AFP/G20RUSSIE
L'ambiance promettait d'être tendue au dîner officiel du sommet du G20 jeudi à Saint-Pétersbourg, plombée par les antagonismes entre Barack Obama et Vladimir Poutine sur une éventuelle intervention militaire en Syrie.
Les partisans d'une telle option, menés par Barack Obama, sont venus chercher au G20 des soutiens, mais ils se heurtent aux dirigeants intransigeants russes et chinois.
Vers 17H20 GMT, la majorité des hôtes de marque du dîner, emmenés par le président russe Vladimir Poutine, avaient rejoint l'imposante bâtisse, illuminée avec faste pour l'occasion, en traversant à pied un vaste parc.
Le président américain est arrivé seul, bien après les autres chefs d'État et de gouvernement menés par le maître de cérémonie Vladimir Poutine, pour le premier dîner du G20 pendant lequel la crise syrienne devait être abordée.
M. Obama s'est engagé seul vers 17H50 GMT, soit environ une demi-heure après la majorité des autres invités, dans l'allée conduisant au palais de Peterhof.
Avant le dîner, on a pu voir par exemple M. Poutine s'entretenant avec la présidente argentine Cristina Kirchner, ou un conciliabule entre le président français François Hollande, le Premier ministre britannique David Cameron et la chancelière allemande Angela Merkel.
Les Européens, qui tente d'accorder leurs violons sur la Syrie, ont d'ailleurs poursuivi leur conversation une fois entrés dans la salle du dîner, cette fois autour de M. Obama. Les caméras ont aussi montré un bref échange du président américain avec le secrétaire général des Nations-Unies, Ban-ki Moon.
Chamboulant le programme officiel pour faire place au thème qui domine de facto ce sommet traditionnellement économique, M. Poutine avait déclaré plus tôt que le dîner serait l'occasion de discussions sur la Syrie.
"Certains participants m'ont demandé de donner le temps et la possibilité de discuter d'autres sujets très urgents de politique internationale, en particulier la situation autour de la Syrie. Je suggère de le faire pendant le dîner", a dit M. Poutine sous les ors du Palais Constantin de l'ancienne capitale impériale.
Cette apparente ouverture dans un jeu diplomatique ultra-tendu, est tombée quelques minutes après une poignée de main assortie d'un sourire diplomatique avec Barack Obama, alors que les deux hommes entretiennent de mauvaises relations.
Auparavant, lors d'une rencontre avec le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, M. Obama avait déclaré que les leaders mondiaux réunis devraient "admettre que l'utilisation d'armes chimiques en Syrie n'était pas seulement une tragédie mais aussi une violation du droit international qui devait être réglée".
Les Etats-Unis et leurs alliés accusent le régime de Bachar el-Assad d'avoir causé la mort de centaines de civils avec des armes chimiques le 21 août.
"Ce G20 est dominé par ce qui se passe au niveau international et donc par la crise syrienne", a déclaré à la presse François Hollande, l'autre grand partisan d'une intervention, qui a notamment rencontré le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, également favorable à l'option militaire et dont les troupes se renforcent à la frontière syrienne, selon les médias turcs.
(Lire aussi : Après les armes chimiques, l'éventuelle menace biologique syrienne inquiète)
Mais malgré les sourires pour les photos, le camp des bellicistes se heurte au soutien de la Russie au régime de Bachar el-Assad et à la résistance de la Chine.
"La situation actuelle montre que la solution politique est la seule voie" possible pour régler la crise, a déclaré jeudi un porte-parole de la délégation chinoise.
La tension monte
Depuis mercredi, les déclarations menaçantes et les intimidations se sont multipliées et, jeudi, trois navires de guerre russes ont franchi le détroit turc du Bosphore pour se rendre près des côtes syriennes.
La tension monte à mesure qu'approche le 9 septembre, date officielle de la rentrée des parlementaires américains qui seront appelés à se prononcer pour ou contre des frappes américaines.
Depuis Saint-Pétersbourg, Barack Obama devait jeudi continuer à exercer une pression sur les élus pour obtenir leur soutien.
Le même lundi 9 septembre, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, sera chez son allié russe, à Moscou, pour faire "un examen complet de tous les aspects de la situation actuelle", selon le ministère russe des Affaires étrangères.
(Lire aussi : Syrie : Ultimes passes d'armes avant le passage à l'acte)
Efforts pour la paix
Dans ce contexte lourd de menaces, l'Onu et le Vatican tentent de peser en faveur de la paix.
L'organisation internationale a annoncé l'arrivée surprise en Russie de son envoyé spécial, Lakhdar Brahimi, qui est également celui de la Ligue arabe, pour aider le secrétaire général, Ban Ki-moon, à faire avancer la conférence internationale pour la Syrie, dite Genève-2.
"Une solution politique est le seul moyen d'éviter un bain de sang", a déclaré Ban Ki-moon dans un communiqué.
M. Brahimi participera à un repas de travail avec les ministres des Affaires étrangères du G20 vendredi.
L'Eglise catholique se mobilise aussi d'une manière inédite depuis sa campagne contre la guerre d'Irak en 2003.
Le pape François a notamment écrit une lettre à M. Poutine, en tant que président du G20, pour prôner une solution de paix en Syrie.
Les principaux pays européens sont désunis, avec une France seule à vouloir attaquer la Syrie.
"Cette guerre doit prendre fin et cela ne se fera que politiquement", tandis que "l'Allemagne ne s'associera en aucun cas à une action militaire", a ainsi déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel, qui a rendu une visite impromptue à François Hollande en marge du sommet.
D'ailleurs, les représentants européens présents à Saint-Pétersbourg (UE, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Espagne) devaient se rencontrer pour harmoniser leur position sur la Syrie juste avant le dîner, qui n'avait toujours pas commencé à 16H00 GMT, heure initialement prévue.
Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union européenne vont se réunir vendredi et samedi à Vilnius pour tenter de trouver une position commune. John Kerry, leur homologue américain, pourrait les rejoindre samedi.
(Lire aussi : Pour le Hezbollah, une frappe contre la Syrie "menacerait la paix civile dans la région)
Sur le terrain, la chef des opérations humanitaires des Nations unies, Valerie Amos, est arrivée jeudi à Damas pour des entretiens avec des responsables syriens.
Près de deux millions de Syriens ont fui leur pays, selon l'Onu, et plus d'un quart de ceux ayant trouvé refuge au Liban ne recevront plus d'aide alimentaire à partir d'octobre en raison du manque de fonds, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).
A l'ouest de Damas, quatre personnes sont mortes et six ont été blessées dans un attentat à la voiture piégée.
Le Hezbollah chiite libanais, principal allié du régime de Damas, a accusé les auteurs d'éventuelles frappes de se livrer à "un terrorisme planifié".
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Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
MAIS NON ! AU "MENU" : LA PARTITION DE SŒUR- SYRIE.... Yîîîh !
14 h 27, le 06 septembre 2013