Le président français François Hollande a appelé ses ministres à faire preuve de resposnabilité, lors du Conseil du 2 octobre 2013. AFP PHOTO /ERIC FEFERBERG
Le président français François hollande est monté mercredi une nouvelle fois en première ligne pour obtenir de son gouvernement "unité" et "solidarité", au terme d'une semaine de divisions et de difficultés sur plusieurs dossiers intérieurs.
Depuis son entrée en fonctions en 2012, le président socialiste s'était abstenu de critiquer son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Mercredi, lors du Conseil des ministres hebdomadaire, il lui a demandé de "veiller encore davantage à la coordination du travail et à l'expression gouvernementale", selon la porte-parole de l'exécutif, Najat Vallaud-Belkacem.
En moins d'une semaine, le gouvernement français a donné le spectacle de ministres s'invectivant en public sur l'intégration des Roms dans la société française et montré des difficultés à avoir des positions claires sur le travail le dimanche ou sur la réforme controversée des rythmes scolaires.
La vie du gouvernement a été émaillée depuis plus d'un an de couacs et de contradictions dans l'expression des membres de l'exécutif. Mais après l'éviction en juillet de sa ministre à l'Ecologie, coupable d'avoir critiqué la faiblesse de son budget, Jean-Marc Ayrault avait semblé avoir redressé la barre de la cohésion gouvernementale.
En vain. Celle-ci a volé en éclats avec des déclarations la semaine dernière de Manuel Valls (Intérieur) assurant que les Roms n'ont pas vocation à s'intégrer en France en raison de leur mode de vie mais à être reconduits en Bulgarie et Roumanie. Ce qui lui a valu aussitôt de vives critiques de l'écologiste Cécile Duflot, ministre au Logement pour qui les valeurs de la République sont bafouées avec de tels propos.
Le Premier ministre n'a pas tranché dans le vif. Il est intervenu publiquement mardi pour prendre le contre-pied de Manuel Valls, en jugeant que les Roms pouvaient s'intégrer en France.
Plus jamais ça ?
"Participer à un gouvernement n'efface pas les sensibilités mais impose la stricte application des règles (...) de solidarité, d'unité et de responsabilité", a souligné Mme Vallaud-Belkacem en rendant compte des déclarations de François hollande lors du Conseil des ministres.
Le président "a appelé chaque ministre autour de la table à faire preuve de responsabilité, indéniablement cela signifie qu'une polémique comme celle à laquelle nous avons assisté ces derniers jours ne pourra plus se reproduire", a-t-elle ajouté. Selon elle, François Hollande "a déploré avoir à faire cette mise au point et a dit clairement ne pas vouloir le refaire à l'avenir, tout le monde a compris autour de la table".
Avant cette réunion, une ministre, citée par le quotidien Le Figaro, avait prédit sous couvert d'anonymat une ambiance "un peu pourrie" dans la salle du Conseil.
Pour le politologue Jérôme Fourquet, la "multiplication de divergences sur des sujets importants comme la sécurité remet en cause l'autorité du chef de l'Etat et, au delà, la cohérence et la lisibilité de ses orientations".
Dossiers épineux
Outre le recadrage de son gouvernement, François Hollande, qui reste impopulaire (seulement 32% de bonnes opinions), est actuellement confronté à deux dossiers intérieurs qui requièrent son arbitrage en raison de leurs enjeux électoraux potentiels.
Depuis le week-end dernier, des grands magasins de bricolage sont engagés dans un bras de fer avec les autorités, en refusant de fermer le dimanche quitte à payer une forte amende. Le travail le dimanche reste dans la loi française une exception mais se heurte à la réalité d'une crise économique toujours vive et un chômage très élevé (plus de 3 millions de personnes).
Sur fond de manifestation à Paris, des défenseurs des bricoleurs du dimanche devaient être reçus mercredi à l'Elysée.
La réforme des rythmes scolaires qui fait désormais travailler les enfants le mercredi matin est un autre sujet empoisonné pour le pouvoir. François Hollande a présidé mercredi une réunion ministérielle spécifique sur le sujet afin de tenter de la remettre sur rails.
Cette réforme a fait renouer en septembre certaines communes avec la semaine de 4,5 jours, supprimée par la droite en 2008. Les autres doivent l'appliquer lors de la rentrée 2014. Mais dans la pratique, les appels de parents à la désobéissance se multiplient, des enfants se plaignent de fatigue et l'opposition de droite réclame le report de la réforme, arguant de "la colère du peuple de France".
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Depuis son entrée en fonctions en 2012, le président socialiste s'était abstenu de critiquer son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Mercredi, lors du Conseil des ministres hebdomadaire, il lui a demandé de "veiller encore davantage à la coordination du travail et à l'expression gouvernementale", selon la porte-parole de l'exécutif, Najat Vallaud-Belkacem.
En moins d'une semaine, le gouvernement français a donné le spectacle de ministres s'invectivant en public sur l'intégration des Roms dans la société française et montré des difficultés à avoir des positions claires...


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BIEN VU, FRANÇOIS....
04 h 59, le 03 octobre 2013