Les combats entre partisans (photo) et adversaires du président Abed Rabo Mansour Hadi se concentrent actuellement sur Aden. Au moins 22 personnes y ont été tuées et 70 blessées, pour la plupart des civils, hier. Saleh al-Obeidi/AFP
Deux premiers bateaux d'aide humanitaire sont enfin arrivés hier dans le sud du Yémen, où les combats font un nombre grandissant de victimes civiles, deux semaines après le début des raids de la coalition arabe.
Les combats entre partisans et adversaires du président Abed Rabbo Mansour Hadi se concentrent actuellement sur Aden, la deuxième ville du Yémen. Les rebelles ont pilonné de nouveau au canon et aux obus de mortier un quartier du centre d'Aden depuis des collines surplombant la ville, a indiqué à l'AFP un responsable local. Au moins 22 personnes y ont été tuées et 70 blessées, pour la plupart des civils, hier dans des bombardements rebelles, selon des sources locales.
Dans cette grande ville portuaire du sud, Médecins sans frontière (MSF) a réussi à acheminer 2,5 tonnes de matériel médical, la première cargaison d'aide depuis le lancement le 26 mars de l'intervention militaire dirigée par Riyad contre les houthis. Un bateau de la Croix-Rouge transportant du matériel et du personnel médical a également accosté hier à Aden, mais le matériel est resté bloqué à bord en raison de combats, selon le porte-parole de la coalition arabe.
Cette aide reste toutefois très modeste face aux immenses besoins de la population, notamment à Aden, où la situation humanitaire est « catastrophique », et le personnel médical fait cruellement défaut, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
L'EAU n'exclut pas une opération terrestre
Au 14e jour de l'opération « Tempête de la fermeté », les raids aériens ont encore visé l'aéroport international d'Aden contrôlé par les rebelles. Plus à l'ouest, des avions de la coalition arabe ont mené un raid contre une position des rebelles en face du détroit stratégique de Bab al-Mandeb, à l'embouchure de la mer Rouge, faisant 17 morts, selon une source militaire.
Les Émirats arabes unis, membres de la coalition arabe intervenue au Yémen à la demande du président Hadi, n'ont pas exclu hier une opération terrestre au Yémen contre les rebelles chiites.
Les monarchies du Golfe avaient proposé mardi au Conseil de sécurité de l'Onu un projet de résolution qui frapperait de sanctions le chef des rebelles, Abdel Malek al-Houthi, et le fils aîné de l'ex-président, Ahmad Ali Abdallah Saleh. Ces hommes sont également dans la ligne de mire d'el-Qaëda, qui a mis à prix hier la tête de M. al-Houthi et de son allié l'ex-président Saleh. El-Qaëda dans la péninsule Arabique (Aqpa), a promis « 20 kg d'or à quiconque tue ou capture » chacun des deux hommes, soupçonnés d'avoir des liens avec l'Iran chiite pour prendre le pouvoir au Yémen.
De son côté, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a reconnu hier qu'Aqpa « enregistr(ait) des avancées sur le terrain », mais promis de combattre ce groupe, qui a profité du chaos pour s'emparer partiellement la semaine dernière de Moukalla, grande métropole du sud-est du Yémen, selon des habitants.
Aide US
Dans son opération, l'Arabie saoudite a reçu l'appui des États-Unis, dont le secrétaire d'État adjoint Antony Blinken a indiqué à Riyad que son pays « accélérait » ses livraisons d'armes au royaume avec lequel il partage déjà des renseignements. « L'Arabie saoudite envoie un message fort aux houthis et leurs alliés qu'ils ne peuvent pas contrôler le Yémen par la force », a déclaré M. Blinken. À Washington, un responsable américain a indiqué à l'AFP que les États-Unis envoyaient des munitions à guidage de précision aux Émirats arabes unis, qu'ils utilisent avec leurs partenaires du Golfe au sein de la coalition.
En outre, les chefs de la diplomatie iranienne et pakistanaise ont affirmé hier soir vouloir « faciliter » le dialogue intrayéménite pour trouver une solution politique au conflit qui secoue ce pays. Islamabad souhaite à la fois favoriser le dialogue au Yémen, tout en affirmant être prêt à intervenir militairement si l'intégrité du territoire de son allié saoudien était menacée.
Et, en Afghanistan, les islamistes armés du Hezb-e-Islami de Gulbuddin Hekmatyar, un des doyens du jihad antisoviétique, ont proposé hier d'envoyer des « milliers » de combattants au Yémen pour y appuyer la coalition sunnite contre les rebelles soutenus par l'Iran chiite.
(Source : AFP)

