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Lifestyle - Beyrouth insight

Jean Riachi, ni artiste ni mécène, mais chef d’orchestre

« La plus belle étape de cette aventure, c'est la venue de Salma Hayek au Liban. » Le principal producteur de « The Prophet », PDG et fondateur de FFA Private Bank, qui a invité l'actrice au lancement international du film au Liban, se dit également ravi d'avoir partagé avec le monde sa fierté d'être libanaise.

La ressemblance avec son père, le regretté professeur Émile Riachi, est évidente. Saisissante. Avec un soupçon de douceur en plus. Pourtant, Jean Riachi ne sera pas médecin, comme son père et son grand-père, qui l'était également. « Cela ne m'a jamais tenté, confie-t-il. C'était une manière de couper une lignée. » Au lieu de cela, il s'inscrit à HEC, plutôt tenté par l'histoire et la culture générale et même par Sciences Po. C'est à HEC qu'il rencontre François Pinault, époux de la bomba latina, alias Salma Hayek. Ils partagent la même promotion, le même groupe et deviennent amis. En 1993, Jean Riachi démarre dans la finance des marchés. « J'étais malheureux, ce n'était pas assez riche pour moi intellectuellement. Mon rêve a toujours été de continuer dans ce domaine, mais avec une approche plus globale. Être entrepreneur », avoue-t-il.
Il réunit alors les « friends and family funds », comme il désigne les premiers fonds. « Chez nous, l'offre qui est faite aux investisseurs et aux épargnants est centrée sur les dépôts bancaires. Dans le monde entier, on fait autre chose de son argent. » FFA est actuellement parmi les plus grandes banques d'investissement. Son PDG précise que « la finance est un prétexte pour moi, parce que je connais le métier. Ce qui m'intéresse, c'est d'être le chef d'orchestre d'une entreprise qui me permet d'avoir des spécialistes dans le domaine. Monter chaque département, trouver des stratégies, innover. Je suis très rationnel. Comme je sais que c'est un défaut, parfois, naïvement, je fais confiance à certaines personnes qui ont des rêves de fous. Notre réussite est certainement due à la combinaison des deux ».

Un projet de fous
Pour son coup d'essai dans le domaine cinématographique, Jean Riachi (et la FFA) a signé un coup de maître parce que chargé de symboles. Tout s'est passé naturellement, avec un fil conducteur : Gibran Khalil Gibran, et... le Liban. « En 2010, nous étions sur un autre projet de film. J'étais sceptique et pourtant, nous avions réuni le montant nécessaire à la production. » Les producteurs ne tombent pas d'accord, mais « ça nous a permis de nous faire connaître sur le marché ». Alors, lorsque le producteur Mohammad Fathallah lui propose un film inspiré du Prophète et que, surtout, Salma Hayek partage avec lui son engouement pour l'immense auteur libanais, Jean Riachi est carrément « enthousiasmé ».
« Nous avons levé la majorité du montant nécessaire à la production, une première pour un film qui n'avait pas de script, pas d'histoire, pas de réalisateur. Nous n'avions alors que Salma Hayek et le Prophète. » Après avoir réfléchi au concept, la décision est prise : il y aura une trame et plusieurs thèmes. Faire en sorte que chacun des poèmes – ils sont huit – soit fait par un réalisateur différent. Le tout chapeauté par Roger Allers, réalisateur et scénariste d'animation, célèbre pour The Lion King. « Toutes les personnes concernées par le film, de Allers à Gabriel Yared et Salma Hayek, ont fait des sacrifices. Tous par passion pour ce livre. »
Le résultat final est magnifique. Le lancement mondial du film aura lieu au Liban, décident les partenaires d'un commun accord, en fonction, aussi, de l'agenda de Salma Hayek et de Gabriel Yared. Jean Riachi a certes invité la star à passer quelques jours au Liban, à cette occasion, mais tout le reste, son temps, sa personne, seront gracieusement offerts par attachement à ce pays qu'elle découvre. « Une vraie professionnelle, doublée d'un grand cœur et d'une grande élégance, comme en témoignent ces quelques jours qui ont été particulièrement intenses », souligne enfin Jean Riachi. « L'essentiel pour moi est de voir les choses se concrétiser. Je ne suis pas un artiste ni un mécène. J'aime faire des choses différentes, sinon je m'ennuie. Je sens un vide », conclut-il, ravi de cette aventure et de ce film qui attend de rayonner et de faire rayonner le Liban sur la scène internationale.

 

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