Réunion du Conseil des ministres le vendredi 14 mars 2014 au palais de Baabda. Photo Dalati et Nohra
Le Conseil des ministres libanais s'est réuni vendredi soir avec plus de deux heures de retard. La réunion, qui s'est terminée il y a quelques minutes, a abouti à l'adoption d'une déclaration ministérielle. Les ministres du parti Kataëb et le ministre de la Justice Achraf Rifi ont toutefois émis des réserves sur la version finale du texte.
"Les efforts du chef de l'Etat Michel Sleiman ont porté leurs fruits", a affirmé le ministre libanais de la Jeunesse et des Sports, Abdel Matlab Hennaoui à l'Agence nationale d'information. Depuis des semaines, la rédaction de la déclaration ministérielle bute sur le statut de la résistance (le Hezbollah), sachant que le parti chiite réclame une totale liberté d'action du Hezbollah, qu'il clame comme un "droit du peuple", tandis que le 14 Mars ne conçoit pas que l'État, symbole de la volonté collective, cède à une entité quelconque une part de sa souveraineté. Selon différentes sources médiatiques, le terme "peuple libanais" a été remplacé par "citoyens" dans la version finale de la déclaration.
La déclaration ministérielle devait être rédigée dans un délai d'un mois après la formation du Cabinet.
Jeudi soir, le Premier ministre Tammam Salam avait menacé de démissionner si les différentes parties ne parvenaient pas à un accord. Il y a finalement renoncé à la demande pressante du chef de l'État et de plusieurs ministres.
Désigné Premier ministre le 15 février 2013, Tammam Salam n'avait pu former un gouvernement de compromis que dix mois plus tard en raison de multiples blocages.
Cet homme flegmatique de 68 ans a la lourde tâche de diriger un gouvernement dans un pays qui est profondément divisé sur le conflit en Syrie voisine, secoué par une vague d'attentats sanglants et accueille près d'un million de réfugiés syriens, soit le cinquième de la population.
Ce fils de Saëb Salam - six fois Premier ministre entre 1952 et 1973 - M. Salam ne jouit pas, en comparaison avec ses prédécesseurs, d'une véritable assise populaire ni au sein de sa communauté sunnite, à laquelle revient par tradition le poste de Premier ministre dans ce pays multiconfessionnel.
Il a été élu député de Beyrouth en 1996 puis en 2009, la première fois sur la liste du dirigeant Rafic Hariri, assassiné en 2005, puis sur celle de son fils Saad Hariri.
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