Hassan Abdallah/Reuters
Des combats violents ont opposé dimanche le Hezbollah à des jihadistes venus de Syrie à la frontière libano-syrienne, faisant au moins cinq morts parmi les combattants du parti chiite libanais.
Plusieurs sources au sein du Hezbollah ont indiqué à l'AFP que des dizaines d'hommes armés ont été tués dans ces heurts. Un responsable, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a précisé que les affrontements avaient eu lieu près de la ville de Nabi Sbat, dans l'est du Liban.
Une autre source au sein du mouvement avait auparavant affirmé que les combats avaient éclaté après que des hommes armés venus de Syrie se sont attaqués à des positions du Hezbollah.
"Des positions du Hezbollah dans les montagnes autour de Nabi Sbat, à l'est de Baalbeck, ont été attaquées par des groupes armés venus de Qalamoun" en Syrie, a expliqué ce membre local du mouvement chiite.
"Le Hezbollah a répliqué, infligeant de lourdes pertes aux assaillants", a-t-il ajouté.
Des habitants de Nabi Sbat ayant fui les combats ont indiqué avoir vu des convois du Hezbollah emmener des combattants blessés.
Le bruit des affrontements pouvait être entendu dans la ville de Baalbeck, à plusieurs kilomètres de là, selon plusieurs correspondants de presse sur place, qui ont indiqué que l'armée libanaise se déployait dans la zone des affrontements. L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a également fait état de ces combats, ajoutant que les assaillants venaient de la localité d'Assal al-Ward, dans la province syrienne de Qalamoun.
La frontière entre le Liban et la Syrie est en grande partie poreuse, habitants et passeurs en tout genre la franchissant aisément. Le Hezbollah y a cependant quelques postes militaires, mais est en général avare de détails sur les affrontements qui peuvent y avoir lieu.
Selon la chaine LBCI, les combats ont opposé le Hezbollah et des jihadistes du groupe de l'Etat islamique (EI, ex-Daech) et de la branche syrienne d'el-Qaëda, le Front al-Nosra. Le parti chiite a bombardé aux obus les positions des jihadistes.
En août, des jihadistes de l'EI et du Front al-Nosra avaient attaqué les forces de sécurité libanaises à Ersal, une autre ville frontalière de la Syrie. Les jihadistes ont fini par se retirer dans des montagnes proches après une trêve mais ont enlevé des dizaines de soldats et policiers. Trois ont été exécutés.
Les jihadistes, de confession sunnite, réclament le retrait du Hezbollah de Syrie --où il combat aux côtés des forces du régime--, accusant en outre l'armée libanaise d'être sous la coupe de ce parti. Ils réclament aussi un échange avec des prisonniers islamistes détenus au Liban, ce que Beyrouth refuse.
Le conflit en Syrie a exacerbé les tensions au Liban entre sunnites et chiites. Le Hezbollah a été à plusieurs reprises visé par des attentats.
Incident à la frontière israélienne
Par ailleurs, un soldat libanais a été blessé dimanche par des tirs de l'armée israélienne provenant de l'autre côté de la frontière, a indiqué l'armée libanaise dans un communiqué.
"Un poste de l'armée israélienne ennemie de l'autre côté (de la ligne de cessez-le-feu) a ouvert le feu sur un poste de l'armée (...) blessant légèrement un soldat", a affirmé l'armée libanaise. Elle a ajouté que les soldats libanais avaient riposté aux tirs et examinaient la situation avec la force de l'ONU déployée dans la région.
L'incident a eu lieu dans la zone de Jabal Sadanneh, à l'ouest du secteur disputé des Fermes de Chebaa.
L'armée israélienne a elle dit avoir ouvert le feu sur des "suspects tentant de s'infiltrer dans le nord d'Israël".
"Au cours d'une activité de routine le long de la frontière israélo-libanaise, une force de l'armée israélienne a identifié des suspects franchissant la frontière et s'infiltrant en territoire israélien", a affirmé l'armée dans un communiqué.
"L'armée a réagi en ouvrant le feu en direction des suspects, qui ont fui vers le nord en retournant au Liban. L'incident est actuellement en cours d'examen", selon le communiqué militaire israélien.
Le secteur des Fermes de Chebaa est une région montagneuse de 25 km2 aux confins du Liban, de la Syrie et d'Israël, conquise par Israël en 1967. Beyrouth revendique la souveraineté sur ce secteur stratégique qui est l'objet de tensions entre les deux pays.
Des incidents ont lieu régulièrement le long de la Ligne Bleue, qui fixe la frontière libano-israélienne. Cette ligne a été tracée par l'ONU après le retrait israélien mettant fin en 2000 à 22 ans d'occupation du sud du Liban.
L'an dernier, Israël avait accusé un soldat libanais d'avoir ouvert le feu à la frontière, tuant un militaire israélien, un incident que les forces de l'ONU déployées dans le secteur avaient qualifié d'"acte individuel".
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