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Liban

Boutros Assaker, nouvel ambassadeur de la Ligue arabe à Paris

10/09/2013
Depuis le début de ce mois de septembre, M. Boutros Assaker, ancien ambassadeur du Liban en France, assume désormais la fonction d’ambassadeur de la Ligue arabe à Paris. Cette dernière nomination couronne une carrière foisonnante, marquée du double sceau de l’efficacité et de la discrétion, deux conditions inhérentes à l’excellence diplomatique.
Tout au long de son parcours qui l’a mené de Bogota puis Belgrade à Rome, Moscou et enfin Paris, après un passage au ministère des AE en tant que directeur des affaires politiques et secrétaire général, Boutros Assaker a poursuivi une action « légaliste » en tous points, loin de toute allégeance politique autre que le service de l’État et de ses citoyens à l’étranger. Une action récompensée par des décorations (l’ordre du « Grand Ufficialato », pour l’Italie, l’ordre supérieur de l’Amitié, pour la Russie, et la Légion d’honneur au rang de commandeur, pour la France) qui disent l’appréciation des pays hôtes à l’égard de ce diplomate affable qui, plus est, forme un tandem émérite avec son épouse Najla Riachi Assaker, ambassadrice du Liban auprès de l’ONU à Genève.
Assaker devait également représenter le gouvernement libanais auprès du Conseil de sécurité des Nations unies lors des réunions pour l’établissement de la commission d’enquête et du Tribunal spécial pour le Liban concernant l’assassinat du Premier ministre Rafic Hariri (2005-2006).
À Paris, il occupa le poste d’ambassadeur en juillet 2007 à une période éminemment délicate pour le Liban, et quelques mois seulement après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, succédant à Jacques Chirac. Ces années allaient être marquées par le changement de cap initié par Sarkozy dans la politique étrangère de la France vis-à-vis du monde arabe en général et de la Syrie en particulier. Le but déclaré de la nouvelle orientation imprimée par le président Sarkozy dès son accession à la tête de l’État fut l’établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie, et l’échange d’ambassadeurs entre les deux pays, et cette politique, il la revendiqua à nouveau à son actif, lors de la campagne électorale de 2012 qui l’opposa à François Hollande.
Soucieux de défendre une certaine image du Liban, indépendant, souverain et uni à travers ses institutions constitutionnelles, l’ambassadeur Assaker a toujours clairement énoncé devant ses interlocuteurs français les principes consensuels sur lesquels repose la vie politique libanaise (que la France, de par ses liens privilégiés avec le Liban, connaît mieux que n’importe quel autre pays), à savoir l’équilibre et la coexistence communautaires, le respect de l’indépendance du Liban et la nécessité de le préserver des turbulences régionales.
La ligne « étatique » suivie par M. Assaker, sa pondération et sa connaissance des arcanes diplomatiques lui ont notamment attiré l’estime et la confiance des autorités françaises, comme dans tout pays où il fut accrédité. Ces qualités ainsi que son sens de l’ouverture lui ont permis de rassembler, à de multiples occasions, la diaspora libanaise en France, toutes sensibilités politiques confondues, autour de dates symboles, comme la fête de l’Indépendance, organisée chaque année au pavillon Dauphine, ou les visites officielles des présidents de la République, du Parlement et du gouvernement.
Parallèlement, l’ambassadeur a eu à cœur d’encourager et de soutenir les activités culturelles et associatives développées par les Libanais de France. Dans un pays où les lettres et les arts occupent une place prépondérante, la culture demeure un volet essentiel de la mission d’un ambassadeur du Liban, d’autant qu’il représente un pays francophone doté d’une réserve de talents inépuisable dans tous les domaines : arts plastiques, littérature, musique, cinéma, théâtre, photographie... Au cours de son mandat à l’ambassade du Liban à Paris, Boutros Assaker fut donc au cœur de nombreux événements culturels, à l’instar de la « Semaine du Liban » organisée conjointement avec la mairie du 16e, en septembre 2012, et considérée comme un succès. C’est sous son patronage que fut également organisé le Salon du « Liban en France » (2010), visant à promouvoir les produits libanais en France et créer des partenariats entre les secteurs privés libanais et français.
Avec l’expérience qui est la sienne, Boutros Assaker représente désormais la Ligue arabe auprès du gouvernement français. Une Ligue arabe mise au défi des tensions créées par le contexte bouillonnant dans lequel est plongé le Moyen-Orient, la crise syrienne, les révolutions en cours dans le monde arabe et les luttes d’influence régionales. Une tâche particulièrement délicate pour ce diplomate chevronné, qui trouvera là un nouveau défi à sa mesure.

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