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Sécurité

Nouhad Machnouk propose de déplacer les camps de réfugiés de Ersal

Où loger les réfugiés syriens ? Cette question est de plus en plus récurrente auprès des responsables libanais... Malheureusement, aucune solution ne pointe à l'horizon.

Ersal compte 100 000 réfugiés syriens pour 35 000 habitants... et des milliers de miliciens fondamentalistes dans son jurd.

Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a proposé samedi de « déplacer les camps de réfugiés syriens qui se trouvent à Ersal ». Il a également indiqué que le ministère construira les nouveaux campements si le gouvernement approuve l'initiative.
La proposition n'a pas encore été discutée en Conseil des ministres. Elle pourrait, comme plusieurs autres concernant les campements champignons de réfugiés syriens, rester sans suite.

Les Nations unies avaient refusé la proposition du Liban de construire des campements de réfugiés dans le no man's land entre les frontières libanaise et syrienne, et cela pour préserver la sécurité des déplacés, leurs camps pouvant être la cible de bombardements en provenance de Syrie.

(Lire aussi : Le Liban ne doit pas être la prochaine victime de « l'État islamique »...)


Le Liban pourrait, s'il le décide, construire seul ces camps de réfugiés, sans le soutien des Nations unies. Mais a-t-il la capacité de le faire ? Les camps de réfugiés comparables à ceux de Zaitari, en Jordanie, sont des villes immenses construites à partir de rien et ont besoin de centaines de milliers de dollars par jour pour assurer leur gestion.

Si le Liban choisit de construire de petits camps de réfugiés hors de Ersal tout en les maintenant en territoire libanais, il aura d'autres défis à relever. Le premier est d'ordre pratique. Il faudra avant tout trouver une municipalité qui accepterait d'accueillir un nombre supplémentaire de déplacés. Dans plusieurs villages du Liban-Nord et de la Békaa, le nombre de réfugiés syriens a dépassé celui des habitants. Dans d'autres localités, notamment chiites, le racisme contre les Syriens est à son paroxysme. Certains habitants y ont brûlé des tentes il y a une quinzaine de jours.

(Reportage : Fuyant la guerre, des centaines de Syriens trouvent refuge en Amérique latine)


Interrogé sur ce dossier, le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, a estimé dans un entretien téléphonique avec L'Orient-Le Jour que « le gouvernement libanais a mal géré, dès le début, le dossier de la crise syrienne ; et, jusqu'à présent, nous ne disposons pas de plan concret pour régler le problème des camps de réfugiés ». « Les ministres sont unanimes concernant tous les dossiers relatifs aux déplacés, à part celui des camps qui devraient leur être consacré. C'est dommage, mais au Liban, nous traitons certains dossiers sans aucune vision », a-t-il dit.

Prié de commenter les propos du ministre de l'Intérieur concernant le déplacement des réfugiés de Ersal, le ministre des Affaires sociales a expliqué que « M. Machnouk a proposé cette solution pour des raisons de sécurité ». « Il est impossible de garder des campements qui abritent 100 000 réfugiés dans une localité qui compte 35 000 habitants, d'autant que ces déplacés pourraient avoir des contacts avec des miliciens qui se trouvent dans le jurd de Ersal, a souligné M. Derbas. Ils mettent ainsi la stabilité de toute une région en danger. »

(Repère :Réfugiés syriens au Liban : un état des lieux en infographies)


M. Derbas avait lui-même proposé, il y a quelques semaines, de loger les réfugiés syriens dans des roulottes afin qu'ils puissent se déplacer facilement pour rentrer chez eux, surtout si leurs maisons ont été détruites. « Chacun de nous a des idées. Il est nécessaire cependant pour régler le problème que tous les membres du gouvernement aient la volonté de le faire ; il faut aussi qu'ils aient une vision pour venir à bout de la crise des réfugiés », a-t-il poursuivi.

Il semble que les ministres du Hezbollah rejetteront la proposition de M. Machnouk. Le parti chiite refuse la construction de campements de réfugiés à la frontière libano-syrienne, alors que l'ancien ministre CPL, Gaby Layoun, a noté que le mouvement qu'il représente soutient l'idée de la construction d'un tel campement.

La partie directement concernée par l'initiative, à savoir les habitants de Ersal, soutient elle aussi le déplacement des réfugiés syriens hors du village. Le président du conseil municipal de la localité, Ali Houjeiri, a salué la proposition de M. Machnouk à condition que les réfugiés syriens ne se retrouvent pas dans la rue. « Il faut, a-t-il dit, les déplacer vers d'autres campements et suivre l'exemple de la Turquie et de la Jordanie en leur construisant des camps dans les no man's land. »

(Lire aussi : Avec 37 % des réfugiés syriens de la région, le Liban confronté à un désastre écologique)


À la suite des événements de Ersal, des centaines de réfugiés ayant quitté les campements de la localité, pour rentrer en Syrie, sont restés plusieurs jours entassés dans des camions à la frontière entre la Syrie et le Liban. Hommes, femmes et enfants avaient passé plusieurs nuits à la belle étoile, dormant sur le macadam dans l'attente de rentrer chez eux.


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Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a proposé samedi de « déplacer les camps de réfugiés syriens qui se trouvent à Ersal ». Il a également indiqué que le ministère construira les nouveaux campements si le gouvernement approuve l'initiative.
La proposition n'a pas encore été discutée en Conseil des ministres. Elle pourrait, comme plusieurs autres concernant les...

commentaires (2)

OUI ! MAIS... Où ?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

20 h 39, le 30 septembre 2014

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Commentaires (2)

  • OUI ! MAIS... Où ?

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 39, le 30 septembre 2014

  • Ras le bol de toutes ces paroles,des propositions, des contre-propositions etc… cela fait plus de deux ans que cela dure et nos dirigeants ont été incapables de répondre au problème de l’afflux des réfugies syriens au Liban. Ce fut hélas le laissez faire, laissez aller…. Aujourd’hui ces réfugies ont dépassé le million et demi sinon plus et l’on tâtonne encore. La gravité de la situation présente est devenue intolérable et implique des solutions urgentes et concrètes car il y va de l’avenir du Liban de son identité, de son économie, de sa vitalité… Va-t-on continuer à tergiverser ? En 1948 le Liban a accueilli les réfugiés Palestiniens pour quelques jours. Le provisoire a duré. Ils sont actuellement un demi-million. Et le pays a tant souffert de leur présence armée. Dans quelques années on aura sans doute à subir plus de 3 millions de syriens. Sommes-nous incapables de tirer les leçons du passé ? Mais bon sang Mrs les ministres enfermez-vous au Grand Sérail, le temps qu’il faut des heures, des jours, tenez un véritable Conseil, discutez cartes sur table des propositions, des possibilités, faites appel à des spécialistes s’il le faut et au final entendez vous d’un commun accord sur un plan précis global à l’échelle nationale ( et non seulement pour Ersal) , à exécuter au plus vite quel qu’en soit le prix. De grâce, oubliez pour quelques heures vos intérêts personnels, politiques, électoraux, vos alliances extra territoriales, pensez libanais ....

    Helou Nelly

    16 h 00, le 29 septembre 2014