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À La Une - Syrie

Les mines de phosphates, une prise "symbolique" pour l'EI

Le site archéologique de Palmyre n'a pas subi de déprédations pour le moment, selon le chef des antiquités syriennes.

Les combattants de l'EI se sont emparés mercredi dernier de Palmyre, une ville syrienne qui compte un des sites archéologiques antiques les mieux préservés. AFP PHOTO / JONATHAN KLEIN

Les mines de phosphates dont s'est emparé lundi l'Etat islamique (EI) en Syrie représentent une prise "symbolique", étant donné la difficulté d'exploiter ou de revendre ce minerai servant à la fabrication d'engrais, selon un expert. Car le phosphate brut que contiennent les mines de Khnaifess, près de Palmyre, "est inutilisable en tant que tel", a expliqué à l'AFP Philippe Chalmin, professeur à l'université Paris-Dauphine et spécialiste des matières premières.

Il faut d'abord le transformer en acide phosphorique, puis en diammonium phosphaté (DAP), qui entre dans la composition des engrais agricoles. Un procédé techniquement hors de portée de l'EI, contrairement à ce qui se passe pour le pétrole, "que l'on peut quasiment raffiner dans son arrière-cuisine", précise l'universitaire. De plus, selon lui, il n'existe probablement pas de marché noir du phosphate qui permettrait d'écouler clandestinement le produit de la mine. Même si les mines de Khnaifess sont présentées comme les deuxièmes plus importantes de Syrie, la prise est donc "plus de l'ordre du symbolique", car les jihadistes "ne peuvent pratiquement pas revendre ce phosphate. Par où sortirait-il du pays?" souligne M. Chalmin.

La zone contrôlée par l'EI est "totalement enclavée", sans accès aux grands ports de la région. Il faudrait donc acheminer le phosphate par camion, ce qui ne serait pas du tout rentable, étant donné le prix assez faible du phosphate sur le marché mondial, "autour de 100-120 dollars la tonne", analyse-t-il. Enfin, même s'il est "très difficile" d'estimer la production syrienne de phosphates, "je pense qu'elle n'est pas énorme", car c'est l'Arabie saoudite qui concentre la majorité de la production au Moyen-Orient, calcule M. Chalmin.


(Lire aussi : Après Ramadi et Palmyre, Bagdad et Damas ?)



La cité antique épargnée "pour le moment"
Les combattants de l'EI se sont emparés mercredi dernier de Palmyre, une ville qui compte un des sites archéologiques antiques les mieux préservés.

Mardi, le chef des antiquités syriennes, Maamoun Abdel Karim, a indiqué, citant des contacts sur place, que le site archéologique de la ville n'a pas subi de déprédations pour le moment. Il a dit cependant craindre que les jihadistes, à l'image de ce qu'ils ont fait sur d'autres sites antiques en Irak, ne fassent exploser les vestiges, dont des tombes et le temple de Baal.

"La cité antique (de Palmyre) n'est pas touchée. Il n'y a pas de dégâts pour le moment", a-t-il déclaré à Reuters par téléphone, en citant des contacts avec des personnes sur le terrain. Palmyre, appelée Tadmor en arabe, est classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

Une vidéo de courte durée, mise en ligne sur YouTube via un compte soutenant l'EI, montre Palmyre, censément après sa prise par les jihadistes. Tournée en grande partie sans aucun son, la vidéo montre la vieille citadelle, des colonnes et des édifices. Une fumée noire s'élève derrière des ruines mais il semble qu'aucun vestige antique n'ait été endommagé par les combats qui ont opposé l'armée syrienne aux jihadistes.

 

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Les mines de phosphates dont s'est emparé lundi l'Etat islamique (EI) en Syrie représentent une prise "symbolique", étant donné la difficulté d'exploiter ou de revendre ce minerai servant à la fabrication d'engrais, selon un expert. Car le phosphate brut que contiennent les mines de Khnaifess, près de Palmyre, "est inutilisable en tant que tel", a expliqué à l'AFP Philippe Chalmin,...

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Wait and see durant les prochains jours pour voir Palmyre disparaitre avec ces nouveaux fous de l'Histoire .

Sabbagha Antoine

23 h 18, le 26 mai 2015

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Commentaires (1)

  • Wait and see durant les prochains jours pour voir Palmyre disparaitre avec ces nouveaux fous de l'Histoire .

    Sabbagha Antoine

    23 h 18, le 26 mai 2015

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