Des soldats libanais à Hareit Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, où un attentat à la voiture piégée a fait jeudi au moins 6 morts et des dizaines de blessés. AFP PHOTO/JOSEPH EID
Au deuxième jour de l'année 2014, la terreur a de nouveau frappé au Liban, semant la mort. Jeudi, c'est la banlieue sud de Beyrouth qui a de nouveau été prise pour cible : un attentat à la voiture piégée en pleine zone résidentielle, rue el-Arid à Hareit Hreik, tue 6 personnes et en blesse 66, selon le bilan officiel du ministère de la Santé.
Au lendemain de l'attaque, la presse libanaise tire unanimement la sonnette d'alarme et met en garde contre le terrorisme aveugle qui n'épargne plus personne au Liban.
"Moins d'une semaine s'est écoulée entre l'attentat terroriste dans lequel l'ancien ministre Mohammad Chatah a été assassiné, un acte qui ciblait clairement des pôles de la communauté sunnite et le Courant du futur, et l'attaque terroriste de Hareit Hreik qui cible clairement la communauté chiite et le Hezbollah", écrit Rozana Bou Mounssef, éditorialiste d'an-Nahar. Selon elle, le jeu est désormais clair : entraîner le Liban vers la discorde confessionnelle et déclencher une guerre civile, comme en Irak et en Syrie.
"Le Liban est-il capable de subir ce rythme infernal d'attentats sans tomber dans le piège d'une guerre civile dont les risques sont plus élevées avec les divergences accrues entre les protagonistes libanais?", demande Rozana Bou Mounssef, qui évoque notamment la crise gouvernementale et les conditions imposées par les deux parties.
(Voir aussi, les images de l'attentat)
Des protagonistes accusés par Imadeddine Raëf, dans as-Safir, d'être les seuls responsables des maux des Libanais. Des acteurs politiques qui, selon le journaliste, n'ont d'autre travail que de s'attacher à leurs postes et d'apparaître après chaque attentat pour lancer condamnations et accusations. "Que pouvez-vous donner à un citoyen qui a tout perdu à cause de vous et qui n'a désormais qu'un seul souci : rentrer sain et sauf chez lui?", demande M. Raëf aux responsables politiques. Et de répondre : "Vous ne pouvez rien garantir. Même pas que vos électeurs restent en vie."
Si la responsabilité de la dégradation sécuritaire incombe, selon le journaliste d'as-Safir, à tous les responsables libanais, Ibrahim el-Amine ne le voit pas sous cet angle. Pour l'éditorialiste d'al-Akhbar, avec l'attentat de Hareit Hreik, "c'est la discorde saoudienne qui frappe de nouveau", pour reprendre le titre de son article.
Ibrahim el-Amine accuse les responsables du 14 Mars d'être "les pions de certains services (de renseignement)". Selon lui, leurs prises de position non seulement justifient le crime, mais en appellent à d'autres. "Ne comprennent-ils pas que, par leur attitude et leur couverture aveugle de la volonté du royaume de l'injustice au Liban et en Syrie (en allusion à l'Arabie saoudite), ils mènent le Liban à l'explosion?", demande M. el-Amine. Selon lui, "il n'y a point de doute, les Saoud sont responsables du sang qui coule et leurs pions des partenaires du crime."
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Avec la crise gouvernementale et les conditions imposées par les deux parties, la guerre civile pourra facileent recommencer en plus ceux qui conduisent les voitures piégés sont si fiers de se dévoiler .
21 h 58, le 03 janvier 2014