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Le combat contre Daech rassemble les Kurdes dans une union fragile

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"Être unis en temps de guerre est plus facile qu'être unis en temps de paix"...

OLJ/AFP
31/08/2014

Les groupes kurdes d'Irak et de trois pays voisins ont mis de côté leurs vieilles divisions pour lutter ensemble contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI, ex-Daech), mais cette unité risque de ne pas durer.
Le groupe ultra-radical de l'EI, réputé pour sa cruauté, s'est emparé de larges pans de territoires en Irak et en Syrie ces derniers mois, poussant les combattants kurdes de ces deux pays, ainsi que ceux de la Turquie au nord et de l'Iran à l'est, à joindre leurs forces.

L'EI "est notre ennemi commun. Faire face au terrorisme nous a réunis", déclare à l'AFP Hamir Kamal Alaa, un haut responsable de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), l'un des principaux partis kurdes en Irak.
"Le danger que (ce groupe) représente est immense et il est nécessaire pour nous de coopérer", ajoute ce responsable rencontré sur une position tenue par les forces kurdes dans les montagnes du Nord irakien.
Si plusieurs forces kurdes combattent l'EI, elles demeurent indépendantes les unes des autres et opèrent, seules, sur certains fronts.

(Lire aussi : Briyar, l'étudiant kurde devenu peshmerga anti-jihadistes)


"Sur le plan militaire, on peut dire que les différents groupes luttent ensemble contre (l'EI), mais il n'y a pas de fusion", précise à l'AFP le militant et expert kurde Massoud Akko, joint via Skype. "Chaque force a sa propre direction et son propre ordre du jour".

Avant l'offensive commune, les Kurdes fonctionnaient de manière indépendante, sans coordination entre les quatre pays, chacun cherchant avant tout à obtenir une plus grande indépendance de la part des gouvernements centraux. Chacun des groupes kurdes iranien, irakien, turc et syrien se revendiquait par ailleurs comme le plus légitime pour représenter la cause kurde dans son ensemble.

"Harmonie temporaire"?

Selon M. Akko, la lutte de ces groupes force l'EI à "se battre sur différents fronts", ce qui "affaiblit" le groupe jihadiste. Il avertit cependant que "cette harmonie peut être temporaire (car) elle est le fruit de la situation actuelle".

Les forces kurdes irakiennes, les peshmergas, à qui des pays occidentaux ont livré des armes, luttent contre les jihadistes sur plusieurs fronts en Irak, avec depuis le 8 août le soutien aérien américain.
Les Kurdes des Comités de protection du peuple (YPG) la principale milice kurde en Syrie, combattent les jihadistes en territoire syrien mais ils ont aussi aidé à évacuer des milliers de Yazidis, une minorité non musulmane kurdophone, pris au piège dans le nord de l'Irak après avoir fui la progression de l'EI.

(Lire aussi : « Plus longtemps on gardera Assad, plus dangereux deviendra Baghdadi »)


"Avant cette crise, il y a eu des (problèmes) entre les peshmergas et l'YPG. Mais maintenant les choses sont différentes", assure Siamand Othman, au point de passage syrien de Fish Khabour avec l'Irak.

Les Kurdes turcs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont des bases dans le nord irakien, ont aidé début août les peshmergas à reprendre la région irakienne de Makhmour aux jihadistes.
Enfin, le parti pour une vie libre au Kurdistan (parti kurde d'opposition iranien), a annoncé qu'il enverrait des forces pour aider les peshmergas à reprendre la ville de Jalawla (est) à l'EI.

"Avides de pouvoir"

La communauté kurde aspire à son propre Etat, mais ce vieux rêve se heurte au refus des gouvernements des quatre pays qui rejettent toute idée de sécession, mais aussi à une lutte au pouvoir entre les différents groupes kurdes. Le Kurdistan irakien jouit d'une importante autonomie et dispose de ses propres forces de sécurité, gouvernement et drapeau. Après avoir été longtemps opprimés, les kurdes en Syrie contrôlent actuellement des régions du nord à la faveur de la guerre civile.

(Repère : Tout ce qu'il faut savoir sur l'Etat Islamique)


En Turquie, les Kurdes turcs du PKK ont pris les armes en 1984 dans le but de créer un Etat kurde indépendant, mais il a commencé des négociations de paix en 2012 avec Ankara, réclamant une plus grande autonomie.

"Nous les Kurdes avons un rêve (ndlr, un seul Etat pour tous les kurdes) mais le drame des mouvements kurdes est qu'ils sont avides de pouvoir", regrette Akef Hassan, un militant kurde syrien installé à Erbil en Irak. "Être unis en temps de guerre est plus facile qu'être unis en temps de paix", assure à ses côtés Sherwan Ibrahim, un ex-militant kurde syrien.


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