Le gouvernement de Manuel Valls (au centre) : (de haut en bas de gauche à droite) Laurent Fabius, Ségolene Royal, Benoit Hamon, Christiane Taubira, Michel Sapin, Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, François Rebsamen, Jean-Yves Le Drian,Bernard Cazeneuve, Najat Vallaud-Belkacem, Marylise Lebranchu, Aurélie Filippetti, Stéphane Le Foll, Sylvia Pinel, George Pau-Langevin. AFP PHOTO
La France s'est dotée mercredi d'un nouveau gouvernement resserré de 16 ministres (8 femmes et 8 hommes) sans compter le Premier ministre Manuel Valls, privé d'une participation des écologistes et qui voit notamment l'entrée de Ségolène Royal, ex-compagne de François Hollande.
La nouvelle équipe, qui ne compte que deux nouvelles têtes (Ségolène Royal et François Rebsamen, ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social), doit encore être complétée la semaine prochaine d'une série de secrétaires d'Etat. Le précédent gouvernement de Jean-Marc Ayrault comptait 38 ministres.
Laurent Fabius, Jean-Yves Le Drian et Christiane Taubira conservent leurs fonctions aux Affaires étrangères, à la Défense et à la Justice.
Ségolène Royal, ex-compagne et mère des quatre enfants du président, candidate à la présidentielle de 2007, retrouve le ministère de l'Ecologie qu'elle avait déjà occupé en 1992.
Classé à l'aile gauche du parti socialiste, Arnaud Montebourg est nommé ministre de l'Economie et Michel Sapin ministre des Finances.
La composition du gouvernement a été annoncée au terme d'un peu plus de deux heures d'entretien entre le Premier ministre et le chef de l'Etat.
(Voir la composition du gouvernement)
Manuel Valls avait été nommé lundi Premier ministre, au lendemain d'une déroute électorale pour la gauche lors d'élections municipales, alors que le pouvoir s'est montré impuissant depuis son entrée en fonctions il y a 18 mois à stopper la hausse du chômage.
Le nouveau Premier ministre doit prononcer mardi prochain au Parlement un discours de politique générale.
François Hollande, en annonçant sa volonté d'avoir un nouveau gouvernement "resserré", avait précisé vouloir "redonner de la force" à l'économie, garantir la "justice sociale" et assurer "le rassemblement" des Français, après des municipales marquées par une victoire de la droite, une forte poussée de l'extrême droite et la déroute des socialistes.

Double fronde
Mais, dès mardi soir, le nouveau Premier ministre faisait face à une double fronde, avec la décision d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de ne pas entrer au gouvernement et le mécontentement exprimé par des proches du président réunis dans la soirée face à son choix pour diriger le gouvernement d'un homme classé dans l'aile droite du parti socialiste.
(Portrait :Manuel Valls, un socialiste qui plait surtout à droite)
Les écologistes ont en outre affirmé mercredi qu'ils réservaient leur réponse sur la confiance au nouveau gouvernement.
Manuel Valls avait pourtant offert à EELV un grand ministère de l'Ecologie, de l'énergie et des transports, pris des engagements sur la transition énergétique et la décentralisation et promis une méthode de gouvernement les associant "au processus de décision".
Au terme de longues discussions internes, EELV a décidé de ne pas participer à un gouvernement dirigé par Manuel Valls, considérant qu'il n'était "pas une réponse adéquate aux problèmes des Français". Mais cette décision d'EELV n'a pas fait l'unanimité au sein même des responsables écologistes, notamment parlementaires. Le co-président du groupe des Verts au Parlement européen, Daniel Cohn Bendit, a estimé que les dirigeants d'EELV faisaient "une connerie" en refusant les propositions du Premier ministre.
Parallèlement, Manuel Valls devait faire face à une autre fronde: celle des amis du chef de l'Etat. Des proches de François Hollande s'étaient réunis mardi soir et avaient exprimé leur mécontentement sur le remaniement en cours. Parmi eux, Stéphane Le Foll, nommé mercredi ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement ainsi que François Rebsamen, nommé de son côté ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social. Leur message était de "rappeler au Premier ministre qu'il y a des amis de François Hollande au gouvernement", a rapporté l'un d'eux.
Critiqué également par l'extrême gauche, Manuel Valls, dont l'objectif était aussi d'être soutenu par l'aile gauche du parti socialiste, a promu mercredi Benoît Hamon, chef de file d'un de ces courants et ex-ministre délégué, au poste de ministre de l'Education.
Réactions
Après l'annonce de la composition du gouvernement Valls, Bruno Le Roux, chef de file des députés PS a salué "un pack de combat fondé sur l'expérience, la cohérence et la solidarité (...) Il traduit une hiérarchisation forte des priorités du président et du Premier ministre: l'emploi, la compétitivité, la justice sociale, la transition écologique, la sécurité".
Jean-Frédéric Poisson, député UMP des Yvelines, estimait en revanche que "les causes qui ont conduit à l'échec électoral de dimanche pour la gauche ne semblent pas écartées".
Du côté du Front National, son vice-président, Florian Philippot, a déclaré, pour sa part, que "la formule qui résume le mieux ce remaniement c'est : +On ne change pas une équipe qui perd+".
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Déjà ils/elles étaient indigeste ...voilà que la Nomenklatura au pouvoir en France sert au peuple des plats indigestes...
22 h 30, le 02 avril 2014