Des oliveraies incendiées par l'armée israélienne à Yaroun, dans le caza de Bint Jbeil, le 3 août. Photo parvenue à notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah
Au lendemain d’un week-end marqué par une importante vague de destructions israéliennes au Liban-Sud, l’armée israélienne a incendié dans la nuit de dimanche à lundi des oliveraies à Yaroun, dans le caza de Bint Jbeil, a rapporté notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah. Les flammes, visibles à plusieurs kilomètres à la ronde, ont ravagé de vastes étendues de terres agricoles.
Alors que l’incendie continuait de se propager en fin de matinée, le président de la municipalité de Yaroun, Hafez Ghacham, a déploré que les flammes aient ravagé toute la nuit cette zone connue pour sa biodiversité. Selon lui, près de 1 200 dounoums, soit environ 120 hectares, d’arbres forestiers, d’oliviers centenaires et d’arbres fruitiers de toutes sortes sont partis en fumée.
Dans un communiqué, la municipalité a également condamné ces incendies, estimant qu’ils s’inscrivent dans le prolongement des opérations de destruction et de terrassement ayant déjà touché les habitations, les lieux de culte et les propriétés privées de la localité. Elle a dénoncé une atteinte à l’environnement, ainsi qu’au patrimoine et à la culture locale, appelant les Nations unies et la communauté internationale à agir face aux attaques visant Yaroun et d’autres régions du Sud. La municipalité a par ailleurs réaffirmé l’attachement des habitants à leur terre ainsi que leur droit au retour et à la reconstruction, malgré l’ampleur des dégâts subis par les habitations et les terres agricoles.
Par ailleurs, après avoir largué une grenade assourdissante au moyen d’un drone au-dessus de Bouyout el-Sayyed, dans le caza de Tyr, les forces israéliennes ont mené lundi matin des opérations de dynamitage de grande ampleur entre Taybé et Qantara, dans le caza de Marjeyoun.
Frappes nocturnes sur Ali Taher
Dans la nuit du dimanche a lundi, le Liban-Sud a connu une nouvelle escalade sur le terrain, marquée par une série de puissantes explosions, des frappes aériennes et des incendies menés par les forces israéliennes dans plusieurs localités frontalières, a rapporté notre correspondant.
L’aviation de combat israélienne a survolé le Sud avant de mener une frappe contre les collines stratégiques de Ali Taher, à l’aide de deux missiles. Les regards se tournent désormais vers cette position, où se trouvent plusieurs installations militaires, alors que plusieurs indicateurs laissent penser qu’Israël pourrait préparer une opération terrestre pour en prendre le contrôle.
L’armée israélienne a également procédé à trois importantes explosions à Haddatha, dans le caza de Bint Jbeil. Peu après, deux explosions de grande ampleur ont retenti entre Majdel Zoun et Mansouri, dans le caza de Tyr. « La terre a tremblé sous nos pieds à cause de la force de la déflagration », a témoigné un habitant de Tyr, affirmant que des incendies s’étaient déclarés sur place et que d’épaisses colonnes de fumée s’étaient élevées au-dessus de la zone, « comme après une explosion nucléaire ».
À la veille de la reprise des négociations directes entre le Liban et Israël à Rome, prévues du 4 au 6 août sous médiation américaine, un groupe qui se présente comme étant le « Rassemblement des villages frontaliers du Sud » a publié un communiqué dans lequel il demande « aux autorités libanaises d’arrêter tous les pourparlers avec l’ennemi israélien tant que celui-ci rase, dynamite et détruit les villages frontaliers, jour et nuit, malgré le cessez-le-feu ». Le communiqué dénonce également « le silence incompréhensible et répréhensible face à ces destructions, aux niveaux local, arabe et international ». Le rassemblement appelle les Libanais « à faire preuve de solidarité face à cette opération de destruction » et à « revendiquer avec insistance la fin de l’occupation ».
Malgré l’accord de cessez-le-feu conclu après plusieurs mois de guerre entre le Hezbollah et Israël, l’État hébreu poursuit sa campagne de destruction des infrastructures situées dans ce qu’il qualifie de « zone tampon », qui englobe une soixantaine de villages occupés du Liban-Sud.


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