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Les Nuits de Baalbeck se délocalisent mais l’essence du festival demeure !

Éclairage C’est décidé, confirmé et les aménagements sont déjà en cours ! Le Festival de Baalbeck se délocalise exceptionnellement cette année et prend ses quartiers d’été 2013 dans le cadre de la Magnanerie de Jdeideh-Sed el-Bauchrieh. Une décision qui soulève certaines interrogations... Auxquelles la présidente du comité du festival, Nayla de Freige, apporte des réponses.
16/07/2013

Depuis sa création en 1956, le Festival de Baalbeck a traversé tous les remous et aléas du pays du Cèdre sans jamais perdre de sa superbe. Suspendu durant plus de deux décennies durant la guerre, annulé l’été 2006, ce plus ancien, plus connu, plus prestigieux (les superlatifs sont de mise pour ce lieu exceptionnel) des festivals internationaux libanais a toujours été un symbole fort du Liban. L’une de ses plus belles vitrines culturelles et touristiques.
À l’instar de ses célèbres colonnes qui ont miraculeusement traversé plus de deux millénaires d’histoire, le Festival de Baalbeck joue parfois les équilibristes mais ne s’écroule pas. C’est plus que jamais le cas cette année, où il se délocalise mais n’abdique pas.


La situation au Liban et dans la région étant ce qu’elle est et avec 2 obus tombés, dernièrement, pas loin de l’Acropole, pour son édition 2013, le comité du festival a préféré le transporter dans un lieu qui n’a certes pas la dimension monumentale – dans tous les sens du terme – des temples romains de la Békaa, mais qui n’en a pas moins un esprit historique et patrimonial que le festival contribuera ainsi en quelque sorte à faire connaître. La Magnanerie de Jdeideh, un bâtiment datant du XIXe siècle, rénové dans le respect de son architecture d’origine typique de l’industrie de la soie florissante aux siècles derniers au Liban, accueillera donc, du 17 au 30 août, 4 spectacles labellisés Baalbeck et à la forte symbolique artistique.


À savoir, en ouverture, l’icône rock des années 60 Marianne Faithfull, « une battante qui a une histoire à raconter et qui vient pour la première fois au Liban » ; la pianiste Éliane Élias, le 23 août, qui offrira aux amateurs du genre un jazz brésilien ; Marcel Khalifé, le 24 août, qui, cela tombe bien, avait prévu de donner un concert « intimiste » dans le cadre du temple de Bacchus et promet une surprise au public de la Magnanerie ; et enfin « Puzzle », le ballet contemporain de Sidi Larbi Cherkaoui, l’un des chorégraphes les plus en vue du moment, avec la participation de Fadia Tomb el-Hage, qui est un message de rencontre des cultures.

 

 

Visite des lieux pour Nayla de Freige et quelques membres du comité de Baalbeck afin de décider des aménagements requis.

 


« Cette décision n’a pas été facile à prendre, assure Nayla de Freige. Car il est vrai qu’aucun lieu n’est comparable aux temples de l’ancienne Héliopolis. Mais les contrecoups de la situation en Syrie et l’instabilité sécuritaire ne nous laissaient le choix qu’entre annuler le festival ou le relocaliser ailleurs. » Poursuivant : « Tant qu’on pouvait garantir la sécurité (avec l’aide des Forces de sécurité et la présence de l’armée) de la route et du site même, il n’était pas question de le déplacer. Cette année, la situation est différente. Outre le public, les artistes s’inquiétaient de l’évolution des événements. Nous leur avons donc demandé s’ils étaient d’accord pour nous accompagner dans une possible délocalisation. Ils ont tous répondu positivement. Exception faite de la soprano américaine Renée Flemming qui a préféré annuler sa participation et de Assi Hallani dont il valait mieux reporter le spectacle, une grosse production, à l’année prochaine. »


« Ensuite, après mûre réflexion en interne, mais aussi consultation des autorités, nous avons opté pour le transfert des spectacles plutôt que leur annulation. Le Festival de Baalbek étant très connu à l’étranger, sa suspension aurait envoyé un message négatif sur l’ensemble du pays. Alors que le maintenir, même dans un autre lieu, revient à dire : certes, le Liban traverse un moment difficile mais il résiste. Le président de la République, dont nous avons également sollicité l’avis, nous a encouragés dans cette voie ».

Un lieu au cachet historique et patrimonial
Mais encore fallait-il trouver le lieu adéquat. Ce choix-là étant déterminé par plusieurs facteurs. Et soumis à un ensemble de conditions pas évidentes à réunir. « Tout d’abord, qu’il ne soit pas loin de l’accès à l’aéroport pour rassurer les artistes. Ensuite, qu’il puisse accueillir plus de 2 000 spectateurs assis. Puis, qu’il ait un certain cachet historique, un sens patrimonial. Dans cet esprit, nous avons passé en revue certains endroits de la capitale, notamment les Thermes romains, qui n’ont malheureusement pas la même capacité d’accueil. Et enfin, que ce lieu n’héberge pas déjà un autre festival », signale Nayla de Freige. Et d’ajouter : « Quant à l’infrastructure et l’aménagement, nous sommes en train de construire une scène, des gradins, des coulisses, des buvettes, des accès... Et la municipalité a mis à notre disposition le terrain de football, ainsi que l’école, toute proche, son parking. Ce qui nous fait un parc de stationnement pouvant absorber environ 700 voitures, situé à 2-3 minutes à pied de la Magnanerie. Sans compter toutes les autres places autour... »


Un Festival de Baalbeck qui s’adapte donc momentanément et « exceptionnellement », insiste sa présidente, pour rester fidèle à son action – et son message de résistance – culturelle. « Et contrecarrer les vibrations négatives en délivrant des vibrations positives. » Éminemment musicales...Car si les Nuits de Baalbeck se délocalisent, l’esprit du festival, lui, demeure !

 

 

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