L'acteur américain Tom Holland pose sur le tapis rouge à son arrivée pour l'avant-première britannique de Spider-Man: Brand New Day, à l'Odeon Luxe Leicester Square, dans le centre de Londres, le 29 juillet 2026. Photo Justin Tallis/AFP
Malgré les appels de la Campagne pour le boycott des soutiens d'Israël au Liban à boycotter Spider-Man : Brand New Day en raison de la participation du producteur israélo-américain Avi Arad, le dernier opus de la franchise est sorti dans les salles libanaises jeudi et a attiré une forte affluence, selon une source de Grand Cinemas. « Les gens l'attendaient depuis longtemps », a-t-elle indiqué à L'Orient-Le Jour.
La campagne, menée par un groupe de la société civile, avait appelé la semaine dernière le public à ne pas acheter de billets pour le film, porté par l'acteur britannique Tom Holland, reprochant à Avi Arad d'avoir publiquement soutenu la guerre menée par Israël à Gaza et défendu le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Dans un communiqué, elle s'est interrogée : « Voulons-nous soutenir une production de divertissement coproduite par des personnes ayant publiquement affiché des positions politiques en faveur d'Israël ? » Sous le slogan « Le boycott est une position... et votre position fait la différence », elle a exhorté les cinéphiles à ne pas soutenir financièrement le film. En dépit de cet appel, aucune décision officielle n'a été prise pour empêcher sa sortie, et les cinémas l'ont programmé comme prévu.
Une source de la Sûreté générale a expliqué à L'Orient-Le Jour que l'institution ne décide pas de l'interdiction d'un film. Son rôle consiste à le visionner avant de transmettre ses observations à un comité interministériel, chargé de trancher. Selon cette source, la SG dispose d'une liste de personnes dont la participation à une œuvre peut entraîner une objection au regard de la réglementation libanaise sur le boycott d'Israël. « Si le nom d'une personne figurant sur cette liste apparaît dans un film, la SG s'y oppose », explique-t-elle. Or le nom d'Avi Arad n'y figure pas. Le dossier a donc été transmis au comité interministériel, qui réunit notamment des représentants des ministères de l'Économie, de l'Intérieur, de l'Information et de la Culture.
La source souligne également que de nombreux noms inscrits sur ces listes remontent à plusieurs décennies et que les décisions relèvent du comité, et non de la seule SG. Grand Cinemas insiste de son côté sur le fait que les exploitants n'interviennent pas dans ce processus, précisant que les salles diffusent les films dès lors qu'elles ont obtenu les autorisations nécessaires.
Les appels au boycott de films liés à des acteurs ou producteurs israéliens reviennent régulièrement au Liban. Plusieurs œuvres avec l'actrice israélienne Gal Gadot ont ainsi été interdites, notamment Wonder Woman en 2017 et Mort sur le Nil en 2022. En 2023, Barbie a également fait l'objet d'appels à l'interdiction après que le ministre de l'Économie de l'époque, Amine Salam, eut demandé aux autorités d'examiner le film, arguant qu'il faisait la promotion de l'homosexualité et était en conflit avec les valeurs religieuses et morales du Liban. La sortie a été reportée le temps que la SG visionne le film, mais il a finalement été autorisé et projeté dans les cinémas libanais.

