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Syrie

Des militants appellent les opposants à Genève à oeuvrer pour la levée du siège de Homs

"Les personnes assiégées ne souhaitent pas seulement l'entrée d'aides humanitaires. Il faut lever le siège".

Une rue dévastée de Homs, le 27 janvier 2014. REUTERS/Yazan homsy

Des militants à Homs ont appelé mardi les opposants à Genève à oeuvrer pour obtenir la levée du siège imposé depuis 600 jours par les troupes du régime aux quartiers rebelles de cette ville du centre de la Syrie.

Cet appel intervient deux jours après l'annonce par le médiateur de l'ONU Lakhdar Brahimi, qui mène les négociations à Genève en vue d'un règlement du conflit en Syrie, qu'il a obtenu du régime de Bachar el-Assad la promesse de laisser partir femmes et enfants des quartiers rebelles de Homs.


Considéré comme le foyer de la contestation, cette troisième ville de Syrie a payé au prix fort son opposition au président Assad. Les quartiers tenus par les rebelles y sont assiégés depuis juin 2012 par l'armée qui les bombarde régulièrement et des milliers de Syriens y vivent dans des conditions épouvantables.


"Les personnes assiégées ne souhaitent pas seulement l'entrée d'aides humanitaires. Il faut lever le siège et assurer l'entrée et la sortie des habitants via des corridors sécurisés, sans qu'ils passent par les barrages du régime", ont lancé des militants dans un communiqué diffusé sur internet, à l'adresse de la délégation des opposants à Genève. Il ont estimé que si le siège n'est pas levé, "toute solution sera inutile et ne pourra pas mettre fin à cette tragédie".
"Il y a des dizaines de cas de malades nécessitant des opérations chirurgicales, et plus de 250 familles endurent un calvaire à cause du siège", ont ajouté les militants.

Le communiqué publié sur la page Facebook d'un militant dénommé Yazan, affirme que "le siège est entré mardi dans sa 600e journée".


M. Brahimi avait aussi affirmé avoir obtenu du régime la promesse de laisser entrer dans le centre assiégé de Homs des convois humanitaires.


Mais lundi, le Comité international de la Croix-Rouge a affirmé qu'aucune "mesure concrète" n'avait été prise pour l'instant par le pouvoir syrien.
Aucune aide n'a pénétré lundi à Homs, ont confirmé les militants ajoutant que près de la moitié des quelque 500 femmes et enfants présents dans le centre assiégé de la ville avaient accepté d'être évacués.

 

Cité par l'agence officielle Sana, le gouverneur de Homs, Talal al-Barazi, a assuré que "la police, des médecins et le Croissant Rouge syriens sont prêts à organiser la sortie des civils de la Veille ville dès qu'ils auront reçu la réponse du représentant de l'ONU qui coordonne avec les groupes armés", c'est-à-dire les rebelles. Selon lui, "les autorités travaillent depuis quatre mois pour sécuriser la sortie des civils et espèrent que cela aboutira avec la coopération de l'ONU et du CICR".

 

(Eclairage : « Si les Occidentaux veulent vraiment la tête de Bachar, ce n'est pas par la négociation qu'ils l'obtiendront »)


Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), environ 3.000 personnes sont prises au piège à Homs, où la nourriture et le matériel médical sont épuisés, et chaque jour se transforme en épreuve de survie.


Un religieux néerlandais Frans van der Lugt a lancé un appel à l'aide sur internet depuis Homs, assurant que la situation y est devenue "intolérable". "Le plus grand problème est la faim car les gens ne trouvent pas à manger", a assuré dans une vidéo placée sur You Tube le père Frans van der Lugt, dont l'identité a été confirmée à l'AFP par le secrétaire des Jésuites des Pays-Bas et de Flandre. "Musulmans et chrétiens, nous vivons dans des conditions difficiles et pénibles, nous souffrons beaucoup mais surtout de la faim", souligne le religieux néerlandais de 75 ans.

 

Mardi, Lakhdar Brahimi veut remettre sur la table des négociations la question cruciale de la transition politique, "ligne rouge" pour les délégations du régime et de l'opposition réunies à Genève, après un premier échec lundi menant au blocage des discussions sur la Syrie.

La déclaration de Genève 1, adoptée en juin 2012 par les grandes puissances, fait polémique entre partisans et opposants au président Assad depuis le début. L'opposition considère qu'elle prévoit un "gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs" ce qui implique le départ du président syrien, au pouvoir depuis 2000. Le régime considère, quant à lui, que cela ouvre la voie à un gouvernement d'union élargi mais il écarte le scénario d'un départ de Bachar el-Assad.

 

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