Environ 80% des 100 millions de Philippins sont catholiques, héritage de la colonisation espagnole. Ils témoignaient de leur foi dimanche à travers le centre du pays dévasté. AFP PHOTO / RICHARD SARGENT
Des survivants en deuil du typhon meurtrier qui a ravagé les Philippines, pays majoritairement catholique, tentaient de trouver un peu de réconfort et d'espoir dimanche dans les églises dévastées de villes en ruines.
Neuf jours après le passage de l'un des typhons les plus puissants de l'histoire, tuant des milliers de personnes, les cloches ont sonné pour appeler à la messe des fidèles qui se sont échappés un moment de leur lutte pour la survie dans des îles ravagées où l'aide arrive enfin.
A Guiuan, première ville frappée par Haiyan, quelque 300 personnes se sont rassemblées sur le parvis de l'église de l'Immaculée Conception, édifice de 400 ans très endommagé.
Un homme a grimpé en haut du beffroi pour frapper avec une barre de fer sur une énorme cloche. Les paroissiens, certains pleurant en silence, ont écouté debout au milieu des ruines le sermon du père Arturo Cablao, qui a salué la force de cette population privée de tout.
Environ 80% des 100 millions de Philippins sont catholiques, héritage de la colonisation espagnole. Ils témoignaient de leur foi dimanche à travers le centre du pays dévasté.
"Je veux remercier le Seigneur. Nous lui avons demandé d'aider tous les survivants du typhon, pour qu'ils puissent manger et continuer à vivre une vie que nous espérons plus heureuse", a commenté Belen Curila, 71 ans.
"S'il n'y a pas de Dieu, qui d'autre est là ? Il est notre seul espoir", a ajouté Bibeth Sabulao, une autre paroissienne, alors que les critiques ont été nombreuses sur la lenteur de l'arrivée de l'aide.
(Témoignage : Des ressortissantes philippines au Liban racontent le cauchemar de leurs proches)
A Tacloban, capitale de l'île de Leyte particulièrement meurtrie, des centaines de fidèles se sont pressés sur les bancs détrempés de l'église Santo Nino, édifice de 124 ans qui a perdu son toit.
Après la messe, Violeta Simbulan, 63 ans, se sentait réconfortée par le sermon assurant que Dieu serait toujours là. "Je suis rassurée, aussi longtemps que je garde la foi, et que je prie constamment".
Les fidèles ne cessent de demander pourquoi la catastrophe s'est produite, a indiqué le père Edwin Bacaltos, de l'église rédemptoriste de Tacloban. "Je ne leur ai pas donné de réponse théologique. J'ai simplement écouté en restant silencieux. Ce n'est pas le moment de raisonner".
Le prêtre a fondu en larmes pendant la première messe après le typhon dimanche dernier.
"J'ai vu tellement de morts", a-t-il expliqué. "Mais ce n'est pas une punition de Dieu. Je leur ai dit que Dieu est compatissant. Il ne nous abandonnera pas".
L'aide prend son envol
Pendant ce temps, les opérations d'assistance se poursuivaient à un rythme désormais soutenu.
Le président philippin Benigno Aquino a appelé ses concitoyens à comprendre les difficultés logistiques. "S'il-vous-plaît, soyez patients. Les zones affectées sont très étendues", a-t-il déclaré sur place. "Ne perdez pas espoir".
(Pour mémoire : Attaque au couteau ou pillage, la peur s'installe dans une ville ravagée des Philippines)
L'arrivée de l'aide "était plutôt lente au début, mais cela s'arrange", a indiqué à l'AFP Samir Wanmali, coordinateur d'urgence du Programme alimentaire mondial de l'ONU (PAM).
Cette accélération a notamment été permise par l'arrivée jeudi soir du porte-avions américain George Washington et de ses milliers de marins. Hélicoptères et avions américains font depuis des rotations incessantes pour apporter nourriture, eau et tentes à Tacloban, mais aussi dans des zones isolées.
Un navire de guerre britannique doit arriver dimanche de Singapour et Londres a annoncé le déploiement d'un porte-hélicoptères d'ici le 25 novembre. Tokyo va envoyer 1.200 soldats.
Le dernier bilan du gouvernement fait état de 3.681 morts et de 1.186 disparus. Celui de l'ONU de près de 4.500 morts. Mais dans cette situation d'apocalypse, où des corps gisent toujours dans les rues, le nombre de victimes pourrait grimper.
Selon les Nations unies, 9 à 13 millions de personnes ont été touchées par le typhon accompagné de vents à plus de 300 km/heure et de vagues de cinq mètres et trois millions ont été déplacées.
Des images spectaculaires de la puissance destructrice de ces vagues s'engouffrant dans la ville de Hernani, sur Samar, ont fait leur apparition ce week-end. "C'était comme un énorme tsunami", a commenté Nickson Gensi, de l'ONG Plan International, auteur de ce film.
Le secrétaire de l'ONU Ban Ki-moon avait souligné samedi que le typhon était "un avertissement urgent à la Terre" et que le changement climatique devait être pris au sérieux.
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Reste l'homme ...il est là ! puisque c'est lui qui a inventé dieu et les dieux...en finalité ....il vaudrait mieux peut être? croire en soi....! Ok, j'admet que c'est moins facile....
14 h 11, le 17 novembre 2013