d'eau », a-t-il déclaré.

Une rencontre avec la diaspora


En soirée, le Premier ministre a été reçu par les Libanais de Djedda au consulat libanais, lors d'une réception organisée par le consul Ziad Atallah. Un accueil exceptionnel a été réservé à la délégation libanaise au nouveau siége du consulat. S'adressant aux quelques 300 émigrés présents, Tammam Salam a clôturé sa première visite officielle en Arabie en affirmant que le roi, le Royaume d'Arabie et le Liban sont particulièrement fiers de la diaspora libanaise au Royaume et de ses exploits. "L'Arabie saoudite est un modèle pour le monde arabe et les musulmans, et le roi Salmane nous a affirmé aujourd'hui que le soutien au Liban se poursuivra quoi qu'on dise et quoi qu'on entende, a-t-il déclaré. Nous traversons tous une période difficile mais le Liban m'a été confié comme responsabilité et je ne le laisserai pas tomber. Je suis votre servant, celui du Liban. Le salut viendra avec l'éléction d'un président et je vous assure que nous aurons un président. Ayez confiance que nous viverons prospères tant que le royaume d'Arabie est prospère, et que nous resterons en sécurité tant que l'Arabie est sûre".

 

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Bien dit, Sélméééne !

Le Faucon Pèlerin

Gébran Bassil est allé à Djeddah au sein de la délégation libanaise.. Gébran Bassile est-il le Ministre des Affaires étrangères ou est-il un Ministre de l'intérieur bis, porte-parole du CPL, lorsqu'il déclare : Le CPL rejettera toute décision gouvernementale avant une solution sur les nominations (sic).
Dans l'histoire moderne du Liban, aurait-on toléré que Salim Takla, Henri Pharaon, Hamid Frangié... ou Farès Bouez mettent leur nez dans les nominations sécuritaires qui sont exclusivement des prérogatives du Chef de gouvernement et du Ministre de l'intérieur ?
Jusqu'à nouvel ordre, ces décisions relèvent du Premier ministre et du ministre de l'intérieur.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES RELATIONS SONT D'ETAT À ETAT... LES ACTIONS DE LA PERTURBATION NE MARCHENT PAS...

M.V.

Une raison de plus pour jeter les accords de Taëf aux poubelles de l'histoire...après 40 ans d'invasions diverses tantôt via le vecteur sunnite , avec les palestiniens qui ont massacré le pays...puis les chiites du Hezbollah vassalisé par l'Iran ...il serait temps ...! après tant de souffrances ,de malheurs et de morts inutiles, que les politiques libanais deviennent majeurs et défendent l'indépendance du pays...!

Gebran Eid

L'ARABIE SAOUDITE EST UN MODÈLE POUR LE MONDE ARABE ET LES MUSULMANS !!!!! ....YOUPPIIIII WOW ....! C'EST UN SUPER MODÈLE MÊME.

Irene Said

"...tout cela n'est qu'une tempête dans un verre d'eau..."
Comment un..."ministre" responsable peut-il encore se permettre de nous servir de telles inepties, alors que le pays sombre lentement dans le chaos ?
Pas de Président depuis une année, les problèmes importants jamais résolus, les lois nécessaires au bon fonctionnement d'un Etat jamais votées...

MESSIEURS LES SOI-DISANT RESPONSABLES, qu'attendez vous pour enfin gouverner convenablement ce pays...une vraie tempête ???

Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET L'IRAN POUSSE SES PIONS POUR EXACTEMENT LE CONTRAIRE...

Halim Abou Chacra

Le grand homme d'Etat, Job du Liban supportant les forces anatgonistes et surtout irresponsables de ce pays, Tammam Salam, dit : "nous comprenons qu'il y ait des désaccords au niveau d'une question nationale, mais il est inhabituel qu'un gouvernement soit paralysé en raison d'un fonctionnaire". Avec finesse et délicatesse, il veut faire oublier les citoyens pour un moment qu'ils ont un pays anormal, atteint de mortelles anomalies. A-t-on encore besoin d'énumérer celles-ci ?

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