Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Commémoration

« Où est la vérité ? Qui a tué nos enfants ? Qui a détruit la capitale ? » : Mgr Elias Audi exhorte l’État à « rendre justice » pour le 4-Août


« Où est la vérité ? Qui a tué nos enfants ? Qui a détruit la capitale ? » : Mgr Elias Audi exhorte l’État à « rendre justice » pour le 4-Août

Le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Élias Audi. Photo d'archives ANI

Le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Élias Audi, a exhorté l'État, lors d'une messe dimanche consacrée au repos des âmes des victimes de la double explosion du port de Beyrouth, survenue le 4 août 2020, à « faire toute la lumière sur la vérité et rendre justice ».

Le dignitaire religieux a lancé un cri du coeur, à deux jours de la sixième commémoration du drame : « Six années se sont écoulées, et les familles des victimes poussent toujours le même cri : où est la vérité ? Qui a tué nos enfants ? Qui a détruit la capitale ? Qui en a transformé une partie en amas de décombres ayant recouvert les corps de leurs proches et enseveli leurs espoirs ? ». « La vérité reste engloutie sous les vagues des intérêts, et la justice continue d’être entravée chaque fois qu’elle approche de la révélation des responsables », a-t-il regretté.

« Comment un État peut-il demander à son peuple de lui faire confiance lorsqu’il est incapable de dire la vérité, ou qu’il ne le souhaite pas ? », a encore affirmé le métropolite. Avant de s'en remettre au pouvoir : « Nous comptons sur la sagesse du président de ce pays bien-aimé, sur la détermination du chef de son gouvernement et sur la conscience de ceux qui restent parmi les hommes intègres, qui œuvrent sous l’autorité de la loi, loin de la corruption et des intérêts particuliers, afin qu’ils apportent des réponses capables d’apaiser les cœurs et les âmes », a-t-il souhaité.

Plus de cinq ans après avoir entamé, en février 2021, l’enquête sur la double explosion, le juge d’instruction près la Cour de justice, Tarek Bitar, avait enfin clôturé ses investigations fin mars, au terme d’un parcours semé d’embûches, notamment marqué de recours judiciaires portés par des responsables politiques mis en cause dans la catastrophe, de blocages de juridictions chargées d’examiner ces recours et de poursuites engagées contre lui par l’ancien procureur de la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, également mis en cause. Il avait transmis le dossier au parquet de cassation pour réquisitoire. Des avocats espèrent désormais que l'acte d'accusation sera rendu dans les prochains mois, puis que les éventuels mandats d'arrêt seront exécutés sans interférence politique.

De son côté, le président de l'Association pour le développement de Tripoli et Mina, qui dirige également la Banque de l'habitat, Antoine Habib, a qualifié le drame de « blessure profonde dans la conscience nationale » et de « l'une des plus grandes tragédies ayant frappé le Liban ».

Le bilan de l'explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020 fait état de 235 morts, de 6 500 blessés et de 300 000 personnes sans abri, alors que des quartiers entiers de la capitale ont été détruits ou lourdement endommagés. La cause en était la détonation de près de 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium stockées sans mesures de sécurité adéquates.

Le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Élias Audi, a exhorté l'État, lors d'une messe dimanche consacrée au repos des âmes des victimes de la double explosion du port de Beyrouth, survenue le 4 août 2020, à « faire toute la lumière sur la vérité et rendre justice ». Le dignitaire religieux a lancé un cri du coeur, à deux jours de la sixième commémoration du drame : « Six années se sont écoulées, et les familles des victimes poussent toujours le même cri : où est la vérité ? Qui a tué nos enfants ? Qui a détruit la capitale ? Qui en a transformé une partie en amas de décombres ayant recouvert les corps de leurs proches et enseveli leurs espoirs ? ». « La vérité reste engloutie sous les vagues des intérêts, et la justice continue d’être entravée chaque fois qu’elle approche de la...