Danse

« Borderline » : au-delà des limites

La « Beirut Dance Company » de la chorégraphe Nada Kano présente « Borderline », un spectacle de grande tenue qui se déroule jusqu'au 11 mai au Monnot, à 20h30.

Chadi et Joanna Aoun, Kim Baraka, Cindy Gemany et Maya Nasr interprètent la condition humaine. Photo Nasser Trabulsi

«De chair, d'âme, de corps et d'émotion, des êtres gravitent sur la scène d'une odyssée de l'humain.» C'est par ces quelques mots que la chorégraphe Nada Kano décrit Borderline. Après plusieurs années d'entraînement en France et un parcours de danseuse en Europe et au Liban, Kano crée sa «Beirut Dance Company» en 2003 et son «Beirut Dance studio» en 2007, et, par la suite, «Beirut Dance Project» en 2009, fidélisant les jeunes danseurs qui l'accompagnent assidûment dans sa quête d'expression corporelle.
Où se situe la limite entre le réel et l'imaginaire, le «pensé»? Qu'est-ce que la folie des hommes et comment se crée-t-elle, se secrète-t-elle? Comment se déchaînent les ardeurs (toutes les ardeurs) humaines et qu'est-ce qui peut les arrêter? Quelques questions – et il y en a plein d'autres car chaque spectateur a les siennes – que pose Nada Kano dans ce spectacle symbolique, superbement élaboré et abouti qu'est Borderline.

Et puis, qu'importe si chacun interprète à sa façon, tant que ce flux d'images, ces corps qui «parlent» sur scène de la condition humaine réveillent en nous tant d'émotions? Passion, colère et peur s'entremêlent dans cette tour de Babel qu'érige Kano pour se déverser en vrac, dans une scénographie sophistiquée et élégante, signée Denise Khalifé Salamé et sous une musique tantôt classique, tantôt jazzy, parfois même disjonctée.

Symbolique performance
Dans le noir, surélevés sur des piédestaux et drapés dans des étoffes fluides noires rehaussées par des corsets évoquant les camisoles de force, Chadi et Joanna Aoun, Kim Baraka, Cindy Germany et Maya Nasr vont peu à peu libérer leurs corps de toute contrainte et s'élancer dans une folle gestuelle. Le mouvement est à la fois moderne et classique, la maîtrise totale (on devine les répétitions ardues en amont), sous cet éclairage concocté par Hagop Derghougassian, qui catapulte le public dans un univers d'au-delà... Au-delà du réel, de l'imaginaire? Mais aussi au-delà des
capacité humaines. Car ces cinq personnages qui rêvent, se plient, s'élèvent, s'étirent, et contorsionnent leurs corps; qui fouillent dans leur propre intérieur pour en sortir avec des bassesses mais aussi des grandeurs, ne sont que la figure de l'humanité.
Nada Kano a offert sur scène un tableau humain mais parfois «surhumain» où les protagonistes (extraordinaires!) ont réussi à évaluer le potentiel de leurs corps, à le maîtriser totalement pour reproduire toutes les vicissitudes et les inconstances de la texture charnelle.


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