Des gardes-frontière saoudiens stationnés en face du Yémen, le 9 avril 2015. AFP PHOTO / FAYEZ NURELDINE
Les Etats-Unis ont mis en garde contre les tentatives de déstabilisation de la péninsule arabique par l'Iran, dont le numéro un a enjoint l'Arabie saoudite, soutenue par Washington, de cesser ses "actes criminels" au Yémen. Dans le même temps, les combats sont restés intenses sur le terrain au quinzième jour des frappes aériennes de la coalition arabo-sunnite dirigée par Riyad contre les rebelles chiites soutenus par Téhéran.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a affirmé sans détour que son pays savait que l'Iran armait les rebelles Houthis ayant pris la capitale Sanaa et de vastes régions du Yémen avant de déferler vers le sud.
"L'Iran doit savoir que les Etats-Unis ne resteront pas les bras croisés alors que la région est déstabilisée et que des gens lancent une guerre ouverte à travers les frontières internationales des autres pays", a déclaré M. Kerry. "Il y a eu -il y a, de toute évidence- des vols en provenance d'Iran. Chaque semaine, il y a des vols d'Iran, nous les avons localisés et nous le savons", a ajouté le secrétaire d'Etat.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, s'en est pris pour sa part jeudi à l'Arabie saoudite et aux frappes qu'elle mène, à la tête de la coalition, contre les rebelles au Yémen. Il a demandé l'arrêt de ces "actes criminels", ajoutant que cette opération "dans la région est inacceptable".
(Lire aussi : L'aide commence à arriver au Yémen)
"Ne tuez pas des enfants"
Avant lui, le président iranien Hassan Rohani avait dénoncé les raids aériens sur le Yémen. "Ne tuez pas les enfants innocents. Un grand peuple comme celui du Yémen ne se rendra pas avec des bombardements", a-t-il déclaré à l'adresse des "pays de la région". Il a appelé "tout le monde" à "penser à la fin de la guerre, au cessez-le-feu et à l'aide humanitaire" dans ce pays.
L'agence des Nations unies pour l'enfance (Unicef) s'est de nouveau alarmée de la mort d'enfants, à la suite du décès de deux écoliers dans un raid mercredi sur une école d'Ibb (centre). "De tels incidents soulignent la nécessité pour toutes les parties de trouver une solution pacifique au conflit", a déclaré le représentant de l'Unicef au Yémen, Julien Harneis. Au moins 77 enfants ont été tués et 44 blessés depuis le début des raids, selon l'organisation. De passage à Genève, M. Harneis a déclaré à l'AFP qu'un tiers des combattants des groupes armés étaient des enfants et s'est inquiété d'un prochain pic de malnutrition.
Dans le cadre du renforcement de son soutien à ses alliés du Golfe, l'armée de l'air américaine a commencé à ravitailler en vol des avions de chasse de la coalition, selon le Pentagone. Washington lui fournissait déjà des renseignements. Les raids de la coalition ont visé jeudi des positions rebelles dans les régions de Taëz (sud-ouest), de la capitale Sanaa et du nord, fief des Houthis, selon des témoins.
(Lire aussi : El-Qaëda promet "20 kg d'or à quiconque tue" les chefs de la rébellion yéménite)
Militaires français visés
Dans le sud, qui connaît les plus violents combats, 20 rebelles chiites ont été tués, dont 14 à Aden dans des raids de la coalition. Près d'Ateq, capitale de la province de Chabwa (sud), le camp militaire de Morra, où sont installés des militaires fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh et alliés aux Houthis, a été visé par une frappe aérienne, a dit un responsable provincial, sans pouvoir avancer de bilan. Ces militaires se sont déployés par la suite dans la ville d'Ateq, où les représentants du pouvoir fidèles à M. Hadi ont disparu.
Profitant de l'absence de forces de l'ordre, 85 prisonniers, dont des membres d'el-Qaëda, se sont évadés de la prison d'Ateq, ont indiqué des responsables locaux. L'état-major français a révélé que des militaires français avaient été pris sous le feu dimanche près d'Aden lors de l'évacuation de ressortissants de différentes nationalités vers Djibouti. La Marine française a évacué au total 109 personnes, dont 39 Français, du Yémen samedi et dimanche. Trois bâtiments ont été mobilisés pour la circonstance.
Lire aussi
Le feu vert américain à l'opération « Tempête de la fermeté » suscite des interrogations..., le décryptage de Scarlett Haddad
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a affirmé sans détour que son pays savait que l'Iran armait les rebelles Houthis ayant pris la capitale Sanaa et de vastes régions du Yémen avant de déferler vers le sud."L'Iran doit savoir que les Etats-Unis ne resteront pas les bras croisés alors que la région est déstabilisée et que des gens lancent une guerre ouverte à travers les frontières...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
bab el mandeb est plus grand ke l'iran la russie et meme l'arabie saoudite. les USA et le monde ne laisserai jamais ce point strategique tomber entre les mains de personnes qui pourrait en faire un point de pression encore pour les negociation !! qui vivra verra .. l'iran veut agir vite pour avoir cette carte entre ces mains avant fin juin haha
01 h 13, le 10 avril 2015