Liban

Pourquoi des travaux publics sur un site contesté ?

07/02/2014

Une des questions que pose l'affaire du conflit de Dalyeh est celle de savoir pourquoi des travaux ont été engagés dans ce port par le secteur public, puis gelés en prévision d'un projet privé. Le ministre des Travaux Ghazi Aridi s'est retiré temporairement de la vie politique et ne s'exprime pas sur cette affaire. Mais une source particulièrement bien informée nous donne des indications sur la chronologie des événements (pour la plupart confirmés par les pêcheurs eux-mêmes).


Selon cette source, le projet de réhabilitation du port existait depuis 2004, sous le mandat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri : il a donc été signé par M. Hariri, ainsi que par le chef du bloc parlementaire du Futur Fouad Siniora, alors ministre des Finances, et par l'actuel Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati, alors ministre des Travaux publics. Mais en 2004, M. Hariri a démissionné, avant d'être assassiné en 2005. Le projet n'a repris qu'en 2013, sans aucune opposition du bloc du Futur ou autre, et il avait été approuvé au préalable sous le mandat de Saad Hariri. Mais il semble, poursuit cette source, que les héritiers auxquels reviennent ces terrains n'étaient pas au courant de ces travaux et envisageraient un grand projet touristique privé sur cette plage (dont nous n'avons pas pu connaître les contours précis). Ils s'y sont opposés a posteriori, d'où l'origine du problème.


Quand les pressions ont été exercées pour l'arrêt du projet de modernisation par les compagnies, toujours selon cette même source, les deux tiers avaient été déjà réalisés (ce qui est apparent sur le terrain, avec la jetée inachevée et le bâtiment toujours en chantier). Une solution a alors été envisagée pour préserver les droits des pêcheurs, d'une part, et pour ne pas gaspiller l'argent public, de l'autre. Cette solution, toujours selon la même source, prévoyait d'aménager un autre port pour les pêcheurs à Manara, non loin de là, d'indemniser les pêcheurs en vue de leur délocalisation (l'indemnisation de ceux-ci était déjà envisagée par Rafic Hariri lui-même), et de rembourser à l'État l'argent dépensé pour les travaux. Le procès intenté par les compagnies contre les pêcheurs montre l'impasse à laquelle sont arrivés les pourparlers.

 

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