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À La Une - Affaire Hariri

Al-Akhbar et el-Amine font faux bond au TSL

Karma Khayat et al-Jadeed plaident non coupables devant le tribunal international.

Capture d'écran de la page d'accueil du site du quotidien libanais al-Akhbar. En une, une photo du journaliste Ibrahim el-Amine suivant la séance du TSL à La Haye.

L'audience pour la comparution d'al-Akhbar s'est ouverte mardi à La Haye devant le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) chargé de juger les assassins de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, en l'absence de tout représentant du quotidien libanais.

Les représentants d'al-Jadeed (New TV SAL) et la journaliste Karma Khayat avaient, eux, comparu devant le TSL à La Haye. Ils ont tous deux plaidé non coupables.

Le TSL avait ordonné, le 25 avril dernier, la comparution des journalistes libanais Ibrahim el-Amine et Karma Khayat pour outrage et obstruction à la justice. Akhbar Beirut S.A.L. et Ibrahim Mohammad al-Amin sont accusés d'avoir délibérément et sciemment entravé le cours de la justice en publiant des informations sur de prétendus témoins confidentiels dans l'affaire Ayache et autres, à savoir l'affaire de l'assassinat de Rafic Hariri.

Ibrahim el-Amine a envoyé une lettre au TSL pour demander le report de la procédure le concernant et concernant le journal. Dans cette lettre, dont les grandes lignes ont été données par le juge Nicola Lettieri, qui présidait la séance, M. Amine indique que cette affaire "est très grave et porte atteinte à sa sécurité, à celle de sa famille et à celle de ses collègues d'al-Akhbar". Soulignant ne pas avoir été en mesure de choisir un conseil lui convenant, il demande le report des comparutions initiales. Le journaliste indique également être "particulièrement préoccupé par les conséquences" de ce qu'il qualifie d'"éventuelle erreur" à son encontre.

Les accusés étaient libres de choisir de comparaître devant la cour en personne ou par vidéoconférence.

 

"Je peux comprendre que M. Amine ait besoin de temps pour organiser sa défense", a déclaré François Roux, chef du bureau de la défense.

"Nous pouvons comprendre que M. Amine ait besoin de mettre en place un plan de défense, mais ceci ne requiert pas ni ne justifie de ne pas se présenter devant la la cour lors de la première convocation", a souligné, de son côté, le juge. Le magistrat a fixé au 29 mai une nouvelle convocation pour le journaliste.

Après cette annonce, M. Amine a néanmoins indiqué que deux semaines supplémentaires ne lui suffiront pas à se préparer et a indiqué qu'il allait consulter ses avocats. "Je ne me présenterai devant le TSL le 29 mai que si la cour a prouvé qu'elle cherche vraiment la justice", a-t-il également souligné, s'exprimant depuis les locaux d'al-Akhbar à Beyrouth.

 

(Lire aussi : Affaire al-Jadeed/« al-Akhbar » : violation de la liberté de presse ou crime ?)

 

Affaire al-Jadeed
Al-Jadeed et sa journaliste, Karma Mohammad Tahsin Khayat, ont, eux, comparu mardi matin à La Haye devant le TSL.

Al-Jadeed TV et Karma Mohammad Tahsin Khayat sont accusés d'avoir :
– délibérément et sciemment entravé le cours de la justice en diffusant et/ou publiant des informations sur de prétendus témoins confidentiels ;
– délibérément et sciemment entravé le cours de la justice en ne retirant pas du site Internet d'al-Jadeed TV et de la chaîne YouTube d'al-Jadeed TV des informations sur de prétendus témoins confidentiels.

 

Lors de sa comparution, Karma Khayat s'est exprimée face à la cour. "Je suis ici devant vous pour répondre de charges qui touchent mes principes fondamentaux et ceux du journalisme international". "La recherche de la vérité est un droit sacré", a poursuivi la jeune femme, assurant vouloir "défendre ses droits".

"Je suis jugée aujourd'hui tout simplement car nous avons voulu protéger des informations secrètes, confidentielles, qui venaient de chez vous (du TSL, ndlr)", a-t-elle ajouté.

S'attaquant au gouvernement libanais, Mme Khayat a regretté de ne pas avoir à rendre des comptes devant la justice libanaise. "Mon gouvernement, malheureusement, est régi par des forces externes et a décidé d'abandonner sa souveraineté et de remplacer la tutelle syrienne par une autre, une tutelle internationale", a-t-elle encore lancé, avant de souligner "ne pas être dans l'erreur".

Karma Khayat a ensuite indiqué qu'elle plaidait non coupable, à l'instar d'al-Jadeed quelques minutes plus tôt.

Après la déclaration de la journaliste, son avocat, Me Karim Khan, qui représente aussi al-Jadeed, a demandé au juge Lettieri une extension du délai de deux semaines à 60 jours pour l'étude du dossier. La cour lui a accordé un délai jusqu’au 16 juin.

Lors des deux comparutions, M. Khan, un juriste de réputation internationale, a appelé l'accusation à préciser la dénomination de l'accusé, précisant qu'al-Jadeed est une entité juridique différente de New TV. "C'est une différence fondamentale, d'où la nécessité de préciser les choses", a-t-il insisté à l'adresse du juge Lettieri. La cible de l'accusation est-elle al-Jadeed "une personne morale", ou New TV SAL, a-t-il insisté. Le juge a répondu en demandant à l'avocat de présenter une demande de clarification par écrit au TSL.

 
A l'ouverture de la séance, le juge Lettieri a rappelé que le 31 janvier 2014, le juge David Baragwanath a délivré une ordonnance tenant lieu d'acte d''accusation contre la journaliste libanaise Karma Khayat et la chaîne de télévision al-Jadeed (New TV SAL).

"Chacun des accusés fait l'objet de deux chefs d'accusation : délit d'outrage et entrave à la justice, a poursuivi le juge. Des chefs d'accusation considérés comme des délits".

Le juge a ensuite rappelé que ces chefs d'accusation ne concernent pas d'éventuelles critiques formulées à l'encontre du TSL ou de ses activités. Ces critiques sont autorisées par le droit et font partie des fonctions fondamentales des médias, a-t-il souligné. "Les chefs d'accusation concernent en revanche une interférence alléguée dans la bonne administration de la justice via la publication par certains médias des noms de certaines personnes présentées comme des témoins protégés", dans l'affaire de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Hariri, a encore déclaré le juge.

 

(Lire aussi : Modalité et date de la comparution des journalistes accusés dans les affaires d'outrage)

 

Les accusations portées contre les journalistes d'al-Jadeed et d'al-Akhbar d'avoir mis en danger la sécurité de plusieurs centaines de témoins ou de personnes qualifiées comme telles sont lourdes et sérieuses, les poursuites engagées à leur encontre pouvant aboutir à des sanctions allant jusqu'à 7 ans de prison et/ou une amende jusqu'à cent mille euros. Ils peuvent tout aussi bien être innocentés. Une décision qui est du seul ressort du juge compétent en la matière.

 

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commentaires (4)

RIEN À VOIR AVEC CET ARTICLE : IL Y A UN REPLI EFFECTIF DE LA LIBRE PENSÉE... JE CROIS DEVOIR M'Y CONFORMER AUSSI !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

22 h 15, le 13 mai 2014

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Commentaires (4)

  • RIEN À VOIR AVEC CET ARTICLE : IL Y A UN REPLI EFFECTIF DE LA LIBRE PENSÉE... JE CROIS DEVOIR M'Y CONFORMER AUSSI !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    22 h 15, le 13 mai 2014

  • Ce machin peut essayer de se prendre au serieux autant qu'il le voudra , mais ca reste un machin sans envergure basee sur le justice . Ouppssss va t on me convoquer ?

    FRIK-A-FRAK

    17 h 29, le 13 mai 2014

  • C'est incroyable... le nombre de non-coupables en vacances ..dans l'assassinat de Rafic Hariri...

    M.V.

    17 h 23, le 13 mai 2014

  • On ne peut que saluer le courage de Karma Mohammad Tahsin Khayat et en bonne journaliste de bien défendre sa cause et celle de la chaine Al-Jadeed .

    Sabbagha Antoine

    16 h 03, le 13 mai 2014

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