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À La Une - Conflit

L'Iran avance ses pions au Yémen, mais jusqu'où?

Selon un diplomate de haut rang dans le Golfe, "5.000 Iraniens, membres du Hezbollah et miliciens irakiens sont sur le terrain".

Les dirigeants de l'Iran chiite, engagés dans une sourde lutte d'influence avec leurs voisins du Golfe, ne nient pas soutenir les Houthis. AFP Photo d'archives / Mohammed HUWAIS

L'appui de Téhéran aux rebelles chiites Houthis au Yémen ne peut être contesté, mais la nature et l'ampleur de ce soutien sont difficiles à évaluer. L'implication croissante de l'Iran chiite au Yémen est l'un des principaux arguments avancés par l'Arabie saoudite sunnite et ses alliés au sein d'une coalition militaire arabe pour justifier leurs raids aériens depuis plus de deux semaines contre les Houthis.

L'appui de Téhéran à ces rebelles est également de plus en plus ouvertement dénoncé par Washington. "L'Iran doit savoir que les Etats-Unis ne resteront pas les bras croisés alors que la région est déstabilisée", a averti le secrétaire d'Etat John Kerry. "Il y a eu -il y a, de toute évidence- des vols en provenance d'Iran (vers le Yémen). Chaque semaine, il y a des vols d'Iran, nous les avons localisés et nous le savons", a-t-il ajouté.

Les dirigeants de l'Iran chiite, engagés dans une sourde lutte d'influence avec leurs voisins du Golfe, ne nient pas soutenir les Houthis, implantés dans l'arrière-cour de l'Arabie saoudite, à la frontière avec le Yémen. Mais ils assurent que cet appui n'est que politique et humanitaire. La porte-parole de la diplomatie iranienne Marzieh Afkham a ainsi qualifié fin mars de "mensonges éhontés" les accusations concernant l'envoi d'armes aux Houthis, ajoutant que ces allégations "ne peuvent en aucun cas justifier" les frappes aériennes arabes.
Le président iranien Hassan Rohani a dénoncé jeudi ces frappes qui, selon lui, tuent des "enfants innocents" et ne résoudront pas la crise.

Le Croissant-Rouge iranien a envoyé plusieurs dizaines de tonnes d'aide humanitaire au Yémen. Une liaison aérienne civile a été établie le 1er mars entre Téhéran et Sanaa, soit 25 jours avant le début des raids aériens saoudiens.

Indices troublants
La coalition dirigée par Riyad a fait de la maîtrise du ciel et du blocus maritime des priorités pour "empêcher que des armes arrivent aux Houthis", ainsi que le répète quasi-quotidiennement son porte-parole Ahmed Assiri.

Dans l'esprit des dirigeants de la coalition, le soutien militaire de l'Iran aux Houthis ne fait pas de doute.
Un diplomate de haut rang dans le Golfe a dénoncé "le soutien logistique et militaire" de Téhéran aux rebelles chiites, affirmant que, selon des estimations, "5.000 Iraniens, membres du Hezbollah libanais et miliciens (chiites) irakiens étaient sur le terrain au Yémen".

 

(Lire aussi : Nasrallah promet aux Saoudiens une défaite au Yémen « qui se répercutera sur la famille régnante »)


Une telle présence aurait attiré l'attention des autorités "légitimes" du Yémen et de grands pays occidentaux qui restent prudents sur la nature et l'ampleur des "interférences" iraniennes au Yémen.
Une source occidentale dans le Golfe affirme ainsi n'avoir "aucun doute" sur un "soutien" iranien aux Houthis, mais semble exclure qu'il soit "massif", en particulier en moyens humains et militaires.
"Selon toute probabilité, les Saoudiens ont largement exagéré l'influence iranienne sur les Houthis", estime Frederic Wehrey, spécialiste du Golfe à l'institut Carnegie Endowment for International Peace.
"Présenter ce qui se passe au Yémen comme une prise du pays par l'Iran est destiné à rallier les Etats-Unis, des pays arabes du Golfe et d'ailleurs à la position saoudienne", selon lui.

Certains éléments laissent néanmoins supposer une implication croissante de l'Iran ces dernières années au Yémen, comme l'interception en janvier 2011 d'un navire chargé d'armes iraniennes en mer Rouge.
La cargaison, qui n'était pas la seule saisie à l'époque, était destinée, selon le gouvernement yéménite, aux Houthis qui combattaient alors des salafistes sunnites dans le nord du pays.
En septembre 2014, huit marins yéménites, accusés de collaboration avec l'Iran, avaient été libérés à Aden. Auparavant, deux Iraniens, présentés comme des Gardiens de la révolution, avaient été aussi libérés. Ils étaient accusés par Sanaa d'avoir entraîné des Houthis. Ces libérations avaient eu lieu à la suite d'une médiation d'Oman, le pays du Golfe ayant les meilleures relations avec l'Iran.

Même si elle n'est pas massive, une présence iranienne au sud de l'Arabie saoudite suscite de sérieuses craintes, d'autant que Téhéran exerce une forte influence au nord du royaume saoudien, que ce soit en Irak, en Syrie ou au Liban. "Nous ne voulons pas que l'erreur du Hezbollah (libanais) se reproduise avec les Houthis au Yémen", a ainsi souligné l'ambassadeur saoudien à Washington, Adel al-Jubeir.

 

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JUSQU'À LA DÉFLAGRATION TOTALE...

LA LIBRE EXPRESSION

21 h 35, le 09 avril 2015

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  • JUSQU'À LA DÉFLAGRATION TOTALE...

    LA LIBRE EXPRESSION

    21 h 35, le 09 avril 2015

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