Achraf Rifi a multiplié en orateur politique les hommages samedi à la mémoire de son compagnon de route, au meeting du BIEL. Photo Sami Ayad
Un meeting oratoire sobre, dépouillé, ponctué de reportages et de témoignages d’amis, qui a également été l’occasion pour le Futur de rendre hommage à tous les exploits accomplis par les services de renseignements des Forces de sécurité intérieure, notamment dans l’affaire toute récente du double attentat de Tripoli.
Achraf Rifi
Premier à prendre la parole l’ancien patron des FSI, le général Achraf Rifi, dans son style dépareillé, évoque la mémoire de son compagnon de route et de l’aspirant Ahmad Sahiouni, tombés il y a un an dans l’attentat d’Achrafieh ; un crime qu’il situe dans la lignée de la série noire criminelle qui a visé tour à tour des personnalités du 14 Mars et des FSI depuis octobre 2004, date de l’attentat contre Marwan Hamadé. « Nos héros ont lutté pour une patrie souveraine et indépendante, libérée de la tutelle et de l’occupation, une patrie gouvernée par ses fils, tous ses fils, à l’ombre de l’État et de la légalité, exclusivement. Ils ont cru dans le fait que l’occupation, la tutelle, l’hégémonie et les armes illégales sont illégitimes, que les armes illégitimes et illégales finiraient inéluctablement par dévier de leurs objectifs, malgré la noblesse de leur mission initiale », dit-il.
Achraf Rifi rappelle ensuite la lutte ardue et à grand risque menée par Wissam el-Hassan et lui-même contre le crime et le terrorisme, ainsi que leurs travaux pour accompagner les travaux de la commission d’enquête internationale, « une occasion en or pour ce pays, voire pour l’Orient, de sanctionner le grand assassin ». « Nous avons cru que la justice seule dissuaderait les assassins, assurerait la sécurité et la stabilité, et protégerait le pays et les composantes libanaises de la vengeance », souligne-t-il, rendant hommage un par un à tous les officiers des FSI tombés pour que la vérité soit établie et la justice rendue dans l’affaire Rafic Hariri.
Farid Makary
À son tour, le vice-président de la Chambre, Farid Makary rend hommage à la figure sécuritaire dont le mérite fondamental est d’avoir « transgressé certains tabous » notamment en découvrant le complot Samaha-Mamelouk et « les tentatives du régime syrien d’attaquer par traîtrise le Liban et son peuple », ce qui a poussé « la machine infernale dont l’identité est bien connue à tracer, avec son sang, des lignes rouges à tous les responsables libanais ». « Celui qui annihile son peuple n’hésite pas à mettre fin à l’existence d’un responsable sécuritaire libanais qui le dérange ; et celui qui aide un régime dictatorial dans ses massacres n’hésitera pas à appliquer ses ordres en assassinant ceux qui lui font barrage », affirme ainsi Makary.
Évoquant les exploits des renseignements des FSI et le « génie » de Wissam el-Hassan, qui « doit être de là où il se trouve fier des découvertes de la section concernant les deux attentats de Tripoli », Farid Makary affirme : « Une fois de plus, les pistes du sang mènent au régime de Damas et à ses instruments au Liban. Tous ceux qui défendent ce régime, pour n’importe quel prétexte et n’importe quel moyen que ce soit, sont des comparses qui ne sont pas moins coupables que ceux qui ont transporté ou planté les bombes. Tous ceux qui sacrifient une goutte de sang pour le maintien de ce régime au pouvoir commettent un crime aussi grave que ceux du régime contre son peuple. »
« Quant à nous, nous poursuivrons notre confrontation avec ce régime. S’il s’avère vrai qu’il a conclu un marché ou qu’il a acheté quelque sursis, nous ferons une lecture des changements... mais nous ne changerons pas de position. Que la guerre en Syrie soit longue ou courte, nous continuerons à défendre la souveraineté du Liban par tous les moyens, et continuerons à soutenir le peuple syrien, par nos positions politiques claires et franches », ajoute-t-il.
Ahmad Hariri
Dans une allocution au nom de Saad Hariri, le secrétaire général du Futur, Ahmad Hariri, évoque à son tour les exploits sécuritaires de Wissam el-Hassan face au « criminel syrien », notamment ce tour de force constitué par l’affaire Samaha-Mamelouk. Mais Ahmad Hariri rend également hommage au successeur de Hassan, Imad Osman, dont l’équipe a débusqué les terroristes derrière les deux derniers attentats de Tripoli. Deux attentats, qui selon lui visaient à fomenter, après ceux de la banlieue sud, une discorde sectaire et à « retourner les Libanais les uns contre les autres », dans « l’esprit des techniques utilisées par le régime Assad depuis l’ère de la tutelle, afin que l’unité nationale libanaise soit toujours mise à épreuve. Mais le régime Assad a une fois de plus fait erreur : ses bombes sont bien arrivées à Tripoli et ont explosé, mais Tripoli n’a pas implosé ».
Ahmad Hariri s’en prend ensuite à la revendication du tiers de blocage par le Hezbollah, une « épée de Damoclès de la paralysie brandie au-dessus du cabinet d’union nationale », que le parti chiite prétend pourtant vouloir. « Ils veulent le tiers pour bloquer, et s’attachent au triptyque armée-peuple-résistance parce qu’il sape les fondations de l’État. Ils aspirent à la répartition par tiers pour torpiller aussi la parité. Le Futur n’acceptera pas le tiers paralysant ni la consécration du triptyque du chaos et ne laissera certainement aucune chance à la répartition par tiers. La parité est le secret du Liban », note-t-il.
Ahmad Hariri dirige ensuite ses foudres contre le régime syrien, assimilant Wissam el-Hassan aux « hommes libres qui meurent en Syrie ». « Les opprimés forment un seul corps, les oppresseurs aussi. Le destin de Wissam est d’avoir rejoint la liste des opprimés, qui est une liste d’honneur pleine de vie, car la vie est le destin des peuples, et la disparition celui des tyrans, à commencer par celui de Damas, qui a suffisamment sévi à coups de corruption, de meurtres et de destruction », ajoute-t-il, avant de rendre un vibrant hommage au peuple syrien, qui se trouve « aux portes de la victoire ». Et de conclure : « Ce peuple qui a réalisé des exploits glorieux n’acceptera pas, quels que soient les accords et les rapprochements des autres, moins qu’une Syrie libre, démocratique et pluraliste, sans Assad, digne des Syriens et des sacrifices qu’ils ont consentis. »
L’allocution finale, celle de la famille, a été prononcée par l’ambassadeur Zafer el-Hassan.
Il convient enfin de signaler que le Premier ministre désigné, Tammam Salam, et le chef du bloc du Futur, Fouad Siniora, ont également rendu hommage à la mémoire de Wissam el-Hassan en marge du meeting du BIEL.


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