Rechercher
Rechercher

À La Une - Syrie

Pour Moscou, l’absence de l'Iran à Genève 2 est "une erreur", pas "une catastrophe"

Les chances de réussite de la conférence de Genève 2, qui doit débuter demain en Suisse, sans la participation de l'Iran sont "minces", a déclaré le vice-ministre iranien des Affaire étrangères, Abbas Araqchi, à la télévision d'Etat lundi soir.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a renoncé lundi soir à inviter l'Iran à la conférence de paix Genève 2 sur la Syrie, assurant ainsi la présence de l'opposition syrienne en exil.

Les Iraniens ont rejeté toute "condition préalable" à leur présence à la conférence alors que Ban Ki-moon avait compris, a-t-il dit, qu'ils avaient accepté le communiqué de Genève prévoyant la mise en place en Syrie d'une autorité de transition dotée des pleins pouvoirs exécutifs.

Le retrait de l'invitation adressée par Ban Ki-moon à l'Iran est une "erreur", a déclaré mardi le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov. "Nous avons toujours souligné que tous les acteurs extérieurs devaient être représentés", a-t-il ajouté. Le responsable russe a toutefois noté qu'il ne s'agissait pas là d'une "catastrophe".

L'opposition syrienne avait menacé de boycotter la conférence si l'Iran, allié de Bachar el-Assad, était présent. Après l'annonce du retrait de l'invitation à Téhéran, la coalition de l'opposition a immédiatement confirmé, dans un communiqué, "sa participation à Genève 2, qui a pour objectif une transition politique en Syrie". Par contre, une des principales composantes de cette opposition, le Conseil national syrien (CNS), a annoncé son retrait de la Coalition pour protester contre la participation de cette dernière à Genève 2.

Ban "a décidé que la réunion d'un jour à Montreux (Suisse) aura lieu sans la participation de l'Iran", selon son porte-parole Martin Nesirky. Genève 2 doit s'ouvrir mercredi par une session ministérielle à Montreux, présidée par Ban Ki-moon et à laquelle sont conviés une quarantaine de pays, parmi lesquels les grandes puissances et les autres pays de la région, dont l'Arabie saoudite. Les délégations du gouvernement et de l'opposition doivent négocier ensuite à Genève, à partir de vendredi, sous l'égide du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi.

 

Martin Nesirky a justifié la décision de M. Ban par le refus iranien de soutenir un gouvernement de transition en Syrie, comme le prévoit le "communiqué de Genève" signé par les grandes puissances le 30 juin 2012. Malgré des assurances verbales données par de hauts responsables iraniens à M. Ban, a-t-il expliqué, Téhéran a refusé d'entériner le communiqué, alors que celui-ci constitue "la base de discussions et l'objectif" de Genève 2. Le ministère iranien des Affaires étrangères avait affirmé lundi que "l'Iran participerait à la conférence sans préconditions".

Le communiqué de Genève évoque l'instauration d'un gouvernement de transition en Syrie ayant des "pleins pouvoirs exécutifs", ce qui laisse entendre que Bachar el-Assad pourrait perdre une bonne partie, voire la totalité, de ses prérogatives.

Toujours selon son porte-parole, M. Ban, qui devait arriver mardi en Suisse, a été "profondément déçu par les déclarations publiques de l'Iran aujourd'hui".

 

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, qui souhaitent le départ de Bachar el-Assad, avaient tous trois fait d'un soutien iranien à une transition démocratique une condition sine qua non à sa présence à Montreux. Un responsable du département d'Etat s'exprimant anonymement avait même enjoint l'ONU de "retirer" son invitation, annoncée à la presse par Ban Ki-moon lui-même dimanche soir.

Après cette crise, la porte-parole du département d'Etat américain Jen Psaki a demandé lundi soir à "toutes les parties de se concentrer désormais sur la tâche à accomplir : mettre fin aux souffrances du peuple syrien et amorcer enfin une transition politique".

 

Double attentat suicide

Les négociations en tant que telles entre le gouvernement de Bachar el-Assad et l'opposition doivent débuter vendredi à Genève mais les objectifs des deux camps semblent totalement inconciliables. Dans un entretien exclusif à l'AFP, le président syrien a en effet exclu de confier la direction d'un futur gouvernement à un opposant et a estimé que sa guerre contre les rebelles prendrait "beaucoup de temps".

Face à cette assurance, un haut responsable américain a indiqué lundi que Washington avait reçu de "nombreux messages" de la part de membres du régime de Damas "impatients de trouver une solution pacifique" à la guerre civile qui ensanglante le pays. Celle-ci a fait plus de 130.000 morts depuis mars 2011.

 

Sur le terrain, un double attentat suicide à la voiture piégée a eu lieu lundi dans la ville frontière de Bab al Hawa, près de la frontière turque, tuant au moins cinq personnes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). En outre, les jihadistes de Daech ont imposé de fortes restrictions aux libertés individuelles dans la province de Raqqa, pour tenter d'asseoir leur contrôle sur la région, interdisant notamment l'alcool, la musique et les cigarettes, et imposant le port du voile intégral pour les femmes. Toute violation sera punie selon la charia.

Et à la veille du début de la conférence de paix, le Guardian et CNN ont publié lundi un rapport dans lequel trois anciens procureurs internationaux accusent le régime syrien de massacres à grande échelle et de tortures. Le rapport, commandé par le Qatar, pays qui soutient les rebelles syriens, est visible sur les sites du quotidien britannique et de la chaîne d'information américaine, et est basé sur le témoignage et des photos fournis par un déserteur anonyme pour raisons de sécurité.

 

Lire aussi

Assad envisage un nouveau mandat

 Tribune

 Les enjeux de Genève 2, par Javier Solana

Les chances de réussite de la conférence de Genève 2, qui doit débuter demain en Suisse, sans la participation de l'Iran sont "minces", a déclaré le vice-ministre iranien des Affaire étrangères, Abbas Araqchi, à la télévision d'Etat lundi soir.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a renoncé lundi soir à inviter l'Iran à la conférence de paix Genève 2 sur la Syrie, assurant ainsi la présence de l'opposition syrienne en exil.
Les Iraniens ont rejeté toute "condition préalable" à leur présence à la conférence alors que Ban Ki-moon avait compris, a-t-il dit, qu'ils avaient accepté le communiqué de Genève prévoyant la mise en place en Syrie d'une autorité de transition dotée des pleins pouvoirs exécutifs.
Le retrait de l'invitation adressée par Ban Ki-moon à l'Iran est une "erreur", a...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut