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La nouvelle loi sur l'Information saluée, sous réserves, en raison de l'article polémique sur l'emprisonnement des journalistes


La nouvelle loi sur l'Information saluée, sous réserves, en raison de l'article polémique sur l'emprisonnement des journalistes

Un casque, des trousses de secours et un gilet de presse. Photo d'archives Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour

Adoptée mardi par le Parlement, la nouvelle loi sur l'Information a été saluée dans les milieux politiques et diplomatiques et par les acteurs de la société civile, qui ont toutefois appelé à une amélioration du texte, notamment pour pallier le maintien de l'article 104 qui durcit l’arsenal répressif à l’encontre des journalistes.

Attendue depuis des années pour moderniser un secteur en crise et renforcer les garanties accordées à ceux qui exercent le métier d’informer, la nouvelle législation risque, au contraire, de fragiliser davantage leur liberté. En maintenant, notamment à travers son article 104, la possibilité d’emprisonner des journalistes pour l’exercice de leur métier, les députés ont fait le choix de la répression plutôt que de la protection, en dépit de la mobilisation des syndicats du secteur. Une réforme qui devait constituer une avancée et qui prend finalement des allures de sérieux recul.

Le ministre de l'Information, Paul Morcos, a affirmé, à l'issue d'une rencontre à Baabda avec le président Joseph Aoun, que « la nouvelle loi sur les médias est une pierre angulaire du développement du secteur médiatique. Nous attendions cette loi depuis de nombreuses années. Cependant, sa mise en œuvre reste incomplète en raison des amendements nécessaires qui doivent encore être finalisés. Les libertés publiques et de la presse sont inscrites dans la Constitution, et la loi doit garantir ces libertés. Je m'efforcerai d'assurer le succès des amendements requis, car toute loi est susceptible d'évolution et de modification ».

L'Union européenne a également salué une loi « attendue de longue date, qui introduit plusieurs réformes importantes visant à renforcer la liberté de la presse et à garantir la liberté d’expression ». Selon le communiqué de la mission diplomatique européenne, « une fois mises en œuvre, ces réformes devraient renforcer la protection des journalistes, dépénaliser les infractions liées à la publication, établir des critères plus clairs pour les discours de haine passibles de poursuites pénales et accroître la transparence concernant la propriété des médias et leurs sources de financement ».

Le centre Samir Kassir pour la liberté des médias et de la culture (SKeyes) s'est félicité de l'adoption de la loi qu'il considère « comme un cadre de réforme susceptible d'être enrichi et développé. Malgré certaines lacunes nécessitant des clarifications ou des amendements, l'adoption d'un texte complet était préférable à l'introduction d'amendements fragmentaires ». Selon SKeyes, « il est absolument nécessaire, dans la prochaine étape, de soumettre un projet de loi ou une proposition de loi visant à corriger et à combler ces lacunes, notamment l’article 104 dans sa forme actuelle, car il contient des phrases vagues qui pourraient ouvrir la voie à des pressions et à des poursuites contre les journalistes et à la restriction de la liberté d’expression ».

Régi par une loi sexagénaire (1962), le secteur de l’information attendait depuis 16 ans ans l’adoption par le Parlement d’une proposition de loi élaborée en 2010 par le député Ghassan Moukheiber, en collaboration avec l’ONG Maharat, qui lutte pour la liberté d’expression. Sauf que le texte en question, fruit d’un travail auquel ont participé d’autres ONG, des acteurs professionnels et des parlementaires, avait subi de nombreuses modifications dans les commissions et sous-commissions parlementaires au fil des ans. « Après 16 ans de travail, la nouvelle loi sur l'Information est devenue une réalité. Nous saluons cette réforme et ses acquis, et nous affirmons que le travail se poursuivra pour protéger les progrès accomplis et garantir l'application de la loi dans son esprit réformateur », a réagi Maharat.

Adoptée mardi par le Parlement, la nouvelle loi sur l'Information a été saluée dans les milieux politiques et diplomatiques et par les acteurs de la société civile, qui ont toutefois appelé à une amélioration du texte, notamment pour pallier le maintien de l'article 104 qui durcit l’arsenal répressif à l’encontre des journalistes.Attendue depuis des années pour moderniser un secteur en crise et renforcer les garanties accordées à ceux qui exercent le métier d’informer, la nouvelle législation risque, au contraire, de fragiliser davantage leur liberté. En maintenant, notamment à travers son article 104, la possibilité d’emprisonner des journalistes pour l’exercice de leur métier, les députés ont fait le choix de la répression plutôt que de la protection, en dépit de la mobilisation des syndicats...