Le ministre syrien des Télécoms, Abdel Salam Haykal (2e à partir de la droite), aux côtés des fondateurs de Labby, Iyad el-Qassar (d.) et Mahmoud el-Fawaz (g.), ainsi qu’un investisseur, Amer el-Zaabi (2e à partir de la gauche). Photo tirée du compte Facebook du ministère syrien des Télécoms.
La start-up syrienne Labby a levé 10 millions de dollars auprès d’un consortium d’investisseurs basés aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite. Annoncé le 21 juillet lors d’une cérémonie organisée sous le patronage du ministre syrien des Télécommunications et des Technologies de l’information, Abdel Salam Haykal, cet accord est le « premier grand investissement étranger » dans une jeune pousse locale, selon le communiqué ministériel.
Enregistrée à Damas en 2024, selon le média spécialisé The Syria Report, l'entreprise a été fondée par Iyad el-Qassar et Mahmoud el-Fawaz. Élevée au statut de « super-application », soit une plateforme proposant plusieurs fonctionnalités, Labby propose entre autres des services de transport avec chauffeur, de livraison de repas, ou encore de paiement en ligne.
Dans son communiqué, le ministère a indiqué que le projet visait à « attirer les entreprises et les fonds d’investissement » et à « favoriser un environnement numérique dynamique », tout en reflétant la confiance des investisseurs dans le développement des infrastructures syriennes. Cet investissement intervient alors que la Syrie tente de se remettre sur pied après près de quatorze ans de guerre civile et la chute du régime Assad en décembre 2024.
Les sanctions occidentales avaient isolé une grande partie de l’économie du pays et restreint les échanges commerciaux, les financements et les investissements. L’Union européenne a levé la plupart de ses sanctions économiques contre la Syrie en mai 2025, tandis que les États-Unis ont mis fin à leur vaste programme de sanctions le 1er juillet, après avoir abrogé, en décembre 2025, la loi César, qui sanctionnait notamment les entités étrangères qui échangeait avec le gouvernement Assad.
Ni Labby ni le ministère n’ont annoncé la date à laquelle l’application devrait être lancée. L’entreprise fera son entrée sur un marché où plusieurs applications proposent déjà certains des services qu’elle souhaite regrouper, notamment la plateforme de transport avec chauffeur Yalla Go et l’application de livraison de repas Bee Order.
Les deux fondateurs de Labby et au moins l’un de ses principaux investisseurs sont syriens, relève The Syria Report. Parmi les investisseurs figure ainsi Amer el-Zoubi, un ressortissant syrien et fils de Walid el-Zoubi, un homme d’affaires syrien installé aux Émirats arabes unis depuis la fin des années 1980, ajoute la publication. L’identité des autres investisseurs n’a pas été révélée.
Contactée à plusieurs reprises par L’Orient-Le Jour, Labby n’a pas immédiatement répondu à nos sollicitations.


