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Politique - Rencontre

Samy Gemayel : Il devrait y avoir une « intifada » chiite contre le Hezbollah


Même si le chef des Kataëb, Samy Gemayel, appuie totalement la démarche officielle libanaise visant à mener des négociations séparées avec Israël sous le parrainage américain, il se dit conscient que la situation au Liban demeure en partie tributaire des développements entre les États-Unis et l’Iran. D’abord, parce que la région traverse actuellement une période de changements complexes. Ensuite, parce que, selon lui, tant qu’un groupe libanais restera affilié à l’Iran, ce pays continuera d’avoir une influence directe sur le Liban et la situation interne demeurera tributaire de ses positions.

Dans ce contexte, Samy Gemayel estime, devant une délégation du conseil de l’ordre des rédacteurs menée par Joseph Kossayfi, qu’il n’existe pas de solution purement libanaise aux problèmes actuels du pays. Preuve en est, dit-il, que le Hezbollah a entraîné le pays dans trois guerres au cours des dernières années et ce n’est pas un détail. Il y a eu d’abord sa participation à la guerre en Syrie, aux côtés du régime d’Assad, puis la guerre déclenchée le 8 octobre 2023 en soutien à Gaza, et enfin la seconde guerre, aux côtés de l’Iran, à la suite de l’assassinat du guide suprême Ali Khamenei.

Gemayel estime que tout cela montre que la décision du Hezbollah ne lui appartient pas et qu’il est totalement dépendant de l’Iran. Ce qui fait, selon lui, que le processus de dissociation du dossier libanais de celui de la région est évidemment le bienvenu, mais qu’il ne peut pas être totalement indépendant des développements régionaux. Et lorsqu’on fait remarquer que s’il y a une entente entre les États-Unis et l’Iran, elle pourrait être bénéfique pour le Liban, Gemayel répond que ce serait le cas si l’Iran avait à cœur l’intérêt de tout le Liban. « Or ce que veut ce pays, c’est surtout protéger ceux qui sont sous son autorité », ajoute-t-il.

Pour le chef maronite, cela ne devrait pas empêcher les parties libanaises d’essayer d’établir des contacts entre elles. Il affirme que son parti n’a jamais assimilé la communauté chiite au Hezbollah. « Il s’agit d’une composante importante du pays, qui a participé à sa fondation. Il n’est pas question de l’isoler », dit-il. Il rappelle, dans ce contexte, le discours qu’il avait prononcé au Parlement lors de la séance de vote de la confiance au gouvernement actuel, dans lequel il avait tendu la main aux chiites. Mais la main tendue n’avait pas été saisie. Samy Gemayel déclare qu’à cette époque, il espérait encore que le Hezbollah avait un côté libanais. Mais il est désormais convaincu que celui-ci ne peut pas prendre de décision sans l’Iran.

Pourquoi ne tenterait-il pas de mener un dialogue avec les chiites pour qu’ils se dissocient du Hezbollah ? Samy Gemayel révèle que cette idée avait été évoquée avec le président de la Chambre Nabih Berry, notamment lorsqu’il a demandé la tenue d’un congrès pour « parler en toute franchise, en vue de procéder à une grande réconciliation ». Mais M. Berry avait précisé que c’est à la présidence de la République de lancer un dialogue national et que ce n’est pas le bon moment pour cela. Si Gemayel insiste sur le fait qu’il ne veut pas que la communauté chiite paye pour les fautes du Hezbollah, il ajoute qu’elle ne doit pas non plus rester l’otage de cette formation. Il devrait donc y avoir, selon lui, une « intifada » chiite contre le Hezbollah.

Il refuse, à ce sujet, toute comparaison avec le rôle joué par les Kataëb pendant la guerre civile, en précisant que son parti défendait alors le Liban, tandis que le Hezbollah défend l’Iran. « Et même si ses hommes sont en train de mourir au Sud, ils ne le font pas pour le Liban, mais bien pour l’Iran », ajoute-t-il. Il dément catégoriquement des informations selon lesquelles son parti serait en train de dispenser des formations militaires aux jeunes, déclarant que, pour lui, cette page est tournée depuis longtemps.

Interrogé sur sa conversation avec le président syrien Ahmed el-Chareh, Samy Gemayel précise qu’il n’a pas du tout été question d’une quelconque intervention militaire syrienne au Liban. Au contraire, il a été essentiellement question des intérêts économiques communs entre les deux pays et de la complémentarité sur ce plan entre eux.

Comment voit-il l’évolution de la situation dans la région ? Selon lui, il est très difficile de faire des pronostics, car les déclarations évoluent très rapidement. Ce qui est sûr, pour lui, c’est que les Américains veulent éviter de faire couler du sang, et ils cherchent peut-être à gagner du temps, en attendant un changement à l’intérieur de l’Iran. Et de conclure que « ce qui compte pour le Liban, c’est de se mettre autant que possible à l’abri ».

Même si le chef des Kataëb, Samy Gemayel, appuie totalement la démarche officielle libanaise visant à mener des négociations séparées avec Israël sous le parrainage américain, il se dit conscient que la situation au Liban demeure en partie tributaire des développements entre les États-Unis et l’Iran. D’abord, parce que la région traverse actuellement une période de changements complexes. Ensuite, parce que, selon lui, tant qu’un groupe libanais restera affilié à l’Iran, ce pays continuera d’avoir une influence directe sur le Liban et la situation interne demeurera tributaire de ses positions.Dans ce contexte, Samy Gemayel estime, devant une délégation du conseil de l’ordre des rédacteurs menée par Joseph Kossayfi, qu’il n’existe pas de solution purement libanaise aux problèmes actuels du pays. Preuve...
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