Des militants libanais des droits de l'homme manifestent devant l'ambassade d'Arabie saoudite à Beyrouth, le 1er avril 2010, pour s'opposer à la peine capitale, alors que l'ambassadeur du Liban à Riyad a déclaré n'avoir pas encore été informé d'une décision saoudienne de décapiter un ancien présentateur de télévision libanais, Ali Sabat, condamné pour sorcellerie. Anwar Amro/AFP
L'abolition de la peine de mort au Liban, votée mardi par le Parlement, a été commentée par de nombreuses personnalités politiques qui saluent une avancée majeure dans le domaine des droits de l'homme. La peine capitale, inscrite jusqu’ici dans la législation, a été abolie après des modifications mettant fin à un moratoire de facto en vigueur depuis janvier 2004.
Désormais les tribunaux libanais ne pourront plus prononcer de condamnations à mort. Le texte précise que les crimes commis avant l’entrée en vigueur de cette loi seront passibles d’une peine d’emprisonnement à perpétuité.
« Vers une justice réformatrice, et non une justice vengeresse. Félicitations pour l’adoption hier de l’abolition de la peine de mort (…) et espérons que la loi d’amnistie générale sera approuvée aujourd’hui », a écrit sur X le Premier ministre Nawaf Salam. Réuni mercredi pour continuer à plancher sur son ordre du jour, le Parlement devrait voter la loi polémique sur l'amnistie générale.
L'ancien ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, s'est félicité de l'adoption de la loi abolissant la peine de mort, estimant que « le Liban s'inscrit dans le mouvement mondial d'abolition de cette peine, conformément à son engagement en faveur des droits de l'homme, et franchit une étape historique en devenant le premier pays du monde arabe et du Moyen-Orient à abolir la peine capitale ». L'abolition de cette peine « est l'aboutissement de nombreuses années de travail et de plaidoyers de personnalités éminentes issues de diverses communautés libanaises », a-t-il ajouté.
M. Najjar a rappelé le projet de loi qu'il avait présenté en 2008, lorsqu'il était ministre de la Justice, proposant d'abolir la peine de mort et de la remplacer par la réclusion à perpétuité assortie de travaux forcés. Il avait alors refusé de signer 19 ordres d'exécution.
Dans une déclaration, le député Melhem Khalaf a qualifié l'abolition de la peine de mort d'« avancée législative historique et d'espoir face aux difficultés que traversent le Liban et le peuple libanais ». « Dans une nation épuisée par les crises, les guerres et les divisions, cette loi affirme que le Liban, malgré ses fardeaux et ses blessures, demeure capable d'exprimer des convictions civilisées et humaines », a-t-il dit.
« Il s'agit d'une étape historique qui confirme que notre société reste fermement attachée à la justice, à la dignité et aux droits humains, et que le Liban est capable, même dans les moments les plus sombres, d'envoyer un message d'espoir et de défendre la vie. Beyrouth, la ville du droit, réaffirme son attachement à son héritage et à sa mission, et se fait le champion de la justice, de la dignité et du droit humain à la vie », a ajouté M. Khalaf, député de Beyrouth et représentant du mouvement de la Contestation.

