Photo AFP/Lebanese Forces
Le leader des Forces libanaises (FL) Samir Geagea a déploré mercredi, comme à chaque report d'une séance électorale visant à élire un successeur à Michel Sleiman, la prolongation de la vacance à la présidence.
La dix-neuvième séance parlementaire consacrée à l'élection d'un nouveau président de la République libanaise n'a pu se tenir mercredi, le quorum des deux-tiers (86 députés sur 128) n'ayant pas été atteint. Une vingtième séance a été fixée au 11 mars. La présidence est vacante depuis le 25 mai, date de la fin du mandat de Michel Sleiman. Le président de la Chambre Nabih Berry avait convoqué les députés à une première séance plénière le mercredi 23 avril. Celle-ci n'a pas débouché sur l'élection d'un nouveau chef de l'État, aucun des candidats n'ayant obtenu le nombre de voix nécessaires. Tous les tours suivants ont tourné court, faute de quorum.
"Cette vacance prouve jour après jour que sans président, l'Etat s'effrite, du gouvernement au Parlement en passant par les autres institutions étatiques, a déploré le leader des FL, lui-même candidat déclaré à la présidentielle. Depuis la première séance, les députés auraient dû élire un président".
"Je dis qu'il n'est pas trop tard. Les députés peuvent en principe toujours le faire. Mais certains s'abstiennent de le faire, et nous perdons jusqu'à nouvel ordre la libanisation de cette échéance", a déclaré M. Geagea.
Répondant au dernier discours du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, M. Geagea s'est montré ironique, déclarant que "cette fois, Sayyed Hassan a dit de ne pas attendre les développements régionaux (...) pour élire un président. Mais je n'ai pas compris si Sayyed Hassan s'adressait à nous, car depuis le début de l'échéance, nous nous rendons au Parlement. Il devrait donc s'adresser à ceux qui font obstruction à l'élection, et donc s'adresser à lui-même. J'ai trouvé cela amusant de sa part, malgré les conséquences peu amusantes que cela a sur le pays".
Réagissant toujours à l'allocution du leader chiite, M. Geagea a souligné que "Sayyed Hassan a appelé à définir une stratégie nationale anti-terroriste : je le soutiens complètement. Mais toutes les parties libanaises doivent adhérer à cette stratégie qui doit être nationale et ne pas provenir de l'étranger".
Evoquant les critiques de Nasrallah à l'encontre de certaines parties libanaises qui ne considèreraient pas Israël comme un ennemi, M. Geagea a contredit le chef du Hezbollah : "Faux! nous sommes d'accord sur le fait que l'ennemi est le terrorisme et Israël. Mais nous ne sommes pas d'accord sur la manière de l'affronter, comme le fait le Hezb à sa guise, sans consulter les autres parties libanaises".
Critiquant ainsi l'appel du leader chiite à affronter le terrorisme aux côtés de l'armée syrienne, M. Geagea s'est interrogé : "L'armée arabe syrienne ? Quelle armée ?".
Revenant sur la politique nationale, le chef des FL a assuré que le dialogue entamé entre sa formation et le Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun "se poursuivait". "Je ne cache à personne que la tâche est difficile, car nos différends durent depuis plus de trente ans. Nous avons tenté d'aborder le dossier présidentiel en premier lieu, mais il s'est avéré que nos divergences là-dessus sont considérables. Nous avons donc décidé de poursuive le dialogue sur d'autre dossiers afin de ne pas entraver le processus", a-t-il expliqué. M. Geagea a admis que "de temps à autres, certaines parties se montrent mécontentes de ce dialogue. Mais nous allons tout faire pour que le processus réussisse".
Clôturant sur la situation régionale, M. Geagea a renouvelé ses condoléances au peuple égyptien après l'assassinat de 21 coptes. "Le monde entier doit sérieusement se mobiliser. Il en est temps", a martelé le leader chrétien, déplorant l'indécision des pays occidentaux. M. Geagea a dans ce contexte tiré la sonnette d'alarme sur la situation en Libye et la situation au Yémen, appelant à une coalition régionale, voire internationale, pour aborder ces deux dossiers.
Lire aussi
Au théâtre Liban, on ne prolonge que l'entracte
Soudain, la présidentielle devient un dossier à dimension nationale..., le décryptage de Scarlett Haddad
La dix-neuvième séance parlementaire consacrée à l'élection d'un nouveau président de la République libanaise n'a pu se tenir mercredi, le quorum des deux-tiers (86 députés sur 128) n'ayant pas été atteint. Une vingtième séance a été fixée au 11 mars. La présidence est vacante depuis le 25 mai, date de la fin du mandat de Michel Sleiman. Le président de la Chambre Nabih Berry avait convoqué les députés à une première séance plénière le mercredi 23 avril. Celle-ci n'a pas débouché sur l'élection d'un nouveau chef de l'État, aucun des candidats n'ayant obtenu le nombre de voix nécessaires....


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
PUISSE-T-IL S'ADRESSER À SOI-MÊME ?
19 h 17, le 18 février 2015