Après avoir lancé, en vain, plusieurs assauts contre les manifestants à Kiev le 11 décembre 2013, les forces anti-émeute se sont retirées. AFP PHOTO / VIKTOR DRACHEV
Les forces anti-émeute ukrainiennes ont dû renoncer mercredi à déloger du centre de Kiev des milliers de manifestants d'opposition.
Sur la place de l'Indépendance, abandonnée par les milliers d'hommes des forces anti-émeute qui avaient tenté de la reprendre aux manifestants dans la nuit, l'opposition a crié victoire. "C'est ici que se fait le destin de l'Ukraine!", a lancé depuis la scène installée sur la place, parmi les tentes et les barricades, Arseni Iatseniouk, un responsable du parti de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko. M. Iatseniouk a promis au pouvoir des "millions" de manifestants dans les rues si les forces de l'ordre poursuivaient leurs assauts. "Nous l'avons fait!", a renchéri le leader nationaliste Oleg Tiagnybok. "Le pouvoir a peur des Ukrainiens!", a déclaré, pour sa part, le leader du parti Udar, le boxeur Vitali Klitschko.
Les manifestants ont en outre reçu, sur la place de l’Indépendance, la visite de la secrétaire d'Etat adjointe américaine Victoria Nuland, arrivée à Kiev la veille pour une tentative de médiation après être allée à Moscou. Elle a ainsi succédé au chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton, également arrivée à Kiev mardi et qui s'était rendue sur la place le jour même après des entretiens avec le président Viktor Ianoukovitch. Mme Nuland devrait également rencontrer M. Ianoukovitch mercredi.
Tristesse et dégoût
L'UE et les Etats-Unis ont réagi vivement mercredi matin à la tentative des forces de l'ordre ukrainiennes de repousser les manifestants de la place de l'Indépendance, qu'ils occupent depuis plus de deux semaines et où ont eu lieu des rassemblements de centaines de milliers de personnes.
Les Etats-Unis ont fait part de leur "dégoût" et l'Union européenne de sa "tristesse", après que plusieurs milliers d'hommes des forces anti-émeute eurent entrepris vers 2H00 du matin (00H00 GMT) de repousser les manifestants et de démanteler les barricades. Les policiers, qui avaient d'abord réussi à reprendre le contrôle d'un tiers environ de la place, ont été ensuite bloqués par l'afflux de milliers de manifestants. Malgré des échauffourées qui ont fait quelques blessés de part et d'autre, ils ont agi de manière relativement calme, faisant usage de leur bouclier pour repousser la foule. Onze manifestants ont été interpellés, selon l'opposition.
Un peu plus tard, en début de matinée, les forces de l'ordre ont tenté également de reprendre aux manifestants la mairie de Kiev, non loin de la place de l'Indépendance, que l'opposition occupe et dont elle a fait son QG depuis dimanche. Les policiers, faisant usage de leurs matraques, ont cependant dû repartir là aussi, après avoir été aspergés avec une lance à incendie par moins dix degrés environ, et face à une foule hostile.
La vague actuelle de contestation est née de la décision, fin novembre, du pouvoir ukrainien de renoncer à un accord d'association en préparation depuis plusieurs années avec l'UE, pour se tourner vers la Russie. Moscou avait menacé de mesures de rétorsion et fait miroiter des milliards de dollars à l'Ukraine, ancienne république soviétique de 46 millions d'habitants, en profonde crise économique et financière. L'opposition accuse M. Ianoukovitch de préparer en secret l'entrée de l'Ukraine dans l'Union douanière établie par Moscou avec d'anciennes républiques soviétiques.
Déblayer la neige...
Le Premier ministre Mykola Azarov a affirmé aujourd'hui que les opérations policières n'avaient en fait été destinées qu'au "déblaiement des voies publiques enneigées". Il a assuré que l'entrée de l'Ukraine dans l'Union douanière proposée par Moscou n'était pas d'actualité. Les présidents russe et ukrainien doivent se rencontrer le 17 décembre à Moscou.
Le Premier ministre a affirmé en revanche que Kiev était prêt à signer un accord d'association avec l'UE, moyennant cependant une aide de 20 milliards d'euros en investissements. Si l'Ukraine n'a pas signé l'accord d'association avec l'UE, c'est pour des raisons exclusivement économiques, a-t-il assuré.
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Le gifleur gifle , l'arroseur arrose . Les nikrainriens seront sauves des griffes du bluff eurodecadent .
14 h 11, le 11 décembre 2013