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Liban - Terrorisme

En moins d’un mois, Haret Hreik frappée par un deuxième attentat-suicide

Une voiture piégée, conduite par un kamikaze, a explosé hier à Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth. Le lieu de l'explosion se trouve sur le chemin menant au siège du bureau politique du Hezbollah. Dix-huit jours plus tôt, le 2 janvier, un attentat-suicide avait eu lieu presque au même endroit.

Le même spectacle de désolation qui se répète à chaque attentat (Photo Ibrahim Tawil).

Une odeur écœurante de chair humaine, des débris de verre, des voitures en flamme et des personnes en état de choc qui cherchent leurs bien-aimés... La scène est devenue presque familière dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, témoin de cinq attentats en six mois.

Peu après 10h30, hier, une Kia 4x4 grise conduite par un kamikaze a explosé dans la rue principale de Haret Hreik, faisant cinq morts, dont le kamikaze, et une soixantaine de blessés, dont la plupart sont rentrés chez eux.
Selon l'armée, la voiture piégée contenait trois obus de calibre 120 mm, l'équivalent de 15 kilos de TNT, reliés à un détonateur. La troupe a également indiqué que le kamikaze portait une ceinture explosive qui n'a pas explosé entièrement. Il avait également enroulé des explosifs autour de son bras droit. Selon les premiers éléments de l'enquête, la Kia avait été volée en 2012 de Kfarhabab, dans le Kesrouan. Elle appartenait à Kallas Kallas. Le véhicule portait une fausse plaque d'immatriculation.

Quelques heures après l'explosion, le Front al-Nosra au Liban a revendiqué l'attentat sur son compte Twitter, soulignant que cette opération répond aux actes du Hezbollah contre les enfants en Syrie et à Ersal. Le Tweet a également appelé « les sunnites du Liban à rester vigilants pour faire face au parti de Satan ».

(A noter qu'au moins une des photos du tweet, en haut à droite, est une photo prise en Irak et pas en Syrie).


Maya Akkad travaille à la banque al-Baraka, à quelques mètres du lieu de l'explosion, debout sur la chaussée elle observe la scène. « Nous avons entendu la déflagration. Nous sommes sortis. Il y avait des débris humains partout. Nous avons eu de la chance. Pas une vitre n'a été brisée à la banque. Je crois au destin, je n'ai pas peur. Je sais que personne ne meurt avant son heure », dit-elle.

Maya et ses collègues regardent une façade d'immeuble éclaboussée de sang, notamment au niveau du cinquième étage. « C'est le sang du kamikaze, les débris de son corps ont été propulsés partout », indique-t-elle, alors que deux membres des services anthropométriques, debout sur une grue, prélevaient des débris humains sur le rebord d'une enseigne électrique d'un fond de commerce.

Un peu plus loin, Ali Jomaa répond au téléphone, remerciant ses interlocuteurs pour leur attention. Ali possède un bureau non loin du lieu de l'explosion. Il y était au moment de l'attentat, tout comme il y a dix-huit jours. « Personne ne s'habitue aux explosions. Personne ne prétend que c'est normal. Mais que pouvons-nous faire ? Nous ne pouvons pas quitter nos maisons. Où irions-nous ? » s'exclame-t-il.
« À chaque explosion nous devenons plus fort... que pouvons-nous faire contre un kamikaze ? C'est aux responsables politiques de trouver des solutions. Entre-temps, ce sont les civils qui paient le plus lourd tribut », lance un homme qui veut préserver l'anonymat.

Dans une épicerie située non loin de l'explosion et dont les vitrines sont décorées par des insignes et des drapeaux du Hezbollah, Mohammad Hassan, le propriétaire, s'indigne : « Je me fiche des pertes matérielles. Je me soucie surtout de mes voisins, de ces personnes qui meurent dans les rues, victimes des explosions. » Mohammad se plaint : « Depuis que les explosions ciblent la banlieue sud, le travail va mal. Les deux dernières semaines les rues étaient presque désertes, ce n'est qu'il y a quelques jours que l'on s'était remis un peu à respirer. »

Les images de l'explosion prises par une caméra de surveillance, diffusées par Manar TV et retransmises par d'autres chaînes libanaises.

Retaper l'appartement encore une fois...
Au deuxième étage d'un immeuble, dans le périmètre de l'attentat, Mohammad et Joumana Kaïk sont en état de choc. Mohammad est pris d'un rire nerveux alors que Joumana ne peut pas s'empêcher de sangloter. Dans leur appartement, les vitres ont volé en éclats et les cadres des fenêtres ont été déformés et propulsés par terre par le souffle de l'explosion.
« Lors de l'attentat du 2 janvier, vitres et cadres en aluminium avaient volé en éclat. Depuis dix-huit jours nous retapons la maison. Nous avons remplacé les cadres et les vitres, nous avons repeint, acheté de nouveaux rideaux... Regardez, il faut tout refaire à nouveau », raconte Mohammad, montrant les débris de verre et ce qui reste des cadres des fenêtres.

Le couple a habité chez la sœur de Joumana, à Hadeth, depuis le 2 janvier, suite à la première explosion qui avait touché Haret Hreik, il comptait réemménager hier matin dans l'appartement fraîchement retapé.
« Nous nous sommes endettés pour tout refaire. Mon beau-frère qui est maçon a grâcieusement offert son travail, mon mari est plombier, mais il est au chômage. Et maintenant que va-t-on faire ? Tout réparer à nouveau ? Peut être faut-il laisser la maison telle qu'elle, en attendant la troisième explosion », lance Joumana.

(Repère : Le Liban dans l'engrenage du conflit syrien)

Le couple, dont les enfants avaient échappé par miracle à la mort lors de l'explosion du 2 janvier, rapporte qu'il a effectué des démarches auprès du Hezbollah pour se faire indemniser, en vain. « C'est simple, quelqu'un nous a rétorqué que ce n'est pas à chaque explosion dans la banlieue sud que le Hezbollah indemnisera les gens. II a précisé que des rapports sur les dégâts ont été rédigés seulement pour la documentation et non pour les indemnisations », souligne Joumana.

Le Haut Comité de secours relevant du Conseil des ministres n'a pas indemnisé non plus les sinistrés de l'explosion du 2 janvier.

Dans le même immeuble au rez-de-chaussée, Kamal Hijazi tient une épicerie. « Tout juste hier, on m'a changé la vitrine à droite, elle s'était brisée lors de l'explosion du 2 janvier. Aujourd'hui, c'est l'autre vitre qui a volé en éclat », dit-il. Il montre également sa voiture endommagée. « Elle avait passé dix jours au garage après la première explosion, maintenant il faut tout refaire », ajoute-t-il.
Kamal n'est pas en colère. Il a la voix calme, comme s'il vient de réaliser son impuissance face aux événements. « Je n'ai pas le choix, je suis obligé de tout retaper, encore une fois, même si je n'ai pas été indemnisé. Nous voulons vivre, juste vivre », dit-il.
« Le 2 janvier, j'étais devant mon magasin au moment de l'explosion et aujourd'hui aussi. C'est toujours la même chose. Aujourd'hui, j'ai vu la Kia grise. Un homme la conduisait. J'ai vu aussi les débris de la jeune femme, une partie de son corps était là devant mon magasin, sur la chaussée », poursuit-il.

 

 
Pour Kamal et d'autres habitants du quartier, les kamikazes tentent en vain de cibler le siège du bureau politique du Hezbollah. « Je pense qu'ils arrivent devant les chicanes, rebroussent chemin et se font exploser dans la rue ou quelqu'un fait exploser les voitures qu'ils conduisent à distance », indique le propriétaire de l'épicerie.
Kamal vivait en Suisse avec sa famille avant de rentrer au Liban et là il pense repartir. Réfléchira-t-il à ce sujet ce soir ?
« Non, ce soir, je penserai aux scènes sanglantes que j'ai vues et cela m'empêchera de dormir », indique-t-il.

Au balcon de certains immeubles, des drapeaux du Hezbollah ont été accrochés quelques instants après l'explosion. Un immense drapeau à l'effigie de Hussein, fils de Ali, tué à Karbala au VIIe siècle, a été planté sur le lieu de l'attentat. La mort de Hussein est commémorée durant dix jours chaque année lors de Achoura, les chiites portant, à nouveau, le deuil du petit-fils du Prophète.

Hier, en soirée, des personnes en colère ont brûlé des pneus, bloquant la route de Moucharrafiyé-Ghobeiry pour protester contre l'explosion de Haret Hreik. Avec ce cinquième attentat visant la banlieue sud de Beyrouth en six mois, les chiites du Liban se rendent compte désormais qu'ils sont fragiles et vulnérables, à l'instar de toutes les communautés religieuses du pays.


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Une odeur écœurante de chair humaine, des débris de verre, des voitures en flamme et des personnes en état de choc qui cherchent leurs bien-aimés... La scène est devenue presque familière dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, témoin de cinq attentats en six mois.Peu après 10h30, hier, une Kia 4x4 grise conduite par un kamikaze a explosé dans la rue principale de Haret Hreik, faisant cinq morts, dont le kamikaze, et une soixantaine de blessés, dont la plupart sont rentrés chez eux.Selon l'armée, la voiture piégée contenait trois obus de calibre 120 mm, l'équivalent de 15 kilos de TNT, reliés à un détonateur. La troupe a également indiqué que le kamikaze portait une ceinture explosive qui n'a pas explosé entièrement. Il avait également enroulé des explosifs autour de son bras droit. Selon les...
commentaires (4)

Ces attentats laches sont la prevue de la raclee que se prennent les salafowahabites sur le terrain syrien et n'entament en rien l'union des chiites face au complot sioniste allie aux takfiristes .

FRIK-A-FRAK

14 h 35, le 22 janvier 2014

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Commentaires (4)

  • Ces attentats laches sont la prevue de la raclee que se prennent les salafowahabites sur le terrain syrien et n'entament en rien l'union des chiites face au complot sioniste allie aux takfiristes .

    FRIK-A-FRAK

    14 h 35, le 22 janvier 2014

  • C'est triste a voir, douloureux a vivre mais il semble que la direction du Hezbollah n'a pas encore compris que seul si l’état prend tout en charge le Liban pourra éviter de tels déboires. Les gens ne supporterons plus de se voir mis au ban de leur propre société, être la cible de fous furieux que le parti a tout fait pour les inciter a agir de la sorte. Si le parti se range dans la légalité, remet ses armes a l’armée, ce genres d'actions sera combattus par tous, sera de la responsabilité de tous et tous ensemble pourrons alors les arrêter qui qu'ils soient. Je dis qui qu'ils soient car je garde toujours un point d'interrogation sur les commanditaires. Est ce vraiment Nosra, Daech ou Qaeda ou les sbires Syriens y compris les renseignements du parti mafieu qui jouent aux apprentis sorciers? Les méthodes Assad nous ne les connaissons que trop bien. Ayez pitié de se peuple qui n’arrête pas de vivre les horreurs de la guerre des autres depuis plus de 50 ans! Y en a pas marre!!!!????

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 29, le 22 janvier 2014

  • Le Liban définitivement irakisé ! Je ne trouve pas autre chose à répéter. C'est le règne de l'horreur totale, surréelle, insupportable ! "Le kamikaze portait une ceinture explosive qui n'a pas explosé entièrement". Il aura moins de soixante dix vierges, celui-là ! Comment des êtres humains peuvent-il être assoiffés de sang d'autres êtres humains jusqu'à mourir dans ce délire ? Strictement impossible de comprendre !

    Halim Abou Chacra

    05 h 39, le 22 janvier 2014

  • Tout ceux qui ont très Bien vécu uniquement grâce au glaive, pendant que "d'autres" avaient subi entretemps moult attentats, périront par le glaive.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    01 h 18, le 22 janvier 2014

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