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Liban

Salma Hayek à Bécharré, pieds nus et tout contre Gibran

Événement

« Je me sens comme dans un rêve. Un sentiment bizarre, c'est surréel », a affirmé la star depuis le village natal de Gibran Khalil Gibran, auteur du « Prophète », adapté au cinéma sous la houlette de Roger Allers (The Lion King). Un film d'animation dont elle est l'une des voix principales, aux côtés de Liam Neeson, et qu'elle produit avec, entre autres, la FFA.

27/04/2015

Si l'on pouvait retenir une seule et unique chose de la visite de Salma Hayek à Bécharré hier, ce serait bien le fait qu'elle est follement amoureuse de Gibran Khalil Gibran. Que ce soit en enlaçant amoureusement son visage sculpté dans la pierre à l'entrée de son musée ou en se recueillant devant sa tombe souterraine, l'actrice a crié haut et fort qu'elle comprenait toute l'envergure de sa visite, ainsi que le fait qu'elle n'avait jamais été plus proche qu'hier de ses racines libanaises et de son héros philosophe qui a inspiré son plus récent projet, le dessin animé The Prophet.


Accompagnée par le réalisateur du film, Rogers Allers, Jean Riachi, PDG de la banque FFA, Mohammad Fathallah, distributeur régional du film (Fathallah Films), Cynthia Sarkis-Perros (Luxury Limited Edition) qui organise la visite, de son équipe et de quelques journalistes, la belle et très petite brune a quitté son hôtel en trombe fuyant les paparazzi, pour arriver à Bécharré un peu après midi. Au pied des marches menant au musée Gibran, le comité national dédié au poète, le conseil municipal du village, ainsi que la députée Sethrida Geagea et une délégation de l'ambassade du Mexique l'attendaient. Face à la ruée des photographes, Sethrida Geagea, accueillante, s'est retirée pour lui frayer un chemin. Distribuant par-ci et par-là des « I couldn't have done it without you », Salma Hayek s'est approchée du visage de Gibran sculpté dans la pierre, et a appelé ses compères pour une photo de groupe. Puis, sans préavis, la star a retiré ses hauts talons noirs et marché délicatement dans l'eau glacée du bassin entourant le buste monumental, mouillant les pans de sa jupe. Là, elle s'est hissée jusqu'au rocher le plus proche et a enlacé Gibran sous les flashes, s'assurant auprès des photographes que son visage et celui du « prophète » étaient bien visibles aux objectifs des caméras.
« Bécharré est si beau, a-t-elle dit. Il fait battre mon cœur. » « C'est encore plus beau que je ne l'imaginais », a-t-elle ajouté, admirant la vue imprenable sur la vallée sainte de la Qadisha et les montagnes vertes recouvertes de soleil, avant d'appeler aussi son père, au physique tellement libanais, à la rejoindre et partager ce moment avec lui. « Je croyais que le Liban était détruit, a confié ce dernier en espagnol, Mais je vois que ce pays a bien récupéré. C'est si beau ! »

 

(Lire aussi : Le papa de Salma Hayek veut devenir l'ambassadeur du Liban au Mexique)

 

 

« Nous sommes fiers... »
Près du musée, les célébrations vont bon train. Pendant que Salma Hayek trinque au succès du film The Prophet, elle trouve quand même le temps de prendre en toute modestie quelques selfies, toujours avec le sourire. Et quand on lui demande de s'asseoir au premier rang de la petite tribune créée pour l'occasion, celle qui a magnifiquement incarné le rôle de Frida Kahlo appelle « Strida » pour s'asseoir auprès d'elle.
« Je peux sentir planer aujourd'hui l'esprit de Gibran, déclare le président du comité du musée, Tarek Chidiac. Son petit pays connu à travers le monde comme étant le pays de Gibran a voyagé partout avec lui, portant ses messages de paix, d'amour et de tolérance. Partager Gibran sur la scène internationale du cinéma est un ancien rêve libanais. « Après sept ans de négociations pour accorder les droits d'adaptation, notre rêve se réalise enfin. » Des négociations qui avaient été retardées, selon le producteur exécutif Pepe Tamez, par le fait que Gibran Khalil Gibran avait confié les droits d'auteur à l'ensemble de son village, rendant difficile la procédure d'adaptation qui, d'ailleurs, n'avait jamais été faite auparavant pour Le Prophète, sans oublier que tous les documents officiels sont en arabe.


Sur la tribune, Sethrida Geagea remercie elle aussi pour sa visite Salma Hayek, « cette artiste qui a su dépasser les limites de son talent par les différents rôles qu'elle a interprétés et par ses activités qui touchent au quotidien des gens, comme celles s'inscrivant dans le cadre de la lutte contre la violence domestique ». « Faire du Prophète un film était un défi difficile semé de dangers, poursuit Mme Geagea. Mais vous avez su donner à cette initiative tout le succès et la valeur qu'elle mérite et avez ramené ce chef-d'œuvre artistique sous la lumière à travers une image nouvelle et plus accessible au grand public. Vous avez eu confiance en vos rêves comme le prêchait Gibran qui disait : Ayez confiance en vos rêves, car en eux se cache le portail de l'éternité. Salma, nous vous remercions. » « Gibran, le Liban et nous tous sommes fiers de vous », poursuit-elle avant que le groupe ne se dirige vers le musée.

 

(Lire aussi : Salma Hayek à « L'Orient-Le Jour » : Attendez... Je n'ai pas encore fait entendre ma vraie voix)

 

Un moment d'intimité
« J'aimerais avoir un moment privé avec Gibran », crie la star aux journalistes devant la porte en bois derrière laquelle elle disparaît seule avec son père et l'équipe du film. À l'intérieur de la petite bâtisse, Salma Hayek traverse les différentes chambres exposant les travaux originaux de l'écrivain. Elle suit attentivement les explications de M. Chidiac et contemple longuement la toile du Visage du prophète. « Je me sens comme dans un rêve, confie-t-elle à L'Orient-Le Jour. Un sentiment bizarre, c'est surréel. Cela fait des années que nous travaillons au beau milieu de ces dessins qui ont inspiré le film. » « Voir les toiles originales me transporte », ajoute-t-elle en déplaçant délicatement ses doigts d'une toile à une autre.


Commence ensuite une longue descente vers la grotte souterraine où est enterré Gibran. Devant la tombe, elle prend un instant de recueillement et observe l'ombre du philosophe sur un mur ainsi que la formule qu'il a souhaité graver : « Je suis vivant comme toi... Ferme les yeux et retourne-toi. Tu me verras devant toi. » Alors qu'elle pose pour un cliché devant l'écriteau, Salma Hayek raconte : « Oui, nous l'avons souvent senti vivant avec nous à de nombreux moments du projet. » Comme habitée, elle s'engage dans le long escalier menant vers la sortie puis, sans prévenir, revient vers la pénombre de la tombe pour y jeter un dernier coup d'œil, un dernier adieu.
« Je marche dans un rêve, dans l'esprit d'un ami qui a tellement compté pour moi. Je ne me suis jamais sentie aussi proche de lui et je sais que j'ai toujours été destinée à être ici », écrit-elle alors en quittant les lieux dans le livre d'or du musée, au moyen d'un crayon unique présentant les gravures des dessins de Gibran, et qui sera vendu aux enchères ce soir.


Pendant qu'une petite foule s'attroupe au-dehors et attend Salma Hayek pour le déjeuner que le village lui a réservé à l'hôtel Chbat, la star, qui a visité samedi un camp de réfugiés syriens à Saadnayel dans la Békaa, sort de la bâtisse pour s'excuser de ne pas pouvoir les rejoindre. La visite ayant tardé plus que prévu, elle doit se diriger au plus tôt vers Beyrouth pour être à temps pour un dîner privé avec Élie Saab. Alors que le groupe se dirige vers l'hôtel Chbat, Salma, enfin seule avec son père, se permet un dernier caprice loin des curieux. Elle n'a pas fait tout ce chemin jusqu'à Bécharré pour ne pas voir les cèdres du Liban. Elle s'y rend, y achète sa énième man'ouché et quelques souvenirs, avant de filer vite fait vers l'hôtel Le Gray où, le soir, elle se refait une beauté avant son dîner. Dans le hall de l'hôtel, elle est la seule du groupe à ne pas paraître exténuée, malgré de très courtes nuits et un emploi du temps plus que chargé. L'air du pays lui va décidément bien !

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