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Liban

« Bil qanoun », ou la démarche légale pour se protéger de la violence domestique

Société

Un docudrame, lancé à l'occasion de la Journée mondiale de la femme, retrace l'itinéraire d'une victime de la violence domestique, Layale, qui a pu « sauver sa peau » grâce à la loi 293.

Nada MERHI | OLJ
12/03/2015

C'est un message à la femme, notamment celle qui est victime de violence domestique, pour qu'elle reprenne le contrôle de sa vie, qu'ont voulu lancer l'ONG Kafa et tous les artistes ayant pris part au docudrame Bil qanoun (Conformément à la loi). Lancé récemment à l'occasion de la Journée mondiale de la femme et du dixième anniversaire de la fondation de Kafa, ce téléfilm, déjà diffusé sur certaines chaînes télévisées libanaises, met l'accent sur la souffrance d'une femme victime de violence et la protection judiciaire dont elle a pu bénéficier conformément aux dispositions de la loi 293 pour la protection de la femme et des autres membres de la famille de la violence domestique.

Écrit par Tarek Soueid et réalisé par David Orian, ce téléfilm, inspiré de l'expérience « positive » de plusieurs victimes, montre toutes les démarches à suivre depuis la prise de contact avec le 112 (police) par les voisins témoins de la violence, jusqu'à l'obtention de la décision de protection judiciaire, en passant par l'arrestation du mari (pour une durée de quarante-huit heures), la déposition de la plainte au poste de gendarmerie, le soutien psychologique et légal à la victime... Sans oublier, bien sûr, de montrer la souffrance de la femme et des enfants. « Les femmes n'ont pas toutes la possibilité de prendre connaissance des dispositions de la loi 293, explique à L'Orient-Le Jour Tarek Soueid. Ce téléfilm est un moyen de les sensibiliser d'une manière simplifiée à leurs droits. » Il met aussi les voisins, témoins de cette violence, devant leur responsablité envers la victime, « sachant que l'anonymat est assuré ».

 

(Pour mémoire : « Les interrogations de Zalfa », une campagne de sensibilisation à la loi 293 sur la violence domestique)


« Le film est réaliste », assure de son côté Leila Awada, avocate et membre de Kafa. « Les événements qui y sont relatés ont réellement eu lieu avec des victimes qui ont pu bénéficier de ce que leur offre de mieux la loi 293, malgré toutes les failles et les remarques de Kafa concernant la mouture finale du texte, poursuit-elle. D'ailleurs, les scènes ont été jouées dans les lieux vers lesquels la femme doit se diriger (poste de gendarmerie, tribunal, ONG...) et non dans un studio, pour projeter une image réelle des endroits où elle se trouverait et du déroulement des procédures. Plus encore, les scènes ont été tournées sous la supervision des experts dans chaque domaine, comme le chef du poste de gendarmerie, la magistrate, l'assistante sociale, l'avocat... Question de s'assurer du moindre détail. Le téléfilm est une compilation de plusieurs cas qui ont été traités d'une manière exemplaire. C'est une façon de montrer que si la loi est appliquée d'une manière exemplaire, les failles peuvent être comblées, le temps que les amendements nécessaires soient introduits. »
Et Leila Awada d'insister : « La femme doit savoir que cette loi peut la protéger, mais qu'elle doit prendre l'initiative d'entreprendre une démarche judiciaire contre la personne qui lui fait subir cette violence. Elle ne peut pas demander à être protégée ad vitam aeternam et rester les bras croisés. »

 

(Lire aussi : Loi sur la violence domestique : quid de l’application et de l’efficacité ?)

 

Même son de cloche chez Bernadette Hodeib, actrice dont la carrière a été marquée par des rôles qui touchent aux problèmes de la femme dans la société orientale. Principale protagoniste de ce docudrame, elle affirme : « La loi accorde à la femme une partie de ses droits. Il est grand temps donc qu'elle se révolte contre la violence qu'elle subit, du simple fait qu'elle est une femme et, par conséquent, inférieure à l'homme. Elle doit être consciente du fait qu'elle n'est plus un être faible. Il y a une loi qui la protège, à condition qu'elle le veuille ! »

 

 

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