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Économie - Liban - Douanes

Malgré la grogne des importateurs, le gouvernement maintient les contrôles renforcés

Les ministres des Finances, de l'Industrie et de l'Économie ont fait bloc pour défendre le durcissement des procédures de dédouanement mises en place en février. Toujours contestées par la plupart des importateurs, ces mesures concerneraient désormais près des trois quarts des marchandises qui transitent par le port de Beyrouth.

Les ministres respectifs des Finances, de l’Industrie et de l’Économie appuient la réforme des procédures douanières sans réserve. Photo Ani

La lutte contre la corruption aux douanes porte ses fruits, et les aménagements apportés au durcissement des procédures de contrôle (« circuit rouge »), effectué dans ce cadre au port de Beyrouth, devraient suffire à répondre aux importateurs qui s'en estiment victimes. Tel est en substance le message qu'ont voulu adresser le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, et le ministre de l'Économie, Alain Hakim, lors d'une conférence de presse commune tenue jeudi. En réponse aux arguments des importateurs et fonctionnaires du port qui se sont insurgés contre l'impact de cette mesure sur leur activité, M. Hajj Hassan a voulu opposer une certaine fermeté, qualifiant la réforme d' « irréversible ».

Intervenant avant son collègue, M. Khalil a de son côté mis l'accent sur l'effet positif de la mise en place depuis deux semaines d'une procédure simplifiée d'exception (dite « circuit vert aménagé » ) sur l'activité du port. « La proportion de marchandises qui empruntent le nouveau " circuit vert " est désormais de 28 % et a permis une diminution du nombre de déclarations passible de circuit rouge de 5 à 10 % », a déclaré le ministre des Finances. M. Khalil a également pointé du doigt « les propriétaires de près d'un millier de conteneurs dédouanés qui sont toujours entreposés dans le port de Beyrouth », qualifiant l'argument de ces derniers, qui se plaignent de ne pas pouvoir régler les frais, de retard de « prétexte ». « Certaines personnes mal intentionnées s'emploient à noircir les effets de cette initiative de façon systématique », a finalement lâché M. Khalil, soutenu par son collègue de l'Économie qui a par ailleurs salué « l'efficacité de la coopération ministérielle sur ce dossier ».
Depuis l'automatisation du « circuit rouge, les distributeurs concernés doivent désormais patienter près de deux semaines avant de pouvoir récupérer leurs marchandises. Chaque jour de retard exposant les propriétaires des cargaisons entreposées dans le port à des pénalités pouvant atteindre 50 dollars par conteneurs par tranche de 48 heures.

 

(Lire aussi : Face à l’opération mains propres, les importateurs agitent le spectre de la pénurie)

 

Feuilleton
Cette démonstration de force suffira-t-elle à calmer la fronde des importateurs ? Rien n'est moins sûr. Car, depuis deux mois, les changements opérés lors des procédures de contrôle ont clairement impacté l'activité du port, qui assurait les entrées de 73 % des marchandises étrangères au Liban en 2014, et donné le coup d'envoi à un véritable feuilleton. Tout commence à la mi-février, lorsqu'en sa qualité d'autorité de tutelle des douanes, le ministère des Finances ordonne le passage obligatoire de tous les conteneurs par le « circuit rouge ». Auparavant, ce dispositif ne concernait, selon des sources proches du dossier, que 30 % environ des conteneurs. Les autres passaient directement par le « circuit vert », qui permet la délivrance automatique d'un bon à enlever, sans contrôle humain ni passage au scanner.

But déclaré de l'opération ? Enrayer les pratiques consistant à minorer les montants des déclarations, le plus souvent avec la complicité des agents chargés du dédouanement, afin de récupérer les pertes en termes de TVA ou de droits de douanes. S'inscrivant dans une campagne de lutte contre la corruption lancée par le ministère en 2014, cette nouvelle procédure occasionne très vite d'importants retards dans les opérations de dédouanement des marchandises, entraînant la grogne des importateurs ainsi que celle d'une partie du personnel du port.

 

(Lire aussi : Les douanes maintiennent le « circuit rouge »)


En mars, alors que certains distributeurs font état de retards de plus de deux semaines, M. Khalil réaffirme sa volonté de maintenir le principe du « circuit rouge » obligatoire, mais approuve la mise en place d'une procédure de dédouanement simplifiée, réservée à certains cas prédéfinis. Les cargaisons dont les frais de dédouanement sont inférieures à 50 millions de livres ou encore les marchandises commandées par les « grandes industries nationales » (usines d'aluminium, de verre, de tabac...) font partie des « 25 à 30 % » de conteneurs que le ministère espère évacuer avec l'aménagement de ce « circuit vert ». En parallèle, quatre douaniers supplémentaires sont affectés sur le site pour accélérer les opérations de dédouanement.

Fin mars, le mécontentement s'intensifie alors que les retards s'accumulent. Les industriels montent au créneau et réclament un assouplissement des mesures de contrôle. Début avril, le ministre de l'Économie et du Commerce demande à son tour à son homologue aux Finances de réfléchir à un aménagement des procédures en place afin de fluidifier les mouvements de marchandises dans le port de Beyrouth. Deux jours plus tard, le haut comité des douanes confiait au quotidien an-Nahar que « 25 % des marchandises étaient désormais dédouanées en suivant la procédure simplifiée ».

Un transitaire qui a souhaité garder l'anonymat se montre, lui, plus circonspect que le gouvernement : « Plutôt que de raisonner en nombre de conteneurs, il faudrait comptabiliser le nombre de déclarations éligibles pour la procédure de dédouanement simplifiée. Or, de ce point de vue, nous restons sur une moyenne de 5 à 10 % », explique-t-il. « La situation s'est légèrement améliorée ces derniers jours, mais le port est loin d'avoir retrouvé un rythme normal », conclut-il.

 

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La lutte contre la corruption aux douanes porte ses fruits, et les aménagements apportés au durcissement des procédures de contrôle (« circuit rouge »), effectué dans ce cadre au port de Beyrouth, devraient suffire à répondre aux importateurs qui s'en estiment victimes. Tel est en substance le message qu'ont voulu adresser le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, et le ministre de l'Économie, Alain Hakim, lors d'une conférence de presse commune tenue jeudi. En réponse aux arguments des importateurs et fonctionnaires du port qui se sont insurgés contre l'impact de cette mesure sur leur activité, M. Hajj Hassan a voulu opposer une certaine fermeté, qualifiant la réforme d' « irréversible ».Intervenant avant son collègue, M. Khalil a de son côté mis l'accent sur...
commentaires (3)

Le gouvernement , doit accentuer fermement la qualité technique et scientifique de ses contrôles ...! ne rêvons pas .....l'on est en moyenne 30/35 % au dessous des normes de contrôle et de traçabilité sanitaires appliquées en Europe ... ,et je suis optimiste ......

M.V.

15 h 23, le 10 avril 2015

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Commentaires (3)

  • Le gouvernement , doit accentuer fermement la qualité technique et scientifique de ses contrôles ...! ne rêvons pas .....l'on est en moyenne 30/35 % au dessous des normes de contrôle et de traçabilité sanitaires appliquées en Europe ... ,et je suis optimiste ......

    M.V.

    15 h 23, le 10 avril 2015

  • LES IMPORTATEURS NE GROGNENT PAS... LES TRAFIQUANTS LE FONT...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 05, le 10 avril 2015

  • Le gouvernement doit maintenir son contrôle, sinon il serait taxé d'irresponsable lui aussi... On ne peut pas toujours lui reprocher de ne rien faire et lui en vouloir parce qu'il met en place des mesures pour la protection des citoyens... Si un grand nombre d'importateurs ne s'étaient pas montré aussi peu soucieux du bien-être de la population, on n'en serait pas là aujourd'hui... Ils n'ont qu'à assumer...

    Soraya Naufal

    07 h 34, le 10 avril 2015

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