Espoir et espérances. Tout fout le camp ! Inspirer. Expirer. Retenir son souffle. Ne pas exploser. Non ! Pas de bombes. Mais juste un cumul de choses qui s'entassent. Et se tassent. Pardon. Je ne voulais pas faire de drames. Ni de poésie.
Au secours ! Le temps du bonheur se fait rare de nos jours. Morose. À l'image d'une nation qui reste en plan dans l'attente d'un sauveur : un président de la République. Le héros du jour. Sarcasme et cynisme.
Le bruit des extrémistes en bottes noires. Armés. Jusqu'aux dents. La peur des chrétiens. Le scepticisme des autres. Un pays théocrate qui se croit démocrate. Du bluff ! Une partie de poker à l'aveugle. Non, un cirque. Et une populace qui se voit obligée de jouer aux funambules.
Embouteillages du matin. Boulot. Embouteillage du soir. Cherté de vie. Facture d'électricité. Mais quelle électricité ? Parce que la dernière fois que l'ascenseur a répondu présent, c'était il y a... je ne sais plus. Au fond, j'ai arrêté de compter les marches d'escalier. Et j'ai recommencé à saluer les voisins. À leur dire « Tfadallo » quand je les croise sur le palier. Même si, au fond, la seule chose que j'ai envie de faire c'est de rester seule et de me vider de tous les Klaxons et gros mots que j'ai dû entendre au cours de la journée.
Et puis, Monsieur citerne se la joue maître du monde. Non Madame, Yemken Boukra! Les « peut-être » règnent sur notre quotidien, et nous enfoncent un peu plus dans la fosse septique. Crise de nerfs. Dodo. Demain est un nouveau jour. Et puis... la nuit porte conseil. On ne cesse de se répéter ce genre de choses. Comme si demain viendra avec un lot surprise. Un peu comme les chocolats Kinder. Ou le loto. Ah! Comme j'ai envie de jouer quelques numéros. Il nous reste ça. Les lundis et les jeudis. Apathiques devant la télévision à se demander qui sera le prochain millionnaire et qui sortira de la dèche. La chance ! Je me demande s'il nous en reste un peu. D'aubaine. Mais le temps de la Suisse du Moyen-Orient s'est fait la malle il y a belle lurette. Et depuis... Depuis, les guerres civiles.
Les saisons défilent. La situation s'enlise. Et le peuple applaudit. Parle sans comprendre. Analyse sans réagir. Et continue d'acheter son pain sans se rendre compte qu'il est devenu l'esclave de sa mollesse.
Il est fort, le mâle libanais! Qui sort sa tête de la voiture dès qu'il voit une femme au volant. Il est fort le mâle libanais qui se moque dès qu'une femme essaye d'exprimer son opinion. Il est fort le mâle libanais qui bat et gifle et gueule comme un forcené. Il est fort le mâle libanais qui applaudit des dirigeants et passe sa journée sur Facebook pour promouvoir un parti politique. Il est fort, le mâle libanais, assis sur son sofa, à perpétuer les paterfamilias des siècles d'antan.
Il est vraiment fort, ce mâle, qui n'ose pas descendre dans la rue pour demander une vie décente.
Il est fort en théorie, le mâle libanais. Une théorie qu'il léguera à ses progénitures. Une descendance qui continuera d'applaudir le fils d'untel. Monsieur untel fut applaudi par papa. Héritage oblige. J'applaudis. Et rien ne changera. Et la terre est ronde. Oui, oui, ronde comme une orange.
La porte de sortie de la plupart. Ceux qui aspirent à une vie meilleure, et à ranger famille et photos de mariage avec les tantines en chignon pour se couvrir sous de meilleurs cieux. Et pour ces personnes qui lisent le journal, la petite intelligentsia du pays qui reste, il faut du vin et Apollinaire.
Entre deux Prozac et un cours de yoga.
Quant à moi, il me reste la voix de la môme Piaf. Et Padam Padam Padam !
Hala MOUBARAK


MADAME... MADAME... MADAME... CLAME ACCLAME ET S'ENFLAMME ! Où EST LE BLÂME ?
09 h 25, le 10 octobre 2014