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L'armée "attaquée de sang-froid" par les partisans d'el-Assir à Saïda

Liban Trois officiers et trois soldats tués dans les affrontements de Abra.
olj.com et agences
23/06/2013

Six soldats libanais, dont trois officiers, ont été tués dimanche à Abra, dans la ville de Saïda (Liban-Sud), dans des affrontements avec des partisans du cheikh salafiste Ahmad el-Assir, a indiqué l'armée dans un communiqué.

"Un groupe loyal au cheikh Ahmed el-Assir a attaqué, sans raison, un barrage de l'armée libanaise à Abra" dans la banlieue de Saïda, la principale ville du sud du pays, affirme le texte. L'armée avait initialement fait état de trois morts, deux officiers et un soldat, ainsi que plusieurs blessés, et des véhicules militaires endommagés.

Une source au sein des services de sécurité locaux avait auparavant affirmé à l'AFP que ces heurts avaient éclaté "après que des soldats postés à un barrage ont arrêté une voiture transportant des partisans du cheikh Assir".

 

"L'armée s'efforce depuis des mois de tenir le Liban à distance des problèmes de la Syrie et elle a refusé, comme on le lui demandait à plusieurs reprises, de réprimer le groupe du cheikh Ahmad el-Assir", a déclaré le commandement militaire dans le communiqué. "Mais ce qui s'est produit aujourd'hui dépasse tout ce à quoi on pouvait s'attendre. L'armée a été attaquée de sang-froid dans une tentative d'allumer la mèche à Saïda, comme en 1975", a-t-il ajouté, en allusion à l'année de déclenchement de quinze années de guerre civile au Liban.

 

Au moins six membres de la troupe ont été tués dimanche à Abra. AFP PHOTO / MAHMOUD ZAYYAT


Des mitrailleuses et des roquettes ont été utilisées lors de ces combats qui ont éclaté sur fond de tensions confessionnelles exacerbées au Liban par le conflit en Syrie.

En soirée, des échanges de tirs, au moyen d'armes de différents calibres, ont éclaté et d'intenses combats se poursuivaient encore non loin de la mosquée où cheikh Assir dirige la prière, à Abra. Les tirs étaient audibles jusqu'à Saïda, à deux kilomètres de là, a rapporté le correspondant de l'AFP sur place. Selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle), l'armée libanaise a réussi à établir un périmètre de sécurité autour de la mosquée de Bilal ben Rabah et à prendre le contrôle total de la région.

 

L'ANI a en outre rapporté qu'une personne a été tuée et 15 autres blessées dans les rangs des partisans du cheikh salafiste.

 

Le ministre de l'Education Hassan Diab a annoncé à la chaîne LBC le report des examens officiels prévus lundi dans la région de Saïda "à cause de la dégradation de la situation sécuritaire", précisant que cela concerne 3.747 élèves.

 
Des habitants fuyaient les environs, en voiture ou à pied, avec quelques affaires emportées à la hâte, tandis que des renforts militaires se déployaient. Les magasins ont fermé à Abra et dans les quartiers de Saïda proches.

"Les roquettes s'abattent sur nous et il y a des tirs nourris", a affirmé à l'AFP un témoin joint par téléphone, qui se trouve à proximité de la zone où se déroule cette guérilla urbaine.




Enregistrement des affrontements à Saïda par @Monkyseemnkydo

La mosquée où cheikh Assir tenait ses prières fait l'objet depuis plusieurs mois de mesures de sécurité renforcées après plusieurs incidents avec l'armée ou des membres du Hezbollah, que l'imam accuse d'utiliser des appartements dans le secteur de Abra pour cacher des armes et des combattants. Il avait alors menacé d'une action armée contre le mouvement chiite.

 

"L'armée est du côté du Hezbollah", a accusé le frère du cheikh Assir, Amjad el-Assir." Nous sommes bombardés de tous côtés. Cheikh Assir restera sur le front au côté de ses partisans," a-t-il assuré à l'AFP par téléphone, tandis que résonnaient de puissantes explosions.

Dans une vidéo que l'AFP a pu consulter, envoyée dans l'après-midi sur les téléphones portables de ses partisans,  cheikh Assir appelle "ses partisans à travers le Liban à venir" prêter main-forte à ses hommes et "défendre notre religion et nos femmes". Alors que des tirs sont audibles en fond sonore, il ajoute : "Nous sommes agressés par l'armée libanaise (...) confessionnelle et les miliciens de Hassan Nasrallah (chef du Hezbollah, ndlr) et de Nabih Berry (chef du parti chiite Amal)". Enfin, il appelle à "couper les routes" et exhorte "les nobles sunnites ou non-sunnites de l'armée à déserter".


Des routes ont d'ailleurs été bloquées au moyen de pneus en feu à Tripoli où plusieurs personnes armées se sont déployées dans les rues de la ville. Selon des médias locaux, des hommes armés ont tiré en soirée sur un poste de l'armée sur le rond-point Abou Ali, dans la grande ville du Nord, sans faire de blessés. Au Akkar, dans la Békaa et dans plusieurs régions de Beyrouth (Cité sportive, Verdun) des routes ont également été brièvement coupées en signe de solidarité avec le cheikh salafiste. Parallèlement, l'autoroute de Nahr el-Mot (Metn) a été brièvement bloquée en signe de solidarité avec l’armée libanaise.

 

 

L'attaque dénoncée
Plusieurs responsables ont dénoncé l'attaque contre l'armée : le chef de l'Etat Michel Sleiman a affirmé que la troupe a le feu vert pour poursuivre les assaillants et les arrêter. M. Sleiman a par ailleurs appelé à une réunion sécuritaire demain lundi au palais de Baabda.

Le Premier ministre désigné Tammam Salam a, de son côté, insisté sur la nécessité d'arrêter les responsables de l'attaque et de rétablir le calme dans la ville de Saïda.
Même son de cloche du côté du chef du gouvernement sortant, Nagib Mikati, qui a appelé à soutenir l'armée dans sa mission et à mettre un terme aux tentatives de semer la discorde au Liban. Le ministre sortant de l'Intérieur, Marwan Charbel, a pour sa part assuré qu'il n'est pas acceptable de s'attaquer à l'armée libanaise.


Carte réalisée par Elie Wehbé

Mardi dernier, rappelle-t-on, des combattants du Hezbollah et partisans du cheikh salafiste Ahmad el-Assir s'étaient affrontés dans la même région, poussant les unités spéciales de l'armée à se déployer en force dans la ville afin d'empêcher toute escalade. Dans une conférence de presse tenue le lendemain, cheikh Ahmad el-Assir avait brandi la menace d'une "solution militaire à Saïda".

(Cartographie : Le Liban rattrapé par la crise syrienne)

 

Parallèlement à l'attaque de Abra, l'ANI a rapporté que des membres du groupuscule islamiste Fateh el-Islam ont tiré sur un barrage de l'armée dans le camp de réfugiés palestiniens à Aïn el-Heloué. La troupe a riposté aux sources de tirs. Et sur l'autoroute maritime de Saïda, une force de l’armée a été la cible de tirs, toujours selon l'ANI qui ne fait pas état de victimes. 

 
Les tensions confessionnelles au Liban se sont exacerbées avec le conflit en Syrie, où le Hezbollah est engagé aux côtés des troupes du président Bachar el-Assad face aux rebelles, en majorité sunnites.

Le Liban prône officiellement une politique de neutralité face au conflit en Syrie, mais celle-ci est mise à mal en raison de la profonde division du pays entre partisans et adversaires du régime de Damas.

Fin avril, deux cheikhs salafistes, dont cheikh Assir, avaient appelé au jihad en Syrie pour défendre les sunnites de la région centrale de Homs, affirmant réagir à l'implication du Hezbollah aux côtés de l'armée syrienne.

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Antoine-Serge KARAMAOUN

Saletés de bääSSyriaNiques, tant chïïtiques, que Sunnites, que druziztes, que chréti(e)ns ou qu'äalaouito -nusayrîs.... yîîîh, yâ hassirtihhh !

Ali Farhat

Paix à l'âme de nos soldats, morts eux aussi, comme leurs confrères en Syrie par la main de l'extrémisme religieux dangereux, cruel, confessionnel, extrême, takfiri et salafisé, de type Khaligite (du golfe arabique), et étranger à Biald el-cham, aveuglé par la haine et le fanatisme, qui a rappelons-le actuellement le vent occidental en poupe... et je ne cesse de répéter que ce sont nos très chers jeunes de l'armée (watan) hélas qui paieront le plus lourd tribut si nous n'agissons tous ensemble de manière déterminée et à notre tête, notre chère communauté sunnite qui doit prendre touuuutes ses responsabilités et ne pas se défiler encore en laissant tout le travail à notre armée ou pire encore à l'armée et au hezb à la connotation chiite avec toutes ses conséquences, que l'on provoque tous les jours. Eh bien maintenant l'équation est devenue finalement toute simple: Le 14 mars qui se trouve à la croisée des chemins DOIT nous dire si son soutien aux djihadistes vaut-il la peine d'un chaos généralisé au Liban, ou s'il appuiera en toute franchise notre armée nationale, qui risque ce qu'elle risque (!), sans un "si" et sans un "mais".

CBG

Il y en a deux qui rigolent bien c LE BARBU SOUS TERRE en banlieue sud ET LE JAZZAR DE DAMAS.

Et si demain matin on se réveille en 1975??

Il reste au régime Syrien à trouver un autobus à mitrailler!

Peut être que la solution c est de définir des lieux d affrontements pour les fous de la gâchette...

Ce qui est sûr c que ni les extrémistes sunnites ni les extrémistes chiites ne veulent du Liban ... il ne reste qu aux chiites et sunnites normaux la décision de les rejeter ouvertement à défaut de pouvoir les expulser...

Talaat Dominique

Qui protète assir ? ses troupes attaquent l'armée, et on accuse le Hezbollal ! ils tuent des militaires, et AUCUN salafistes ne seront arrêtés, si on va entendre on arrête les salafistes, mais pas les autres.
le soi-disant chanteur salafiste menace de mort, et personne ne bouge , il n'est même arrêté

Gebran Eid

SI VRAIMENT L'ARMÉE A ARRÊTÉ UN DES PARTISANS DU CHEIKH ASSIR, ET N'OSE MÊME PAS PRONONCER LE MOT HEZBOLLAH ! DONC C'EST VRAIMENT MAINTENANT C'EST LA LOI DU PLUS FORT QUI RÈGNE DANS NOTRE PAYS.
REMARQUEZ, HISTORIQUEMENT TOUS CES GRADÉS DE L'ARMÉE ET SURTOUT LES GÉNÉRAUX, ONT EU LA BÉNÉDICTION DU RÉGIME SYRIEN POUR ÊTRE LÀ AUJOURD'HUI. REGARDEZ L'EXEMPLE DU GÉNÉRAL IBRAHIM TANNOUS QUI N'ÉTAIT PAS D'ACCORD AVEC CE RÉGIME QUI A OBLIGÉ AMIN GEMAYEL À NOMMER MICHEL AOUN QUI EST DÉMASQUÉ DEPUIS.

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