Bachar el-Assad a accordé, dimanche, un entretien exclusif de 45 minutes à l’Agence France Presse, au palais du Peuple à Damas. Photo AFP
Le président syrien Bachar el-Assad a annoncé dans une interview exclusive à l'AFP qu'il y avait de « fortes chances » qu'il brigue un nouveau mandat et exclu de confier un futur gouvernement à un opposant. Dans cet entretien réalisé dimanche au palais du Peuple à Damas, M. Assad a souligné que sa guerre contre la rébellion serait de longue durée, mais averti que « si la Syrie perd la bataille, le chaos s'étendra à tout le Moyen-Orient ».
« Je considère que rien n'empêche que je me porte candidat (...) et si l'opinion le souhaite, je n'hésiterai pas une seconde à le faire. Bref, on peut dire qu'il y a de fortes chances que je me porte candidat », a dit M. Assad, alors que l'opposition exige qu'il soit écarté de toute transition politique. Dans le palais somptueux perché sur une colline dominant la capitale, M. Assad, vêtu d'un costume bleu marine, est apparu souriant et décontracté. Il a confié qu'il ne vivait ni ne travaillait dans ce palais, trop vaste, préférant son bureau et son appartement en ville.
Interrogé sur l'opposition qui a finalement accepté de participer à Genève 2 mais avec unique objectif de se débarrasser de lui, il lui a dénié toute représentativité, estimant qu'elle était « fabriquée » par les renseignements étrangers. « Tout le monde sait maintenant que quelques-unes des parties (de l'opposition) sont apparues durant la crise à travers des services de renseignements étrangers, que ce soit au Qatar, en Arabie saoudite, en France, aux États-Unis ou dans d'autres pays. Lorsque je m'assois avec ces gens-là, cela veut dire que je négocie avec ces pays », a-t-il dit. Pour lui, la présence de l'opposition dans un futur gouvernement signifierait « que ces États participent au gouvernement syrien ».
Une plaisanterie
Il s'est moqué des dirigeants de l'opposition installés à l'étranger et qui prétendent « dominer 70 % de la Syrie mais n'osent pas venir dans ces 70 % soi-disant libérés ». « Ils viennent aux frontières pour une demi-heure avant de prendre la fuite, comment peuvent-ils devenir membres du gouvernement ? Est-ce qu'un ministre peut exercer ses fonctions de l'extérieur? De telles idées sont totalement irréalistes, on peut les considérer comme une plaisanterie. »
M. Assad a souligné que son armée avait réalisé « des progrès dans la lutte antiterroriste, mais cela ne signifie pas que la victoire est imminente. Ce genre de bataille est compliqué, elle n'est pas facile et demande beaucoup de temps ». Mais, « quand on défend son pays, on n'a qu'une seule alternative, c'est celle de gagner », a insisté le président qui n'a jamais reconnu l'existence d'une contestation contre son régime. « Il ne s'agit pas d'une révolte populaire contre un régime qui opprime son peuple, ni d'une révolution en vue de la démocratie et de la liberté, comme les médias occidentaux ont voulu présenter les choses », a-t-il dit. « Une révolution populaire ne saurait durer trois ans puis échouer, une révolution ne saurait répondre à des agendas extérieurs. » Il a rejeté toute distinction entre rebelles et jihadistes : « Nous sommes face à une seule partie, à savoir les organisations terroristes extrémistes indépendamment des appellations dans les médias occidentaux. »
Pour M. Assad, la première priorité de Genève 2 doit être « la lutte contre le terrorisme ». « Cela serait le résultat le plus important. Tout résultat politique qui ne comprendrait pas la lutte contre le terrorisme n'aura aucune valeur. » Il a aussi mis l'accent sur l'importance des accords de cessez-le-feu « localisés » entre armée et rebelles intervenus ces dernières semaines dans des localités de la région de Damas. « Ces initiatives pourraient être plus importantes que Genève 2 (...), ces réconciliations permettent de limiter l'effusion de sang. »
Pas de guerre propre
Malgré la guerre, M. Assad n'a jamais pensé à l'exil. « Fuir n'est pas une option dans ces cas-là. Je dois être aux premiers rangs des défenseurs de la patrie. C'était le seul scénario depuis le premier jour de la crise », a martelé le président. Il a soutenu que son camp n'avait commis « aucun massacre » depuis le début de la guerre, accusant les rebelles d'en commettre « partout ». « L'État syrien défend toujours les civils (...) Il n'y a aucun document qui prouve que le gouvernement syrien en ait commis (...) », a-t-il assuré. M. Assad a affirmé que « l'armée ne bombarde pas des régions mais frappe les endroits où se trouvent les terroristes », tout en admettant qu'il pouvait y avoir des victimes civiles. « Malheureusement cela arrive dans toutes les guerres, il n'y a pas de guerre propre, qui ne fasse pas de victimes innocentes. »
Le président syrien a en outre révélé avoir opposé une fin de non-recevoir à des services de renseignements occidentaux qui souhaitaient établir des canaux de communication avec Damas en matière de lutte antiterroriste. « Plusieurs rencontres ont eu lieu avec plus d'un service de renseignements de plus d'un pays. Notre réponse a été que la collaboration dans le domaine de la sécurité est indissociablement liée à la collaboration politique, et celle-ci ne peut avoir lieu lorsque ces pays adoptent des positions politiques hostiles à la Syrie », a-t-il dit. M. Assad a accusé la France, qui soutient la rébellion, d'être devenue un pays « vassal » du Qatar et de l'Arabie saoudite en échange des « pétrodollars ».
Enfin, interrogé sur ce qui a changé dans sa vie quotidienne, M. Assad a répondu : « Nous vivons chez nous comme auparavant. » Selon lui, ses enfants, comme tous les petits Syriens, posent des questions : Pourquoi y a-t-il des gens aussi méchants ? Pourquoi y a-t-il des morts ? « Ce n'est pas facile d'expliquer de telles choses aux enfants », conclut-il.


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Charité bien ordonné commence par soit même! Bachar comme le Hezbollah sont les péripatéticiennes de l'Iran qui les lâchera une fois la vue du pain a portée de la bouche. Il a été lâché pour Genève 2, après il le sera sur le terrain discrètement, après il le sera devant le TSL, puis ... ...
15 h 59, le 21 janvier 2014