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L'Australie démantèle un vaste réseau de blanchiment qui serait lié au Hezbollah

Parmi les cibles de l'opération figurent notamment 18 bandes organisées et 128 personnes, dans plus de 20 pays.

La police australienne a saisi de la drogue et des actifs d'une valeur de 510 millions de dollars USD lors d'une opération contre un vaste réseau de blanchiment d'argent qui serait lié au Hebzollah. Eligo National Task Force/AFP

La police australienne a annoncé jeudi le démantèlement d'un vaste réseau de blanchiment d'argent qui opérait dans une vingtaine de pays et dont une partie des fonds était destinée, selon la presse, au Hezbollah.

La police a saisi de la drogue et des actifs d'une valeur de 580 millions de dollars australiens (l'équivalent de 510 millions de dollars américains), dont 26 millions AUD en cash, lors d'une opération qui a duré un an et répondait au nom de code Eligo, a indiqué la Commission australienne contre le crime (ACC).
Eligo avait pour objectif le blanchiment d'argent de fonds générés par les activités illégales de gangs de motards et de passeurs clandestins, a-t-elle ajouté.

Parmi les cibles de l'opération figurent notamment 18 bandes organisées et 128 personnes, dans plus de 20 pays. Au final, 105 personnes ont été arrêtées et trois laboratoires de méthamphétamine fermés, de même qu'une plantation illégale de cannabis à Sydney.

"Les équipes de police se sont concentrées sur les activités de blanchiment d'argent et ont mis au jour plusieurs activités criminelles, qui ont conduit à ces très bons résultats", a déclaré le ministre australien de la Justice, Michael Keenan. "Mettre la main sur plus de 550 millions de dollars de drogue et de cash est un coup important porté à l'économie criminelle", a-t-il ajouté.

La police a notamment étudié les bureaux permettant le transfert de fonds depuis l'étranger pour les particuliers, comme par exemple des étudiants ou des travailleurs vivant en Australie et qui ont parfois besoin que leur famille restée au pays leur envoie de l'argent.

Ces officines "présentent un degré de risque élevé d'être exploitées par des bandes criminelles", a souligné l'agence gouvernementale de lutte contre le blanchiment d'argent, l'AUSTRAC.

Selon les médias du groupe Fairfax, les malfaiteurs s'appuyaient ainsi sur les transactions effectuées par des résidents étrangers en Australie : ils récupéraient l'argent propre envoyé par la famille et le remplaçaient par l'argent sale généré par des activités criminelles, rapporte Fairfax.
Un de ces bureaux indélicats, doté d'une présence en Asie et au Moyen-Orient, reversait une partie de l'argent blanchi au Hezbollah, selon Fairfax.
La mouvance chiite libanaise est interdite en Australie.

En avril dernier, les États-Unis ont annoncé qu'ils étendaient leur traque visant un réseau international de trafic de drogue, qu'ils affirment lié au Hezbollah et dont les ramifications s'étendraient jusque sur leur sol. Le département du Trésor affirme dans un communiqué être arrivé à la conclusion, après une enquête menée de concert avec l'agence antidrogue américaine (DEA), que deux sociétés de transfert d'argent libanaises liées à ce réseau représentent "un risque majeur en matière de blanchiment des capitaux". Il s'agit de Kassem Rmeiti & Co. for Exchange et Halawi Exchange.

Le Trésor avait déjà affirmé en juin 2012 que ce groupe blanchissait les recettes de son trafic au bénéfice de criminels et du Hezbollah, mouvement qui figure sur la liste noire des "organisations terroristes étrangères" du département d’État américain.

En décembre, les autorités américaines avaient annoncé avoir porté plainte au civil contre des établissements financiers libanais accusés d'avoir aidé au blanchiment de 483 millions de dollars pour le compte du Hezbollah, via les États-Unis et l'Afrique, en lien avec des opérations de trafic de drogue. Cette plainte visait notamment la Lebanese Canadian Bank et deux établissements financiers basés au Liban, la compagnie de change Hassan Ayache et Ellissa Holding. Le Hezbollah avait réfuté ces accusations, affirmant qu'elles ne visaient qu'à "salir" son image.


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