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Économie

Les banques libanaises investissent dans des sociétés technologiques

Rétrospective 2014 - Économie numérique

La circulaire 331 émise en 2013 par la Banque du Liban pour permettre aux banques commerciales d'investir jusqu'à 400 millions de dollars dans le capital de start-up technologiques a connu ses premières applications en 2014. Retour sur une année initiatique.

19/01/2015

Beyrouth, 12 mai 2014 : la banque al-Mawarid annonce avoir injecté 200 000 dollars dans la plateforme de billetterie en ligne Presella en échange de 20 % de son capital. Pour la première fois, une banque commerciale investit donc directement dans une entreprise technologique en application de la circulaire intermédiaire n° 331, émise le 22 août 2013 par la Banque du Liban (BDL) pour favoriser le développement de projets créatifs basés sur une innovation technologique.

Cette circulaire autorise les banques libanaises à investir jusqu'à 3 % de leurs fonds propres dans des sociétés libanaises œuvrant dans « l'économie de la connaissance », sous réserve d'une autorisation spécifique de la BDL. Afin de réduire l'exposition des établissements, la Banque centrale a conçu un mécanisme sophistiqué de facilitation de crédits garantissant à 75 % les montants investis pendant la période autorisée (sept ans maximum).

(Lire aussi : Energy 24, une solution pour réduire la facture électrique des Libanais)


Au terme de cette période, les banques devront reverser à la BDL la moitié des profits éventuellement réalisés lors de leur désengagement ; et affecter le solde à un autre investissement ou à une augmentation de leur capital. Potentiellement, ce sont plus de 400 millions de dollars – soit près de 1 % du PIB libanais – qui peuvent être injectés par ce biais et offrir une réponse non conventionnelle au problème traditionnel du financement des petites et moyennes entreprises libanaises. Restait à convaincre les banques de se lancer dans des opérations de capital-risque aux règles radicalement différentes de celles régissant le crédit, a fortiori dans un secteur à peine émergent. D'autant que compte tenu des plafonds instaurés par la circulaire, peu d'entre elles pouvaient envisager d'y consacrer un service spécifique...

Investissements indirects

Anticipant cette difficulté, le régulateur a spécifié que des fonds d'investissement entièrement dédiés au financement des entreprises du secteur peuvent également être les bénéficiaires des capitaux bancaires. Cinq mois après le cas Presella, c'est au tour de ce type d'investissement indirect de trouver une première application concrète avec le lancement opérationnel, fin octobre, d'Impact par le capital-risque Middle East Venture Partners (MEVP). Financé à près de 55 millions de dollars par une quinzaine de banques libanaises, Impact annonce dans la foulée avoir investi 12,5 millions de dollars dans cinq sociétés technologiques : Bookwitty, Fadel, Fuel, Klangoo et Mobinets. Entre-temps, deux autres fonds spécialisés – le Berytech Fund II de l'incubateur éponyme et le fonds Leap Ventures créé par Henri Asseily, Hervé Cuviliez et Hala Fadel – annoncent à leur tour avoir reçu l'agrément de la BDL pour opérer dans le cadre de la circulaire et se préparent à investir chacun plusieurs dizaines de millions de dollars à partir de janvier 2015. Puis, à la mi-novembre, c'est au tour de la plateforme de vidéo à la demande Cinemoz de bénéficier du dernier investissement direct de l'année 2014 en recevant 1,5 million de dollars de la BLC Bank.

(Lire aussi : Les start-up, principal moteur de la création d'emplois)


Si la circulaire 331 fournit aux acteurs de « l'économie de la connaissance » les moyens financiers de leur développement régional, voire international, cette problématique n'est pas la seule. Le forum international organisé fin novembre par la BDL a ainsi souligné la nécessité de développer des structures d'accompagnement des jeunes pousses, de collaborer avec d'autres pôles numériques internationaux, voire d'élargir le périmètre de l'« économie de la connaissance », au-delà des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Des réponses concrètes qui seront apportées à ces questions dépendra sans doute l'émergence d'un véritable pôle numérique régional tel que souhaité par les instigateurs de la circulaire pour, à terme, contribuer à endiguer la fuite des cerveaux qui affecte le pays.



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