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Alan Henning, un chauffeur de taxi touché par les enfants syriens, décapité par les jihadistes

Royaume-Uni

Surnommé "Gadget" pour son goût prononcé pour les nouvelles technologies, le Britannique n'était pas un professionnel de l'humanitaire.

OLJ/AFP
04/10/2014

Alan Henning, que les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont dit, vendredi, avoir décapité, était présenté par tous ses proches comme un chauffeur de taxi de Manchester au grand coeur, qui voulait aider les victimes de la guerre civile en Syrie.

Le Britannique de 47 ans, marié et père de deux adolescents avait été enlevé en décembre alors qu'il s'était porté volontaire pour acheminer de l'aide dans un camp de réfugiés syrien. Son apparition dans une vidéo des extrémistes sunnites le 15 septembre dernier a ému tout le Royaume-Uni où la presse le montrait souvent souriant avec un enfant syrien dans les bras. Son sort a soulevé une mobilisation importante, notamment auprès de la communauté musulmane, et sa femme n'a cessé d'implorer les jihadistes de l'EI d'épargner son mari, lors de plusieurs messages vidéo déchirants.

Surnommé "Gadget" pour son goût prononcé pour les nouvelles technologies, Alan Henning n'était pas un professionnel de l'humanitaire. Touché par les souffrances de la population civile syrienne, il avait décidé de s'associer à un groupe d'amis musulmans qui avaient fondé une association caritative, "Aid4Syria" - une appellation qu'il s'est fait tatouer sur le bras, afin d'amener de l'aide humanitaire dans des camps de réfugiés de ce pays ravagé par la guerre civile.

 

(Lire aussi : « Le fondamentalisme est la forme du religieux la mieux adaptée à la mondialisation »)

 

"Alan est un homme plein de compassion", a déclaré au Guardian Kasim Jameel, également chauffeur de taxi dans le grand Manchester, et l'un des organisateurs des convois humanitaires auxquels Alan Henning avait pris part. Selon la presse, il s'était rendu à quatre reprises dans le pays. D'après Kasim Jameel, Alan Henning avait insisté pour participer au dernier convoi au lieu de passer les fêtes de fin d'année avec sa famille. "Je pourrais raconter beaucoup d'anecdotes sur le bien qu'Alan a fait et sur la manière dont ce non-musulman a aidé des musulmans qui souffraient de ce conflit", a-t-il ajouté.

 

Un 'mec ordinaire' qui voulait aider

Décrit par ses amis comme "un homme au grand coeur", il s'était également activement engagé dans la collecte de fonds pour financer l'équipement médical et l'aide alimentaire que le groupe a ensuite apportés en Syrie.

Les véhicules du convoi humanitaire informel, qui ont quitté le Royaume-Uni le 20 décembre, ont été arrêtés par un groupe armé après avoir franchi la frontière turque. "Ils ont mis tout le monde dans une pièce et ont commencé les interrogatoires", a rapporté, sous couvert d'anonymat, un ami du Britannique au Times. "Ils parlaient anglais parce que personne dans le convoi ne parlait arabe. C'était un mélange de Libyens et d'Algériens et ils n'ont pas bien traité Alan parce qu'il n'était pas musulman", a-t-il ajouté. Alan Henning a ensuite été séparé de ses camarades, selon leur récit fait à leur retour au Royaume-Uni, après avoir été libérés.

 

(Lire aussi : Le revirement de la Turquie contre l'EI...)

 

Plusieurs journaux britanniques rapportaient qu'il avait ensuite été déplacé jusqu'à Raqqa, au nord de la Syrie, présentée par les jihadistes de l'EI comme leur capitale. A la demande du ministère britannique des Affaires étrangères, ses proches et sa famille avaient depuis gardé le silence sur son enlèvement.

Une journaliste de la BBC, Catrin Nye, a croisé son chemin en octobre dernier alors qu'il remplissait une ambulance de couches et de petits pots pour enfants. "C'était quelqu'un de marrant, il faisait beaucoup de blagues (..) et il était porté en haute estime par ceux qui allaient voyager avec lui", se souvient-elle. "Les gens, ajoute-t-elle, le décrivaient comme quelqu'un de très gentil, désintéressé, un mec ordinaire, un père, un chauffeur de taxi, un amateur de pêche, quelqu'un qui voulait aider les civils syriens."

 

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C'est une bombe qu'a lâché le vice-président Joe Biden au forum de John Kennedy Jr de l'université de Harvard dans l'Etat du Massachusetts, lors de sa conférence sur la politique des Etats-unis au Moyen-Orient. Dans son allocution, Biden n'a pas mâché ses morts quant il a pointé du doigt ses alliés arabes et musulmans pour leur implication directe avec les terroristes en Syrie, y compris les militants d'Al-Qaïda.Selon le site d'information russe anglophone Vestnik Kavkaza, Biden a affirmé que les terroristes d'al-Qaida ont reçu des fonds et des armes des alliés de Washington dans la région , soulignant que "leurs alliés se livrent à une guerre par procuration entre sunnites et chiites".«Notre plus gros problème était dans nos alliés dans la région, les Turcs sont de grands amis, ainsi que les Saoudiens et les résidents des EAU et autres. Mais leur seul intérêt était de renverser le président syrien Bachar Assad et pour cela ils ont mené une guerre par procuration entre les sunnites et les chiites et ils ont fourni des centaines de millions de dollars et des dizaines de milliers de tonnes d'armes à tous ceux qui acceptent de lutter contre al-Assad ".
Biden a précisé «mais les gens qui ont reçu ces sommes et ses armes étaient des militants du Front alNosra et d' Al-Qaïda sans compter d'autres éléments extrémistes venant d'autres régions du monde. Pensez-vous que j'exagère? Regardez le résultat..

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