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Les souks des herboristes, un marché fertile pour la fraude

La violette odorante, une plante cosmétique et médicale

OLJ
27/10/2014

La violette odorante (Viola odorota), appelée au Liban « banafsaj », est une plante médicinale très appréciée au Moyen-Orient, appartenant à la famille des violacées. Celle-ci compte quelque 900 espèces découlant de vingt-deux genres, dont la pensée.
Cultivée depuis l'Antiquité à des fins cosmétiques et médicales, la violette odorante est de plus en plus recherchée, d'autant que toutes ses parties (fleurs, feuilles et racines) peuvent être utilisées. Les fleurs servent ainsi comme remède pour guérir l'influenza, la toux, les maladies rénales et hépatiques. Elles ont également des propriétés émétiques (c'est-à-dire qu'elles font vomir), diurétiques, expectorantes, fébrifuges (c'est-à-dire qu'elles combattent la fièvre) et sédatives. Comme elles servent à parfumer les rafraîchisseurs d'haleine.
Elles sont utilisées principalement pour guérir les brûlures. Les feuilles de cette plante contiennent aussi de l'acide salicylique qui entre dans la composition de l'aspirine. De ce fait, elle est efficace contre les maux de tête, la migraine et l'insomnie. Étant comestibles, les feuilles de la violette odorante sont ajoutées aux salades, aux sauces et aux soupes. Elles servent aussi à confectionner des sirops et des gelées. Cristallisées, elles sont utilisées dans la décoration des gâteaux et de nombreux autres desserts.
En ce qui concerne les racines, elles sont émétiques et expectorantes. Et les huiles essentielles extraites des fleurs de la violette sont utilisées en parfumerie, notamment pour la création de parfums à pouvoir prétendument aphrodisiaque.
La violette odorante est localisée au Liban. Elle pousse dans les boisements et les lieux humides. C'est une plante ornementale pérenne, qui peut atteindre 20 cm de hauteur. Elle est également trouvée à l'état sauvage dans plusieurs pays du monde comme l'Afrique du Sud et de l'Est, l'Amérique du Sud, la France, l'Italie, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Des impuretés...
Pour ce produit aussi, l'offre ne peut pas satisfaire la demande, ce qui ouvre la voie à la falsification.
Les chercheurs ont acheté en 2011 et 2012 des fleurs séchées de violette odorante de chez dix herboristes répartis sur le territoire. Pour pouvoir déterminer si les fleurs achetées étaient authentiques, des violettes ont aussi été cueillies dans la nature, au petit matin, pour que les feuilles, les tiges et fleurs soient les plus fraîches possibles. Elles ont été par la suite séchées.
En comparant les analyses macroscopiques, microscopiques, chimiques et génétiques menées sur les fleurs de violettes odorantes vendues chez les herboristes à celles cueillies, la falsification a été largement démontrée.
Selon l'étude, la majorité des fleurs vendues en tant que violette odorante sont en fait des fleurs de l'arbre de Judée, appelé au Liban « zamzarik » ou « jejrayka ». De plus, des impuretés, comme des cailloux, des spaghettis, des brindilles et des feuilles de salsepareille et de chêne ont été trouvées dans les échantillons, ainsi que les fleurs d'autres plantes comme le cajou, l'aubépine, l'immortelle, la verveine odorante, le myrte et la rose de Damas. « Cela est probablement dû au mauvais entreposage, précisent les chercheurs. Ces résultats montrent aussi que les fleurs ont été cueillies quelque part dans la forêt, d'un arbre quelconque. »
En effet, une observation méticuleuse des fleurs montre « de petites grappes de trois à six fleurs avec un calice édenté et des pétales ongulés avec dix étamines, des caractéristiques botaniques qui rappellent celles des fabacées et plus précisément celles de l'arbre de Judée », constatent les chercheurs, soulignant que la violette odorante est caractérisée par « des fleurs solitaires à cinq étamines ». Dans de nombreux échantillons également, l'équipe a trouvé des gousses, qui sont par ailleurs les fruits des fabacées. Pour éloigner tout doute, l'équipe a cueilli des fleurs de l'arbre de Judée. Les similitudes morphologiques avec les échantillons achetés étaient évidentes. De plus, « les analyses microscopiques ont notamment montré une différence dans la forme des cellules des violettes odorantes achetées avec celles cueillies dans la nature ».
La structure ADN n'est pas la même non plus dans de nombreux cas. Ce qui suggère qu'une petite quantité de violettes odorantes est mélangée à une grande quantité des fleurs de l'arbre de Judée.

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