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À La Une - Terrorisme

Les alaouites du Liban s’opposeront-ils à la justice ?

Mikati affirme que le sort du Parti arabe démocratique pourrait être examiné par le gouvernement sortant.

Des portraits des familles Assad et Eid dans une rue de Jabal Mohsen, à Tripoli, dans le nord du Liban. Joseph Eid/AFP

Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Sakr Sakr, a engagé hier des poursuites contre le chef du Parti arabe démocratique (PAD), Ali Eid, et l’un de ses adjoints, Ahmad Mohammad Ali, en détention, pour avoir facilité la fuite d’un suspect en Syrie.


M. Sakr avait émis lundi un mandat de recherche à l’encontre de M. Eid, ancien député et leader des alaouites de Tripoli. Ce dernier est soupçonné d’avoir aidé Ahmad Merhi, le principal suspect dans le double attentat meurtrier de Tripoli, le 23 août, à fuir en Syrie. Ahmad Mohammad Ali, chauffeur de Rifaat Ali Eid, fils de Ali Eid, aurait avoué lors de son interrogatoire avoir aidé Ahmad Merhi à fuir en Syrie à la demande de l’ancien député. Les deux suspects risquent deux ans de prison s’ils sont reconnus coupables.


Le juge Sakr a aussi engagé des poursuites contre la ressortissante syrienne Soukaïna Ismaïl pour « implication dans des actes terroristes et pour avoir accompagné des individus qui ont conduit les deux voitures piégées de Syrie au Liban ». Le Libanais Chehadé Chdoud a, quant à lui, été accusé d’avoir aidé Soukaïna Ismaïl à fuir en Syrie. Le juge Sakr a transféré les dossiers au premier juge d’instruction militaire Riad Abou Ghida.


Dans des propos publiés hier par le journal al-Hayat, le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, affirme que « rien n’empêche Ali Eid de comparaître devant la justice alors qu’il nie tout lien avec Ahmad Merhi ». Il ajoute que son gouvernement pourrait, le cas échéant, étudier le sort de ce parti alaouite.


Interrogé hier par la chaîne LBCI, le responsable de l’information au sein du PAD, Abdellatif Saleh, a affirmé que « les habitants de Jabal Mohsen sont assiégés comme ceux de la bande de Gaza ». « La différence, c’est qu’eux sont assiégés par Israël alors que nous, nous le sommes par nos compatriotes libanais », a-t-il déclaré. Suite à la décision, lundi, d’émettre un mandat de recherche à l’encontre de Ali Eid, Rifaat Eid, secrétaire général du PAD, a affirmé que ce mandat visait à « jeter de l’huile sur le feu ». Il a également indiqué que son parti s’apprêtait à manifester pour protester contre les récentes attaques perpétrées contre la communauté alaouite à Tripoli. « Nous allons organiser une marche pacifique de Jabal Mohsen à la place el-Nour à Tripoli », a-t-il dit. Cette marche devrait avoir lieu vendredi. « L’État est appelé à protéger cette marche, et au pire des cas, nous devons nous attendre à un nouveau Kerbala », a-t-il ajouté, en référence à la bataille de Kerbala au cours de laquelle l’imam Hussein, petit-fils du prophète Mohammad, a été tué en l’an 680 en Irak par les Omeyyades. La bataille de Kerbala marque la rupture entre sunnites et chiites.


Sauf que le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, a confirmé avoir refusé de délivrer un permis de manifester au PAD, précisant qu’il ferait de même avec « toute autre demande ». Député alaouite et haririen de Tripoli, Badr Wannous s’était d’ailleurs insurgé contre la requête du PAD, qualifié d’« aventurisme débordant », et souhaité que le mohafez du Nord ne l’autorise en aucun cas.


Jeudi dernier, Ali Eid avait affirmé qu’il ne répondrait pas à la convocation que lui ont adressée les services de renseignements des Forces de sécurité intérieure. À la mi-octobre, Rifaat Eid avait également rejeté les accusations portées contre des habitants de Jabal Mohsen dans le double attentat de Tripoli.


L’enquête des services de renseignements des FSI a montré que cinq personnes menées par Hayan Ramadan, de Jabal Mohsen, sont impliquées dans le double attentat de Tripoli qui a fait plus de 50 morts et des centaines de blessés. Parmi les cinq suspects figure Youssef Diab, 17 ans, également de Jabal Mohsen, dont l’arrestation par les services de renseignements des FSI avait causé une flambée de violence à Tripoli entre le quartier de Jabal Mohsen et celui de Bab el-Tebbaneh.


La crise syrienne alimente les tensions confessionnelles au Liban, et notamment à Tripoli, capitale du Liban-Nord à majorité sunnite, mais comprenant notamment une minorité alaouite. Un énième round d’affrontements entre Bab el-Tebbaneh (à majorité sunnite et antirégime syrien) et Jabal Mohsen (à majorité alaouite et pro-Assad), deux quartiers miséreux et historiquement rivaux, a fait 14 morts entre le 21 et le 28 octobre dernier.

 

 

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