Des membres du groupe islamiste al-Nosra s’apprêtent à lancer un obus de mortier dans un quartier d’Alep. Hamid Khatib / Reuters
Le président syrien Bachar el-Assad a remporté largement, comme prévu, la présidentielle qu'il avait organisée, mais pour l'opposition ce scrutin est « illégitime » et ne donnera pas un coup d'arrêt à trois ans de révolte.
En effet, ulcérée de voir son ennemi reconduit pour un troisième mandat de sept ans alors qu'elle croyait pouvoir le faire tomber en quelques mois, la coalition nationale de l'opposition en exil a estimé que l'élection « ne représentait pas le peuple syrien ». « Le peuple poursuivra sa révolution jusqu'à la réalisation de ses objectifs pour la liberté, la justice et la démocratie », a-t-elle indiqué hier dans un communiqué. L'opposition a demandé une nouvelle fois à la communauté internationale « d'accroître son aide à l'opposition pour contraindre le régime d'Assad à accepter les accords internationaux qui sont à la base d'une solution politique en Syrie ».
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Bachar el-Assad, au pouvoir depuis 2000, avait remporté la présidentielle avec 88,7 % des suffrages. Moins de 24 heures après la clôture du scrutin mardi soir, les résultats ont été proclamés. L'élection avait été organisée dans les régions sous contrôle du régime, soit 40 % du territoire où vit 60 % de la population. Elle s'est déroulée dans toutes les grandes villes, y compris celles divisées entre régime et rebelles, comme Alep ou Deraa. Seule exception Raqqa (Nord), tenu par un groupe jihadiste. Selon une source officielle, 11,6 millions de personnes y ont participé, sur les 15,8 millions appelées à voter.
Bachar el-Assad a ainsi estimé hier soir à la télévision syrienne nationale que le « taux de participation élevé constitue un message fort à l'encontre des pays impliqués dans la guerre en Syrie ; le peuple syrien est vivant et déterminé à décider de son propre avenir et continuera de regarder vers l'avenir ».
L'annonce de la réélection attendue de M. Assad avait été accompagnée par des tirs de joie qui ont fait trois morts à Damas et une vingtaine de blessés à Alep (Nord), selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Après ces élections historiques, « les Syriens vont accomplir une mission militaire, politique, sociale ainsi que la reconstruction du pays en faisant fi des obus tirés quotidiennement par les terroristes et les déclarations viles de leurs parrains », écrivait en une al-Baas, l'organe du principal parti de Syrie dirigé par M. Assad.
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Russie et Iran
Sur le plan diplomatique, l'Occident et la Russie ont affiché leurs divisions. Dans le camp prorebelle, les États-Unis ont parlé de « non-élection ». Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague l'a qualifié d'« insulte aux Syriens en quête de liberté et de véritable changement politique ». Dans le camp prorégime, Moscou a estimé que les Syriens avaient fait le choix de « l'avenir du pays ». « Il n'est pas possible d'ignorer l'opinion de millions de Syriens, qui se sont rendus aux urnes malgré la menace (...) terroriste », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch. Le ministère des Affaires étrangères iranien s'est félicité, quant à lui, du caractère « pluraliste » de l'élection et de son respect « des principes démocratiques », dans un communiqué relayé par les médias iraniens. Il dit voir par ailleurs dans cette élection « un signe avant-coureur d'une nouvelle ère de stabilité et d'unité nationale » en Syrie.
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13 h 07, le 06 juin 2014