Syrie

Massacre près de Damas : l'opposition parle d'armes chimiques et de 1.300 morts

Le carnage porte le coup de grâce aux efforts politiques pour la résolution du conflit, affirme Sabra.

Le regard effaré d'une jeune syrienne, survivante d'un massacre qui a fait près de 1.300 morts près de Damas, le 21 aout 2013. Photo YouTube

Un nouveau massacre a été perpétré par le régime syrien dans la banlieue de Damas ce mercredi, rapporte l'opposition syrienne. Un massacre d'une ampleur monstrueuse, puisque le dernier bilan avancé par l'opposition est de 1.300 tués, dont de nombreux enfants.

Un massacre perpétré, selon plusieurs sources de l'opposition syrienne, avec des armes chimiques, et ce alors même que des experts de l'ONU sont en Syrie pour enquêter sur l'utilisation d'armes chimiques.

 

Depuis mercredi matin, des militants syriens affirment que l'armée de Bachar el-Assad a fait usage de gaz toxiques lors de bombardements dans la région de Damas où les forces loyalistes ont lancé une vaste opération à l'aube.

 

Les Comités populaires de coordination ont fait état, dans un communiqué, de "l'utilisation (...) de gaz toxiques de la part du régime criminel sur des localités de la Ghouta orientale", alors que la Commission générale de la révolution syrienne a diffusé sur YouTube des vidéos présentées comme illustrant "un massacre épouvantable commis par les forces du régime à l'aide de gaz toxiques, faisant plusieurs dizaines de martyrs et de blessés".

 

Sur l'une des vidéos, on peut voir des enfants dans un hôpital de campagne où on tente de leur fournir les premiers soins et leur mettre des masques à oxygène pour les aider à respirer, alors que des médecins tentent de ranimer d'autres enfants dont les corps ne portent pas de traces de sang et qui paraissent inconscients.

Dans une autre vidéo plusieurs dizaines de corps, dont ceux d'enfants, gisent au sol recouverts à moitié par des draps blancs. "Génocide dans la ville de Madhamiyah avec des armes chimiques", crie le caméraman. Paniqué, il s'interroge : "Mes parents? mon père et ma mère? Où sont-ils?"

 

(Ici, une vidéo mise en ligne par les Comités populaire de Jesrin, dans la Ghouta orientale. Attention, les images sont choquantes)

 

Mercredi matin, des opposants avaient indiqué à Reuters que cette attaque a fait au moins 213 tués, dont des femmes et des enfants et avaient précisé que l'attaque a été menée à la roquette et a principalement frappé les banlieues d'Ain Tarma, de Zamalka et de Djobar.

 


Carte réalisée par Elie Wehbé

 

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a déclaré, de son côté, qu'au moins 100 personnes ont été tuées dans de violents bombardements des forces loyalistes contre des localités de la région de Damas, sans parler d'une possible utilisation de gaz toxiques. "Après minuit, les forces du régime ont intensifié leurs opérations militaires dans les zones de la Ghouta orientale et la Ghouta occidentale, dans la région de Damas, en ayant recours à l'aviation et aux lance-roquettes, ce qui a causé plusieurs dizaines de morts et de blessés", a indiqué l'ONG.

Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a précisé que l'opération se concentrait sur la localité de Madhamiyah el-Cham au sud-ouest de la capitale.

 

Les accusations portées par les militants sur les armes chimiques n'ont pu être vérifiées de façon indépendante.

 

Les autorités et l'armée syriennes ont démenti l'utilisation d'agents chimiques. "Ces allégations (colportées) par les groupes terroristes et les chaînes satellitaires les soutenant ne sont qu'une tentative désespérée de cacher leurs échecs sur le terrain et reflètent l'état d'hystérie et d'effondrement dans lequel se trouvent ces groupes", lit-on dans le communiqué de l'armée.

 

 

Des volontaires aident des victimes des bombardement dans la Ghouta. Photo transmise par les mouvemetn rebelle Shaam News Network. AFP/HO

 

 

(Repère : Les armes chimiques du régime syrien, un arsenal mystérieux)

 

Les experts sur le terrain

Ces nouvelles accusations interviennent alors que les experts de l'ONU sont arrivés dimanche dernier à Damas pour tenter de déterminer si des armes chimiques ont été utilisées dans le conflit. Ils ont commencé lundi leur travail dans le plus grand secret.

 

Le chef de l'opposition syrienne, Ahmad Jarba, a réclamé une réunion urgente du Conseil de sécurité sur le "massacre" commis dans la région de Damas, et appelé les experts de l'ONU à se rendre sur le lieu des bombardements. Un peu plus tard, l'opposition a dénoncé la communauté internationale "complice" par son silence et déclaré, par la voix de George Sabra, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse à Istanbul, que  que ce massacre "porte le coup de grâce" aux efforts politiques pour la résolution du conflit.

 

"Celui qui nous tue et tue nos enfants ce n'est pas seulement le régime. L'indécision américaine nous tue. Le silence de nos amis nous tue (...). L'indifférence des Arabes et des musulmans, l'hypocrisie du monde que nous croyions libre, nous tuent", a aussi lancé M. Sabra. Selon lui, "le régime syrien se moque de l'ONU et des grandes puissances quand il frappe près de Damas avec des armes chimique alors que la commission d'enquête internationale se trouve à quelque pas des victimes et des régions sinistrées".

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a entamé mercredi à 19H00 GMT des consultations à huis clos à propos de l'utilisation d'armes chimiques dans le conflit syrien.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon est "scandalisé" par ces allégations et "réaffirme sa détermination à mener une enquête approfondie sur les incidents présumés qui lui sont signalés par des Etats membres", a indiqué mercredi le porte-parole adjoint de l'ONU Eduardo del Buey. M. Ban, a-t-il ajouté, "réaffirme que toute utilisation d'armes chimiques (...) violerait les lois humanitaires internationales".

 

Si l'utilisation d'armes chimiques était avérée, "non seulement ce serait un massacre, mais en plus une atrocité sans précédent", a déclaré le ministre français des Affaires Laurent Fabius à son arrivée à une réunion extraordinaire sur l'Egypte des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles.

 

"L'Arabie saoudite a mis en garde la communauté internationale, à plusieurs reprises, contre l'ampleur des massacres odieux commis par le régime syrien contre son propre peuple", a déclaré à l'AFP le prince Saoud al-Fayçal en demandant aux ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne de faire de la "Syrie le sujet principal de leur rencontre". "Il est temps pour le Conseil de sécurité d'assumer ses responsabilités et de dépasser les divergences entre ses membres pour regagner la confiance de la communauté internationale", a poursuivi le prince Saoud.

 

"J'appelle le gouvernement syrien à autoriser immédiatement l'équipe de l'ONU qui enquête actuellement sur les précédentes allégations d'usage d'armes chimiques à se rendre sur la zone" de l'attaque, a demandé le chef de la diplomatie britannique William Hague.

 

 

 

Sur cette photo transmise par les opposants de Shaam News Network, les corps des victimes d'un bombardement dont l'opposition assure qu'il a été perpétré avec des armes chimiques, dans la Ghouta, une banlieue de Damas. AFP/HO/SHAAM NEWS NETWORK

 

 

(Chronologie : Les développements autour de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie)

 

 

Une dizaine d'inspecteurs

L'équipe de l'ONU est composée d'une dizaine d'inspecteurs et conduite par le suédois Aake Sellström, déjà venu en juillet avec un autre envoyé onusien en Syrie.

Selon le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, elle doit "enquêter de manière simultanée" sur trois sites dont Khan al-Assal près d'Alep où le régime affirme que les rebelles ont fait usage d'armes chimiques le 19 mars, tuant au moins 26 personnes. L'opposition accuse le régime d'avoir mis en scène cette attaque.

L'ONU n'a jamais confirmé l'emplacement des deux autres sites. Mais il s'agirait d'Ataybah, près de Damas, où une attaque avait été signalée en mars, et Homs (centre), pour une attaque suspecte le 23 décembre.

 

Si elle était confirmée, a conclu M. Ban, "l'utilisation d'armes chimiques par l'un ou l'autre camp (...) serait un crime international et les responsables devraient en répondre".

 

(Repère : Armes chimiques en Syrie : un état des lieux)

 

Le 20 août 2012, le président américain Barack Obama avait averti Damas que l'utilisation d'armes chimiques est la "ligne rouge" à ne pas franchir, sous peine "d'énormes conséquences". Depuis, les débats se multiplient pour savoir si oui ou non cette "ligne rouge" a été franchie, alors que Damas et les rebelles s'accusent mutuellement d'avoir eu recours à des armes chimiques.

Plusieurs pays occidentaux, dont la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, sont parvenus à la conclusion que du gaz sarin avait été utilisé à plusieurs reprises en Syrie.

 

 

 

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Commentaire

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Un nouveau massacre a été perpétré par le régime syrien dans la banlieue de Damas ce mercredi, rapporte l'opposition syrienne. Un massacre d'une ampleur monstrueuse, puisque le dernier bilan avancé par l'opposition est de 1.300 tués, dont de nombreux enfants.


Un massacre perpétré, selon plusieurs sources de l'opposition syrienne, avec des armes chimiques, et ce alors même que...

commentaires (9)

Et bien sûr.. ces ânes des autorités Syriennes n'attendaient que l'arrivée des inspecteur de l'onu pour utiliser des armes chimiques.. sachant que comme des loups, Français, américains et britanniques se seraient jeté dessus à plat ventre pour essayer d'influencer le conseil de sécurité pourri de l'onu.. what else? Bande de criminels, va!

Ali Farhat

01 h 24, le 22 août 2013

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Commentaires (9)

  • Et bien sûr.. ces ânes des autorités Syriennes n'attendaient que l'arrivée des inspecteur de l'onu pour utiliser des armes chimiques.. sachant que comme des loups, Français, américains et britanniques se seraient jeté dessus à plat ventre pour essayer d'influencer le conseil de sécurité pourri de l'onu.. what else? Bande de criminels, va!

    Ali Farhat

    01 h 24, le 22 août 2013

  • Je réitère...j'ai peur de penser ce que je pense...la Russie dénonce une provocation...serait ce possible? Si c'est le cas...il n'y a pas de mots.Vous vous rappelez des obus de mortier sur la place du marché de Sarajevo? On avait accusé les serbes...c'étaient les islamsito-nazis de Izetbegovic.

    GEDEON Christian

    18 h 17, le 21 août 2013

  • Combien de génocides la communauté internationale de merde va-t-elle permettre que soient commis par le régime nazi de merde ?

    Halim Abou Chacra

    17 h 28, le 21 août 2013

  • L'opposition syrienne ne craint rien autant que le consensus qui semble se dégager entre Russes et américains, ces derniers contraints et forcés, pour arrêter les dégâts en Syrie. J' ai peur de penser ce que je pense au moment où j'écris. Vraiment. Ce serait trop dégueulasse...

    GEDEON Christian

    16 h 45, le 21 août 2013

  • EN S'ALIGNANT AU CÔTÉ D'UN RÉGIME SANGUINAIRE, DONT LES CRIMES ONT DÉPASSÉ TOUT CE QUE LES ESPRITS MALADES DES ANNÉES QUARANTE POUVAIENT IMAGINER, LE HEZB LANCE UN DÉFI À TOUS LES EXTRÉMISTES À VENIR EN DÉCOUDRE AVEC LUI SUR SON PRPOPRE TERRAIN... MALHEUREUSEMENT SUR NOTRE TERRAIN... LE GRAND RÉVEIL EST URGEMMENT REQUIS !

    SAKR LOUBNAN

    16 h 20, le 21 août 2013

  • LORSQU'ON NE PERMET AUX EXPERTS DES NATIONS UNIES DE VISITER LES LIEUX, QU'ON A CHOISI POUR EUX, QU'À LA CONDITION DE DIRE SI OUI OU NON DES MATIÈRES CHIMIQUES ONT ÉTÉ UTILISÉES SANS RÉVÉLER LE CÔTÉ QUI EN A FAIT L'UTILISATION... QU'EST-CE QUE çA VEUT DIRE SVP ? IL FAUT ÊTRE TRÈS BÊTE... TROP MÊME... OU TROP FANATISÉ POUR NE PAS VOULOIR LE COMPRENDRE !

    SAKR LOUBNAN

    14 h 42, le 21 août 2013

  • C'est carrément du délire...wlek bass baa! arrêtez le massacre, des deux côtés. Ceci étant dit, faudrait vraiment que le régime soit débile pour utiliser des armes chimiques juste au moment où les inspecteurs de l'ONU sont chez lui...çà, je n'y crois pas du tout. Le peuple syrien ne mérité pas, mais alors vraiment pas ce qui lui arrive...maintenant, il faut stopper çà...combats entre kurdes et rebelles, combats entre rebelles, combats entre loyalistes et rebelles, je le redis, çà devient du délire...

    GEDEON Christian

    13 h 05, le 21 août 2013

  • ... parce que, M Ban Ki-moon ("Ban Kruptcy" lui irait bien mieux) les 200000 morts ne suffisent pas encore pour que les responsables répondent de leurs crimes ?

    Paul-René Safa

    11 h 44, le 21 août 2013

  • De-gou-tant! Ca suffit le carnage! Que l'Amerique et la Russie fassent quelque chose bon sang!

    Michele Aoun

    11 h 17, le 21 août 2013