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Politique - Liban

« Personne ne l’aime », lance Moussaoui ; « discours fondés sur des illusions », rétorque le CPL : Bassil et le Hezbollah s’écharpent au grand jour

Le leader chrétien fait porter au Hezbollah « la responsabilité de nous avoir entraînés dans une guerre dont il ne sait aujourd’hui pas comment sortir ».

« Personne ne l’aime », lance Moussaoui ; « discours fondés sur des illusions », rétorque le CPL : Bassil et le Hezbollah s’écharpent au grand jour

Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, au palais présidentiel de Baabda, le 13 janvier 2025. Photo Mohammad Yassine/ L'Orient-Le Jour

Une semaine après les propos acerbes du chef du Courant patriotique libre (CPL) Gebran Bassil sur l'état du Hezbollah et de sa base populaire, qualifiés notamment de « décrépits, déplacés, émigrés, ruinés et désespérés », le ton est brutalement monté durant le week-end entre les deux anciens alliés. Après une violente charge de l’ancien député du Hezbollah Nawaf Moussaoui contre le leader aouniste, qu’il a notamment accusé d’être « sans pudeur » et « sans éducation », affirmant que « personne ne l’aime » au Liban, le parti chrétien a contre-attaqué dimanche matin, appelant la formation pro-iranienne à « éviter de s’engager dans des problèmes supplémentaires avec les Libanais », susceptibles d’accroître « son isolement ».

Interrogé sur de récentes déclarations du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, s’inscrivant dans la rhétorique régulièrement martelée par le parti pro-iranien, qui se présente comme toujours « fort » et « victorieux » et assure qu’il ne cédera ni ne déposera les armes, le chef du CPL avait vivement répliqué. « Vous êtes toujours là, certes, mais décrépits, déplacés, émigrés, ruinés, désespérés et résignés », avait-il lancé à l'heure où le parti chiite assiste impuissant aux destructions systématiques de villages au Liban-Sud, où l'armée israélienne occupe depuis plusieurs mois plus de 600 km2.

Le député de Batroun avait également fait porter au Hezbollah « la responsabilité de nous avoir entraînés dans une guerre dont il ne sait pas comment sortir », en référence aux deux guerres successives menées par le parti chiite contre Israël, la première en 2023 pour soutenir le Hamas palestinien et la deuxième en mars dernier en appui à l'Iran, avant de lui reprocher d’avoir « haussé le niveau de confrontation avec l’État libanais ».

Nasrallah « le seul capable de supporter » Bassil

Une semaine plus tard, Nawaf Moussaoui lui a répondu sur la chaîne pro-Hezbollah al-Manar sur un ton particulièrement virulent se disant « convaincu que personne n’aime cet homme au Liban ». Il a ajouté que « le seul qui était capable de le supporter était (l'ancien secrétaire général du Hezbollah assassiné) Hassan Nasrallah », qualifiant les propos de M. Bassil de « honteux » et l’accusant d’être « sans pudeur » et « sans éducation ». « Nous te connaissons depuis l’époque où tu n’étais rien et nous t’avons porté avec nous jusqu’ici », a-t-il poursuivi, estimant que le leader aouniste aurait dû présenter des excuses à ceux « qui ont été ses alliés ». M. Moussaoui a même affirmé qu’il préférerait désormais dialoguer avec d’autres personnalités chrétiennes, « même si elles se trouvent au sommet de l’hostilité » envers le Hezbollah.

Pour le CPL, Nasrallah aurait épargné « de nombreuses erreurs »

Le CPL a répliqué dimanche matin dans un communiqué tout aussi virulent, reprochant d’abord à Nawaf Moussaoui de ne pas avoir respecté « les limites de la politesse et de la bienséance » et d’avoir commenté des propos de Gebran Bassil sortis de leur contexte. Le parti assure que son chef faisait référence aux conséquences de la guerre subies par « l’ensemble des Libanais », et pas uniquement par la base populaire du Hezbollah. Accusant l’ancien député de se livrer, « comme à son habitude », à des « discours fondés sur des illusions », d’attiser les tensions et de « provoquer les Libanais », le CPL estime que ses attaques confortent la justesse de sa propre position, fondée sur « l’intérêt du Liban, en dehors de tout alignement ». Il rappelle enfin, à l’occasion du deuxième anniversaire de l’assassinat de Hassan Nasrallah, qu’il regrette profondément son absence, estimant que sa présence aurait épargné « de nombreuses erreurs » à son parti et au Liban, avant d’appeler le Hezbollah à « éviter de s’engager dans des problèmes supplémentaires avec les Libanais », qui ne feraient qu’accroître « les tensions » et « son isolement ».

Les deux formations sont à couteaux tirés depuis l’effondrement de leur alliance scellée en 2006, sur fond de divergences autour de la présidentielle et des guerres au Liban et dans la région. Le parti chiite se retrouve de plus en plus isolé sur la scène locale, alors que plane le risque d’un nouveau round de violences.

Une semaine après les propos acerbes du chef du Courant patriotique libre (CPL) Gebran Bassil sur l'état du Hezbollah et de sa base populaire, qualifiés notamment de « décrépits, déplacés, émigrés, ruinés et désespérés », le ton est brutalement monté durant le week-end entre les deux anciens alliés. Après une violente charge de l’ancien député du Hezbollah Nawaf Moussaoui contre le leader aouniste, qu’il a notamment accusé d’être « sans pudeur » et « sans éducation », affirmant que « personne ne l’aime » au Liban, le parti chrétien a contre-attaqué dimanche matin, appelant la formation pro-iranienne à « éviter de s’engager dans des problèmes supplémentaires avec les Libanais », susceptibles d’accroître « son isolement ».Interrogé sur de récentes déclarations du secrétaire...
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